mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01341 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Rouen, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 23 avril 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande de titre de séjour, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un jugement n°2003484 du 24 mai 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, M. A, représenté par Me Madeline, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision du 23 avril 2020 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faute de tout caractère abusif de sa demande de titre de séjour ; il justifiait de circonstances nouvelles tenant au fait qu'il réside en France depuis plus de dix ans ;
- elle est entachée d'irrégularité, faute de saisine préalable de la commission départementale du titre de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit, les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant inopposables ;
- elle est entachée d'erreur de droit, le préfet s'étant cru en situation de compétence liée pour refuser d'examiner sa demande de titre de séjour eu égard aux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 en ce qu'elle doit être regardée comme un refus d'admission au séjour ;
- elle est entaché d'un détournement de procédure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B A, ressortissant turc né le 25 juillet 1970 à Findikli (Turquie), est entré en France le 15 septembre 2008, selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 13 février 2009, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 16 avril 2010. Il a fait l'objet, le 20 mai 2010, d'un arrêté du préfet de la Seine-Maritime refusant de l'admettre au séjour au titre de l'asile et lui faisant obligation de quitter le territoire français. La demande de M. A tendant à l'annulation de cet arrêté a été rejetée par un jugement du 9 décembre 2010 du tribunal administratif de Rouen. M. A a sollicité, le 14 juin 2011, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 26 septembre 2011, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. La demande de M. A tendant à l'annulation de cet arrêté a été rejetée par un jugement du 13 mars 2012 du tribunal administratif de Rouen, confirmé par une ordonnance du 10 juillet 2012 du président de la cour administrative d'appel de Douai. M. A a, de nouveau, sollicité son admission exceptionnelle au séjour. L'intéressé a fait l'objet, le 29 décembre 2014, d'un nouvel arrêté du préfet de la Seine-Maritime refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. La demande de M. A tendant à l'annulation de cet arrêté a été rejetée par un jugement du 31 mars 2015 du tribunal administratif de Rouen, confirmé par un arrêt du 26 janvier 2016 de la cour administrative d'appel de Douai. M. A, qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, a sollicité, le 10 janvier 2017, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 9 octobre 2017, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. La demande de M. A tendant à l'annulation de cet arrêté a été rejetée par un jugement du 23 janvier 2018 du tribunal administratif de Rouen, confirmé par un arrêt du 20 septembre 2018 de la cour administrative d'appel de Douai. M. A, qui s'est encore maintenu en situation irrégulière sur le territoire français, a de nouveau sollicité, le 28 janvier 2020, son admission exceptionnelle au séjour. Par une décision du 23 avril 2020, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande. M. A relève appel du jugement du 24 mai 2022 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et, notamment, des termes mêmes de la décision contestée, que le préfet de la Seine-Maritime, pour refuser d'examiner la demande de M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour, a procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé au regard de la durée et de ses conditions de séjour en France, en prenant en compte également le fait que l'intéressé avait précédemment, à plusieurs reprises, demandé vainement son admission au séjour et qu'il n'avait pas déféré aux décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce récépissé est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 311-10, de l'instruction de la demande. / () ".
5. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En revanche, lorsqu'un étranger a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, cette circonstance s'oppose à ce qu'un nouveau récépissé lui soit délivré, sauf si des éléments nouveaux conduisent l'autorité préfectorale à l'autoriser à former une nouvelle demande.
6. D'une part, M. A soutient que la décision contestée, en ce que le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'examiner sa demande de titre de séjour, est entachée d'erreur d'appréciation et d'erreur de droit, faute de tout caractère abusif de sa demande de titre de séjour eu égard notamment à l'écoulement du temps depuis les précédents arrêtés refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français, et compte tenu du fait qu'il résidait, à la date de cette décision, depuis plus de dix ans en France. Toutefois, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 5 du jugement attaqué. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés sur ce point par les premiers juges, le moyen tiré par M. A de la violation des dispositions de l'article L. 311-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que sa demande de titre de séjour serait dépourvue de tout caractère abusif, doit être écarté.
7. D'autre part, si M. A soutient que la décision contestée est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet de la Seine-Maritime s'est cru en situation de compétence liée pour refuser d'examiner sa demande de titre de séjour eu égard aux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 3 du jugement attaqué.
8. En troisième lieu, si M. A soutient que la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'irrégularité, faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 6 du jugement attaqué.
9. En quatrième lieu, si M. A soutient que les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui sont " inopposables " au motif que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, contenue dans l'arrêté du 9 octobre 2017, avait " épuisé ses effets ", ce moyen est inopérant dès lors que la décision refusant d'examiner la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé est fondée sur le fait que sa nouvelle demande de titre de séjour ne comporte pas d'" éléments nouveaux probants " alors que celui-ci a précédemment fait l'objet de plusieurs refus de titre de séjour, ainsi d'ailleurs que de mesures lui faisant obligation de quitter le territoire français, et n'est donc pas fondée sur l'interdiction de retour sur le territoire français dont celui-ci avait fait l'objet le 9 octobre 2017. Par ailleurs, les premiers juges n'ont pas entaché d'irrégularité le jugement attaqué, en ne se prononçant pas expressément sur ce moyen, inopérant, qui est visé dans les visas de ce jugement.
10. En cinquième lieu et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime, en refusant d'examiner la demande de M. A tendant à la délivrance d'un titre de séjour au motif que cette demande était abusive, n'a nullement entaché cette décision d'un détournement de procédure.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai le 28 septembre 2022.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Christian Heu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°22DA01341
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026