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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01285

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01285

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01285
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCLEMENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Nord de lui restituer sa carte nationale d'identité dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Par un jugement n° 2109382 du 2 mars 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2022, M. A, représenté par Me Clément, demande à la Cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 novembre 2021 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui restituer sa carte nationale d'identité dans un délai de huit jours à compter de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 235-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu du fait que le préfet n'apporte pas la preuve qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de trois mois ; les premiers juges n'ont d'ailleurs pas répondu à ce moyen alors qu'il soutenait être présent sur le territoire français depuis deux jours seulement ; à supposer qu'il soit admis qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de trois mois, sa présence sur le territoire français ne constitue pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français ; les premiers juges n'ont d'ailleurs pas répondu à ce moyen tiré du caractère suffisant de ses ressources ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu du fait qu'il exerce une activité professionnelle ; le préfet ne peut lui opposer l'insuffisance des ressources tirées de son activité professionnelle pour constater son absence de droit au séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'attribution d'un délai de départ volontaire :

- cette décision est entachée d'illégalité, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'illégalité, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans :

- cette décision est entachée d'illégalité, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et de la décision fixant le pays de renvoi.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B A, ressortissant roumain, né le 7 mars 1992 à Zalau (Roumanie), est entré en France le 27 novembre 2021, selon ses déclarations, sous couvert d'un passeport national en cours de validité. L'intéressé a été interpellé, le 28 novembre 2021, pour des faits de recel de vol. Par un arrêté du 29 novembre 2021, le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A relève appel du jugement du 2 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet du Nord, pour faire obligation à M. A de quitter le territoire français, a procédé à un examen particulier et attentif de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 235-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre qui ne peuvent justifier d'un droit au séjour en application du présent titre peuvent faire l'objet, selon le cas, d'une décision de refus de séjour, d'un refus de délivrance ou de renouvellement d'une carte de séjour ou d'un retrait de celle-ci ainsi que d'une décision d'éloignement, conformément au titre IV. ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France; / 2° Ils disposent pour eux et leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 251-1 de ce même code : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".

5. Il incombe à l'administration, en cas de contestation sur la durée du séjour d'un citoyen de l'Union européenne dont elle a décidé l'éloignement, de faire valoir les éléments sur lesquels elle se fonde pour considérer qu'il ne remplit plus les conditions pour séjourner en France. Il appartient ensuite à l'étranger qui demande l'annulation de cette décision d'apporter tout élément de nature à en contester le bien-fondé, selon les modalités habituelles de l'administration de la preuve. L'administration peut notamment s'appuyer sur les déclarations préalablement faites par l'intéressé.

6. En outre, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence d'un citoyen de l'Union européenne sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de la situation individuelle de l'intéressé, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

7. Il ressort des termes mêmes de la décision contestée que le préfet du Nord, pour faire obligation à M. A de quitter le territoire français, a relevé que l'intéressé ne justifiait d'aucune activité professionnelle et ne disposait pas de revenus propres afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale. Le préfet du Nord a également relevé que M. A, qui avait déclaré être entré en France deux jours avant l'édiction de l'arrêté contesté, n'avait pas informé Pôle Emploi de son séjour à l'étranger et n'avait ainsi pas demandé le gel de ses indemnités chômage à l'occasion de son séjour à l'étranger. Enfin, l'arrêté contesté relève que l'intéressé, qui est défavorablement connu des services de police pour des faits d'occupation illicite de terrain, de vol à la roulotte, de vols simples et des faits de recel de vol ayant conduit à son interpellation le 28 novembre 2021 et à son placement en garde à vue, entre ainsi dans le champ d'application du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré aux services de police, à la suite de son interpellation le 28 novembre 2021, qu'il résidait sur le territoire français depuis " deux jours ", à la date de l'arrêté contesté, et qu'il percevait, depuis le mois de juin 2021, l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de plusieurs signalements au sein du fichier automatisé des empreintes digitales, le 26 août 2010 pour des faits d'occupation illicite de terrain appartenant à autrui, le 9 septembre 2010 pour vols à la roulotte, le 19 mars 2014 pour des vols simples au préjudice des établissements publics ou privés, le 26 février 2021 pour installation en réunion sur le terrain d'autrui sans autorisation en vue d'y habiter, et en dernier lieu le 29 novembre 2021 pour recel de bien provenant d'un vol. Eu égard au caractère grave et répété de ces faits, et alors même que certains d'entre eux sont, il est vrai, assez anciens, le comportement personnel de M. A doit être regardé, compte tenu des principes rappelés précédemment, comme constituant une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à la sécurité publique des biens et des personnes, laquelle constitue un intérêt fondamental de la société. C'est donc à bon droit que le préfet du Nord s'est fondé sur ces faits et agissements permettant de caractériser le comportement personnel de M. A, pour estimer que sa présence sur le territoire français constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société de nature à justifier l'édiction à son encontre, en application des dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une mesure d'éloignement, en l'absence de tout élément permettant de caractériser une insertion particulière sur le territoire français,. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait pris la même décision, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se fondant sur ces seuls éléments, sans relever, par ailleurs, que l'intéressé ne justifiait pas disposer de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assurance sociale. Enfin, dès lors que la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français a pour fondement les dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les premiers juges, qui ont visé le moyen tiré par l'intéressé de la violation des dispositions de l'article L. 235-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard du point de savoir s'il devait être tenu comme ayant résidé en France pour une durée supérieure ou inférieure à trois mois et si sa présence en France devait être regardée comme constituant ou non une charge déraisonnable pour le système d'assurance sociale, n'étaient pas tenus de répondre expressément à ce moyen, soutenu par cette argumentation, ce moyen étant en l'espèce inopérant.

9. En troisième lieu, M. A soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 235-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu du fait que le préfet n'apporte pas la preuve qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de trois mois. Il soutient, à titre subsidiaire, qu'à supposer qu'il soit admis qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de trois mois, sa présence sur le territoire français ne constitue pas une charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale français. Toutefois, ce moyen doit être écarté comme inopérant dès lors que, ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision contestée est fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permettent à l'autorité préfectorale de prononcer une obligation de quitter le territoire français envers un citoyen de l'Union européenne dont le comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Il en est de même du moyen tiré par M. A de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 13 du jugement attaqué.

12. En cinquième lieu, aux termes du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. M. A soutient que l'arrêté contesté porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses quatre enfants et méconnaît ainsi les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait un obstacle à la reconstitution de la cellule familiale dans le pays d'origine de l'intéressé. De même, il ne ressort pas des pièces du dossier que les enfants de M. A, alors même que trois d'entre eux sont nés en France, ne pourraient suivre une scolarité en Roumanie. Par suite, la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français ne peut être regardée comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

Sur la décision portant refus d'attribution d'un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 13 que M. A, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté contesté : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".

16. La notion d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être interprétée à la lumière des objectifs de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004. Aussi, il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'urgence à éloigner sans délai de départ volontaire un citoyen de l'Union européenne ou un membre de sa famille doit être appréciée par l'autorité préfectorale, au regard du but poursuivi par l'éloignement de l'intéressé et des éléments qui caractérisent sa situation personnelle, sous l'entier contrôle du juge de l'excès de pouvoir.

17. D'une part, le moyen tiré par M. A de la violation des dispositions de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant dès lors que les dispositions de cet article ont été abrogées par l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020.

18. D'autre part, le moyen tiré par M. A de la violation des dispositions de l'article L. 511-3-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui avaient été abrogées à la date de l'arrêté contesté, doit être regardé comme ayant trait à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Toutefois, compte-tenu de la nature et du caractère répété des faits commis par M. A, son comportement doit être regardé comme constituant, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société de sorte que le préfet du Nord doit être tenu comme justifiant, comme l'ont relevé à bon droit les premiers juges, de la condition d'urgence, au sens des dispositions du second alinéa de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour ne pas lui accorder un délai de départ volontaire, en l'absence de toute insertion particulière de l'intéressé sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

20. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 19 que M. A, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai.

Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans :

21. Il résulte de ce qui a été dit, respectivement, aux points 3 à 19 et au point 20 que M. A, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai ou de la décision fixant le pays de destination.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Clément.

Copie en sera transmise au préfet du Nord.

Fait à Douai, le 6 octobre 2022.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Christian Heu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nathalie Roméro

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