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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01584

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01584

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01584
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMATRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du préfet de l'Eure du 30 juin 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi, ensemble la décision du même jour ayant retenu son passeport contre récépissé valant justification d'identité.

Par un jugement n° 2104882 du 28 avril 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, M. B, représenté par Me Lucile Matrand, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces décisions ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation et de lui restituer son passeport ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

La requête a été communiquée au préfet de l'Eure qui n'a pas produit de mémoire.

Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 5 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement :

2. Il résulte des pièces du dossier que le moyen tiré de ce que la minute du jugement n'a pas été signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience manque en fait.

Sur la légalité de l'arrêté :

En ce qui concerne la motivation :

3. Conformément aux articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté a énoncé dans ses considérants ou son dispositif les motifs de droit et de fait qui ont fondé ses différentes décisions.

En ce qui concerne la vie privée et familiale :

4. D'une part, M. B, né en 1971, a vécu la majeure partie de sa vie en Algérie où résident son épouse et ses quatre enfants. Il a déclaré être entré en France avec un visa court séjour en juin 2017. Il s'y est maintenu irrégulièrement, pendant plus d'un an, jusqu'au dépôt d'une demande de titre de séjour en juillet 2018.

5. Si M. B a été titulaire d'un titre de séjour " étranger malade " de novembre 2018 à mai 2020, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé en mars 2021 que l'intéressé pourrait voyager sans risque vers l'Algérie et y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et cette appréciation n'a pas été sérieusement contredite par les certificats médicaux, sommaires sur ce point, établis en 2017 et 2022.

6. En l'espèce, l'arrêté n'était entaché ni d'erreur de fait ni d'erreur manifeste d'appréciation et n'a pas violé les articles 6-7 de l'accord franco-algérien et L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par action ou par exception, doivent être écartés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. La présente ordonnance n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

10. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Lucile Matrand.

Copie en sera transmise pour information au préfet de l'Eure.

Fait à Douai, le 20 octobre 2022.

Le président de la 1ère chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Christine Sire

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