jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01535 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif d'Amiens, d'une part, d'annuler l'arrêté du 27 mai 2021 par lequel la préfète de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et, d'autre part, d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification du jugement.
Par un jugement n° 2200419 du 31 mars 2022, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 juillet 2022 et le 18 août 2022, M. B, représenté par Me Quenel, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté du 27 mai 2021 ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Somme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- son appel est recevable ;
- aucune tardiveté ne peut être opposée au recours qu'il a déposé devant le tribunal administratif dès lors que la décision ne lui a pas été notifiée personnellement au foyer où il était hébergé ; le délai de recours contentieux n'a couru qu'à compter du 6 janvier 2022, correspondant à la date à laquelle cette décision lui a été remise en mains propres ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison de l'atteinte disproportionnée portée à sa vie privée et familiale, au sens des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, la préfète de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le délai de recours de trente jours pour contester la décision régulièrement notifiée à M. B étant expiré lorsque la requête a été enregistrée, le tribunal aurait dû constater son irrecevabilité ; le jugement est par conséquent entaché d'une omission à statuer ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2023 à 12 heures.
Par une décision du 23 juin 2022, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Frédéric Malfoy, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 25 mars 1982, est entré en France le 6 novembre 2018 selon ses déclarations. Le 19 novembre 2018, il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 juillet 2019. Il a sollicité une première fois la délivrance d'un titre de séjour en faisant valoir des raisons de santé, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, demande qui a été refusée par un arrêté du 13 septembre 2019 de la préfète de la Somme qui lui a par ailleurs fait obligation de quitter le territoire français. M. B, qui s'est maintenu sur le territoire, a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 mai 2021, la préfète de la Somme a refusé de lui délivrer ce titre et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. M. B relève appel du jugement du 31 mars 2022 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire, contenues dans l'arrêté du 27 mai 2021.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance (), l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant l'arrêté du 27 mai 2021 par lequel la préfète de la Somme a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, a été adressé le jour même à l'intéressé à l'adresse qu'il avait indiquée dans sa demande de titre de séjour. Ce pli postal comportant la décision assortie de l'indication des voies et délais de recours, a été retourné à l'administration préfectorale le 31 mai suivant, avec la mention " Destinataire inconnu à l'adresse ". M. B, qui n'allègue pas qu'il aurait informé l'administration d'un changement d'adresse intervenu depuis le dépôt de sa demande, ni n'invoque un dysfonctionnement du service postal, se borne à soutenir qu'étant hébergé en foyer, il appartenait à l'administration de lui notifier cette décision par voie administrative. Ce faisant, alors qu'aucune obligation de cette nature ne s'impose à l'administration, il ne conteste pas utilement la régularité de la notification qui lui a été faite. Dans ces conditions, M. B ne peut davantage utilement se prévaloir de ce que le délai de recours n'aurait commencé à courir que le 6 janvier 2022, date à laquelle une copie de cet arrêté lui a été remise en mains propres par les services préfectoraux. Enfin, M. B a sollicité l'aide juridictionnelle le 10 janvier 2022, soit après l'expiration du délai de recours de trente jours qui lui était imparti à compter du 27 mai 2021.
5. Par suite, la requête de M. B ayant été enregistrée le 3 février 2022 au greffe du tribunal administratif d'Amiens, soit après expiration du délai de recours contentieux de trente jours fixé par l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, était tardive et doit être rejetée comme irrecevable. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de la Somme doit être accueillie.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Patrick Quenel.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience publique du 14 février 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Ghislaine Borot, présidente de chambre,
- M. Marc Lavail Dellaporta, président-assesseur,
- M. Frédéric Malfoy, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé : F. Malfoy
La présidente de chambre,
Signé : G. Borot
La greffière,
Signé : C. Huls-Carlier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme
La greffière,
C. Huls-Carlier
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026