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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01336

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01336

mercredi 7 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01336
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL MARY & INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B épouse C a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination et d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an dans un délai d'un mois à compter du jugement et sous astreinte de cent euros par jour de retard.

Par un jugement no 2104900 du 10 mars 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2022, Mme A B épouse C, représentée par Me Antoine Mary, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2021 du préfet de la Seine-Maritime ;

3°) d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale en vue de déterminer si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, elle ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;

4°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer une carte de séjour temporaire valable un an dans un délai de trente jours à compter de la décision et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, au profit de son conseil, la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- les décisions lui refusant le renouvellement de son titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière dès lors que certaines rubriques de l'avis du collège de médecins de l'office de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'ont pas été renseignées ;

- la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les décisions portant refus de renouvellement de son titre de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- les décisions lui refusant le renouvellement de son titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation ;

- il convient d'exciper de l'illégalité du refus de renouvellement de son titre de séjour à l'encontre de la mesure d'éloignement et de la décision fixant le pays de destination ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3-9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Mme B épouse C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme B épouse C, ressortissante albanaise née le 25 mai 1991, est entrée en France le 16 septembre 2017, accompagnée de son époux et de leur enfant mineur. Le 24 novembre 2017, ils ont déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 22 janvier 2018 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et confirmée par une décision du 15 janvier 2019 de la cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le 7 février 2019, les époux ont sollicité un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313- 11 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Mme B épouse C s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire, valable du 9 octobre 2019 au 20 avril 2020, dont elle a demandé le renouvellement le 5 mai 2020. Sur invitation du préfet, le couple a complété sa demande et sollicité un titre de séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code précité. Par un arrêté du 15 juin 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B épouse C, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B épouse C relève appel du jugement n° 2104900 du 10 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté son recours contre cet arrêté.

Sur la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

4. Conformément aux dispositions précitées, il ressort de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 16 avril 2021, qui a été produit par le préfet de la Seine-Maritime devant les premiers juges, que celui-ci comporte bien l'énoncé des quatre critères obligatoires quant à l'état de santé de Mme B épouse C. En outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de préciser expressément les critères retenus pour apprécier l'existence ou non des conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas de défaut de prise en charge de l'état de santé de l'intéressé, ni davantage l'existence ou non de traitements appropriés dans le pays d'origine. De plus, si comme le soutient Mme B épouse C, aucune case n'est cochée dans les rubriques relatives aux éléments de procédure de l'avis de l'OFII, il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier que cette irrégularité aurait en l'espèce privée l'intéressée d'une garantie ni qu'elle aurait été susceptible d'influer sur le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure dont serait entaché l'arrêté contesté doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".

6. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'intéressé fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou en l'absence de modes de prises en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

7. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a produit devant le tribunal administratif de Rouen l'avis, rendu le 16 avril 2021, par lequel le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si l'état de santé de Mme B épouse C nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, si Mme B épouse C produit des certificats médicaux, ceux-ci ne font état que d'un suivi médical sans aucune autre indication et ne sont donc pas de nature à établir que, contrairement à l'appréciation du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, un défaut de prise en charge entraînerait pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

9. Si Mme B épouse C fait état d'une durée de présence en France relativement longue, que ses enfants suivent une scolarité en France et que deux d'entre eux sont nés sur le territoire français, il ressort des pièces du dossier que l'époux de la requérante, de même nationalité qu'elle, se trouve lui aussi sous le coup d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, la décision critiquée n'aurait pas pour effet de priver les enfants du couple de l'un ou l'autre de leurs parents et n'empêche pas la reconstitution de la cellule familiale dans leur pays d'origine, l'Albanie. Par conséquent, rien ne fait obstacle à ce que les enfants, qui sont encore jeunes, retournent en Albanie avec leurs parents, où ils pourront aussi poursuivre leur scolarité. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Au vu de l'ensemble de la situation de Mme B épouse C, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour n'étant pas entachée des illégalités invoquées, Mme B épouse C n'est pas fondée à exciper de son illégalité à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.

11. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que l'obligation faite à Mme B épouse C de quitter le territoire français a été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière.

12. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de ce que l'obligation faite à Mme B épouse C de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

13. En quatrième lieu, la situation de Mme B épouse C n'entrant pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la mesure d'éloignement ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 611-3 9° du même code.

14. Enfin, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

15. Comme il a été dit au point 7, Mme B épouse C n'établit pas l'impossibilité de pouvoir disposer d'un traitement adapté à sa pathologie en Albanie. De plus, si elle soutient qu'en raison de son mariage avec son époux, non-toléré par sa famille, elle serait exposée à la torture et à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, il ne ressort du dossier aucune pièce permettant d'apprécier la réalité de ces allégations et ce, alors que la Cour nationale du droit d'asile a refusé de tenir pour établis les faits allégués. Par suite, le moyen doit être écarté. De même, au vu de ce qui vient d'être dit, la décision fixant le pays de destination n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B épouse C est manifestement dépourvue de fondement et doit, par suite, être rejetée en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C et à Me Antoine Mary.

Fait à Douai, le 7 décembre 2022.

La présidente de la 2ème chambre,

Signé : Anne Seulin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière,

Anne-Sophie Villette

N°22DA01336

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