LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01263

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01263

jeudi 12 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01263
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation4e chambre - formation à 3
Avocat requérantMANGEL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C a demandé au tribunal administratif d'Amiens, d'une part, d'annuler la décision du 3 novembre 2017 par laquelle l'inspecteur du travail en charge de l'unité de contrôle n° 1 de l'unité départementale de l'Aisne a délivré à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Graves-Randoux, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, son employeur, l'autorisation de le licencier pour motif économique, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 1703543 du 21 mai 2019, le tribunal administratif d'Amiens a, d'une part, annulé la décision du 3 novembre 2017 autorisant le licenciement de M. C, d'autre part, mis à la charge de l'Etat le versement à M. C de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la cour avant renvoi :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2019, la SELARL Grave-Randoux, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, représentée par Me Mangel, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de rejeter la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif d'Amiens ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'obligation de reclassement de M. C a été respectée dès lors qu'elle justifie avoir recherché les postes disponibles au sein des entreprises du groupe Cablysis ainsi que des postes à l'extérieur du groupe ;

- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. C, représenté par Me Brun, lequel n'a pas produit de mémoire.

La requête a été communiquée à la ministre du travail, laquelle n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance n° 19DA01572 du 23 septembre 2020, la présidente de la 3ème chambre de la cour administrative d'appel de Douai a rejeté la requête de la SELARL Grave-Randoux.

Par une décision n° 446792 du 14 juin 2022, le Conseil d'Etat a annulé l'ordonnance du 23 septembre 2020 de la présidente de la 3ème chambre de la cour administrative d'appel de Douai et renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Douai.

Procédure devant la cour après renvoi :

Par un mémoire, enregistré le 27 juillet 2022, la SELARL Evolution, nouvelle dénomination de la SELARL Grave-Randoux, mandataire judiciaire agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, représentée par Me Mangel, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 21 mai 2019 du tribunal administratif d'Amiens ;

2°) de rejeter la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif d'Amiens ;

3°) de mettre à la charge de M. C la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le respect du délai de 15 jours prévu à l'article L. 3253-8 du code de travail ne dispense pas le mandataire-liquidateur de l'obligation de procéder à la recherche de reclassement ; toutefois, le juge doit tenir compte de la brièveté de ce délai pour apprécier le respect de l'obligation légale de reclassement incombant au liquidateur judiciaire ;

- l'inspecteur du travail a pu exercer son contrôle et rendre sa décision sur la base des mandats fondant la protection de M. C ;

- l'obligation de reclassement de M. C a été respectée et la procédure de licenciement économique collectif menée par le liquidateur judiciaire n'est entachée d'aucune irrégularité.

Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2022, M. C, représenté par Me Felix, demande à la cour :

1°) de le recevoir en sa demande et de le déclarer bien-fondé ;

2°) d'ordonner le rabat de l'ordonnance de clôture du 21 septembre 2022 ;

Par une ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code du travail ;

- l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauveplane, président assesseur,

- les conclusions de M. Arruebo-Mannier, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du 22 septembre 2017, le tribunal de commerce de Saint-Quentin a prononcé la liquidation judiciaire de la société Soficable, qui appartenait au groupe Cablysis, spécialisé dans la réalisation de faisceaux électriques et d'ensembles électriques et électroniques. La société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Graves-Randoux, désignée par ce même jugement en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, a demandé en cette qualité le 13 octobre 2017 à être autorisée à licencier pour motif économique M. A C, représentant de section syndicale, candidat aux élections des représentants du personnel et exerçant le mandat de représentant des salariés dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire de la société. Par une décision du 3 novembre 2017, l'inspecteur du travail en charge de l'unité de contrôle n° 1 de l'unité départementale de l'Aisne a délivré au liquidateur judiciaire l'autorisation de licencier M. C pour motif économique. Le tribunal administratif d'Amiens, par un jugement du 21 mai 2019, a annulé la décision du 3 novembre 2017 autorisant le licenciement de M. C. La SELARL Evolution, nouvelle dénomination de la SELARL Grave-Randoux, mandataire judiciaire agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, demande l'annulation de ce jugement et le rejet de la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif d'Amiens.

2. Aux termes de l'article L. 1233-4 du code du travail : " Le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré sur les emplois disponibles, situés sur le territoire national dans l'entreprise ou les autres entreprises du groupe dont l'entreprise fait partie et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / () / L'employeur adresse de manière personnalisée les offres de reclassement à chaque salarié ou diffuse par tout moyen une liste des postes disponibles à l'ensemble des salariés, dans des conditions précisées par décret. / Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises. ".

3. Pour apprécier si l'employeur a satisfait à son obligation de recherche de reclassement, l'autorité administrative doit s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qu'il a procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement du salarié sur le territoire national ainsi que, pour autant que l'article L. 1233-4-1 du code du travail dans sa rédaction issue de la loi du 6 août 2015 soit encore applicable, lorsque le salarié l'a demandé, hors du territoire national, d'une part, au sein de l'entreprise, d'autre part, dans les entreprises du groupe auquel elle appartient, dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elles, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel.

4. La SELARL Graves-Randoux, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable a sollicité, par lettre circulaire du 26 septembre 2017, l'ensemble des entreprises du groupe Cablysis auquel la société Soficable appartenait, et notamment les sociétés Cablysis France et Barelec situées sur le territoire national. Ces courriers précisaient que devaient être communiquées dans les plus brefs délais au liquidateur judiciaire les offres de postes disponibles auprès de ces sociétés de manière écrite, précise et individualisée. La liste annexée à ces courriers mentionnait l'intitulé des emplois occupés par les salariés de la société Soficable. La circonstance que ce courrier ne comportait aucune précision quant aux caractéristiques de ces emplois, notamment quant à leur rémunération et à leurs conditions d'exercice, est, contrairement à ce qu'a jugé le tribunal administratif, sans incidence sur le caractère suffisant de la recherche par la SELARL Graves-Randoux de reclassement.

5. Il ressort des pièces du dossier que la société Barelec a proposé, par lettre du 26 octobre 2017, deux offres de reclassement qui portaient, l'une, sur un poste de comptable à raison de huit heures par semaine, l'autre, sur un poste d'opérateur de production et que ces offres de reclassement ont été proposées à M. C. Toutefois, ces deux offres, qui ne mentionnaient ni la rémunération proposée, ni le type de contrat envisagé, ne peuvent, en conséquence, être regardées comme des offres de reclassement précises, au sens des dispositions précitées de l'article L. 1233-4 du code du travail. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges, pour annuler la décision du 3 novembre 2017 de l'inspecteur du travail en charge de l'unité de contrôle n° 1 de l'unité départementale de l'Aisne, ont accueilli le moyen tiré de ce que le liquidateur judiciaire de la société Soficable n'avait pas satisfait à son obligation légale de reclassement.

6. Il résulte de ce qui précède que la SELARL Evolution, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Soficable, n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a annulé la décision du 3 novembre 2017 de l'inspecteur du travail. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er :La requête de la SELARL Evolution est rejetée.

Article 2 :Le présent arrêt sera notifié à la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) Evolution, à M. A C et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera transmise à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarité Hauts de France.

Délibéré après l'audience publique du 15 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Christian Heu, président de chambre,

- M. Mathieu Sauveplane, président-assesseur,

- M. D B, premier-conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.

Le président, rapporteur,

Signé : M. Sauveplane Le président de chambre,

Signé : C. Heu

La greffière,

Signé : S. Pinto Carvalho

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Suzanne Pinto Carvalho

N°22DA01263

Décisions similaires

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245

03/08/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

← Retour aux décisions