LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01737

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01737

jeudi 6 avril 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01737
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL MARY & INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 juillet 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, ainsi que l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Par un jugement n° 2200039 du 19 mai 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté les conclusions de sa demande dirigées contre l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, et contre l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement n° 2200039 du 28 juin 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté les conclusions de sa demande dirigées contre l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Procédure devant la cour :

I. Par une requête, enregistrée le 3 août 2022, sous le n° 22DA01737, M. B, représenté par Me Mary, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 19 mai 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, ainsi que l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros, d'une part, à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, d'autre part, à lui-même au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour :

- cette décision est entachée d'irrégularité, faute de saisine pour avis de la commission départementale du titre de séjour ;

- elle est entachée d'irrégularité, faute de saisine pour avis, par l'administration, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et de demande de complément d'information en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que le protocole relatif à la gestion concertée des migrations et le protocole en matière de développement solidaire signés le 28 avril 2008 ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle applique indistinctement les notions de vie privée et de vie familiale alors que ces deux notions sont distinctes ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'irrégularité, faute de saisine pour avis, par l'administration, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et de demande de complément d'information en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est en droit de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en application de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle applique indistinctement les notions de vie privée et de vie familiale alors que ces deux notions sont distinctes ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision méconnaît le droit à être entendu préalablement à toute décision défavorable qui est un principe général du droit de l'Union européenne ;

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

- cette décision méconnaît le droit à être entendu préalablement à toute décision défavorable qui est un principe général du droit de l'Union européenne ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'illégalité, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par des mémoires, enregistrés les 24 et 25 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 29 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 décembre 2022.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 % par une décision du 8 juillet 2022.

II. Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2022, sous le n° 22DA02153, M. B, représenté par Me Mary, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 28 juin 2022 du tribunal administratif de Rouen;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros, d'une part, à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, d'autre part, à lui-même au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'irrégularité, faute de saisine pour avis de la commission départementale du titre de séjour ;

- elle est entachée d'irrégularité, faute de saisine pour avis, par l'administration, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et de demande de complément d'information en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que le protocole relatif à la gestion concertée des migrations et le protocole en matière de développement solidaire signés le 28 avril 2008 ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle applique indistinctement les notions de vie privée et de vie familiale alors que ces deux notions sont distinctes ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire, enregistré le 25 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2023.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 25 % par une décision du 20 septembre 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- l'accord-cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie et le protocole relatif à la gestion concertée des migrations ainsi que le protocole en matière de développement solidaire, signés à Tunis le 28 avril 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A B, ressortissant tunisien né le 5 janvier 1981 à Mareth (Tunisie), est entré irrégulièrement en France le 7 mars 2011, selon ses déclarations. Par un arrêté du 5 octobre 2011, il a fait l'objet d'une reconduite à la frontière. M. B a sollicité, le 14 mars 2019, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement, notamment, de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Par un jugement du 18 mars 2021, le tribunal administratif de Rouen a, d'une part, annulé la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B au motif que l'administration n'avait pas communiqué à l'intéressé, en dépit de sa demande à cet effet, les motifs du rejet de sa demande de titre de séjour, d'autre part, enjoint au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de quatre mois. Par un arrêté du 8 juillet 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 5 mai 2022, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours.

3. M. B relève appel, sous la requête n° 22DA01737, du jugement du 19 mai 2022 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté les conclusions de sa demande dirigées contre l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, et contre l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours. M. B relève appel, sous la requête n° 22DA02153, du jugement du 28 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté les conclusions de sa demande dirigées contre l'arrêté du 8 juillet 2021 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

4. Les requêtes susvisées, présentées par M. B, présentent à juger des questions communes et sont dirigées contre les jugements du 19 mai 2022 et du 28 juin 2022 rejetant les conclusions de sa demande tendant à l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 8 juillet 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi et, d'autre part, de l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité préfectorale est tenue de saisir la commission du titre de séjour du seul cas des étrangers qui justifient par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans.

6. M. B soutient qu'il réside en France depuis plus de dix ans et qu'ainsi, le préfet de la Seine-Maritime était tenu de saisir préalablement, pour avis, la commission départementale du titre de séjour. Toutefois, les pièces qu'il produit sont insuffisamment nombreuses et probantes pour établir le caractère réel et continu de sa présence en France pour les années 2011 à 2014, plus particulièrement en ce qui concerne l'année 2013 pour laquelle il ne produit aucun justificatif de présence en France. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime, avant de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée par M. B, n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure à raison de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'irrégularité, faute de saisine par l'administration, pour avis, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et de demande de complément d'information en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, ces moyens doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés à bon droit, par les premiers juges, aux points 5 à 7 du jugement du 28 juin 2022.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 : / - les ressortissants tunisiens qui, à la date d'entrée en vigueur de l'accord signé à Tunis le 28 avril 2008, justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans () ". Il résulte de ces stipulations que les ressortissants tunisiens ne justifiant pas d'une résidence habituelle sur le territoire français depuis plus de dix ans au 1er juillet 2009, date d'entrée en vigueur de l'accord du 28 avril 2008, ne sont pas admissibles au bénéfice de l'article 7 ter d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.

9. M. B soutient, sans d'ailleurs l'établir, résider en France depuis mars 2011. En conséquence, il ne saurait résider en France depuis plus de dix ans à la date du 1er juillet 2009. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il remplit les conditions pour la délivrance de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord du 17 mars 1988, ne peut qu'être écarté.

10. En quatrième lieu, M. B soutient que la décision par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour faute de présentation d'un contrat de travail visé par les services en charge de l'emploi et d'un visa de long séjour, méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que le protocole relatif à la gestion concertée des migrations et le protocole en matière de développement solidaire signés le 28 avril 2008. Toutefois, ce moyen doit être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés à bon droit, par les premiers juges, aux points 5 et 8 du jugement du 28 juin 2022.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. D'une part, le préfet de la Seine-Maritime n'était pas tenu de se prononcer, de façon distincte, sur les effets de la décision de refus de titre de séjour sur la vie privée ou familiale de M. B dès lors que ces deux notions sont étroitement liées. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

13. D'autre part, M. B soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est célibataire et sans charge de famille, n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Tunisie où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente ans et où résident ses parents et sa fratrie. Le requérant ne produit aucun élément probant de nature à démontrer qu'il aurait noué en France des liens personnels d'une particulière intensité. La circonstance qu'il exerce une activité professionnelle depuis février 2018 en qualité de boulanger n'est, par elle-même, pas de nature à établir qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français. Dans ces conditions, et compte tenu des conditions de séjour en France de M. B, le préfet de la Seine-Maritime, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision de refus de titre de séjour n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français est entachée d'illégalité, faute de saisine par l'administration, pour avis, de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi et de demande de complément d'information en application de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, doit être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 qui renvoie aux points 5 à 7 du jugement du 28 juin 2022.

15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a dit aux points 5 à 13 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".

17. Il ressort des pièces du dossier que, pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur la circonstance que, par le même arrêté, la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé sur le fondement de l'article 3 de l'accord-franco-tunisien du 17 mars 1988 était rejetée et que celui-ci n'était pas au nombre des étrangers, mentionnés à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne pouvant faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 9, que M. B serait au nombre des ressortissants tunisiens pouvant prétendre à l'attribution de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations du d) de l'article 7 ter de l'accord-franco-tunisien du 17 mars 1988, en ce qu'il est soulevé à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

18. En quatrième lieu, M. B soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur de droit en ce que l'arrêté contesté applique indistinctement les notions de vie privée et de vie familiale alors que ces deux notions sont autonomes. Toutefois, alors que le préfet de la Seine-Maritime n'était pas tenu de se prononcer, de façon distincte, sur les effets de la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français sur la vie privée ou familiale de celui-ci dès lors que ces deux notions sont étroitement liées, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13.

19. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que la décision faisant obligation à M. B de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de la convention franco-tunisienne du 17 mars 1988, a pu, à l'occasion de cette demande, préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demandait son admission au séjour et produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartenait, lors du dépôt de cette demande, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il jugeait utiles. Il lui était également loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni même qu'il aurait été empêché de faire valoir tout nouvel élément, avant que ne soit édictée la décision fixant le pays de destination, qui est une décision subséquente. Par suite, le moyen tiré de la violation du principe général du droit d'être entendu avant l'édiction d'une mesure défavorable, principe général de l'Union européenne, en ce qu'il est invoqué à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

21. En second lieu, il résulte de ce qui a dit, respectivement, aux points 5 à 13 et aux points 14 à 19 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ou de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Sur l'arrêté d'assignation à résidence :

22. En premier lieu, il ressort des énonciations du procès-verbal de vérification du droit de circulation ou de séjour établi le 5 mai 2022 par un officier de police judiciaire qu'il a été demandé à M. B lors de son audition le 5 mai 2022 par les services de police, alors qu'il était placé en retenue administrative pour vérification de son droit au séjour, s'il avait des observations à formuler en cas d'assignation à résidence ou de placement en centre de rétention administrative. Par suite, le moyen tiré de la violation du principe général du droit d'être entendu avant l'édiction d'une mesure défavorable, principe général de l'Union européenne, en ce qu'il est invoqué à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté d'assignation à résidence, manque en fait et doit, dès lors, être écarté.

23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées. ".

24. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté assignant M. B à résidence au Havre pour une durée de quarante-cinq jours, que cet arrêté cite les dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assigner l'intéressé à résidence au motif que l'intéressé, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 8 juillet 2021 du préfet de la Seine-Maritime, ne présente aucun document de voyage ou d'identité en cours de validité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté manque en fait.

25. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit, respectivement, aux points 5 à 13 et aux points 14 à 19 que M. B, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ou de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

26. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1°L'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré () ".

27. M. B, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 8 juillet 2021 du préfet de la Seine-Maritime, entrait dans le champ d'application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime, qui, pour assigner l'intéressé à résidence au Havre, qui est son lieu de résidence, pour une durée maximale de quarante-cinq jours, a pris en compte le fait que l'intéressé ne présente aucun document de voyage ou d'identité en cours de validité ainsi que les nécessités liées à l'organisation de son départ vers son pays d'origine, se serait cru tenu d'assigner M. B à résidence au seul motif qu'il avait fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

28. En cinquième et dernier lieu, M. B soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, il ne produit aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen, qui doit donc être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes susvisées de M. B sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, par suite, de rejeter les requêtes de M. B en toutes leurs conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application tant de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique que de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes susvisées de M. B sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Mary.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Douai le 6 avril 2023.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Christian Heu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nathalie Roméro

N°s 22DA01737, 22DA021531

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions