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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA01919

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA01919

lundi 6 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA01919
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLEQUIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler la décision implicite du préfet du Pas-de-Calais et son arrêté du 4 octobre 2021 ayant rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié.

Par un jugement n° 2106009, 2109622 du 2 août 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2022 et 10 février 2023, M. B, représenté par Me Emmanuelle Lequien, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces décisions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur l'erreur de droit :

2. Il ressort de sa demande de titre de séjour que M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Si l'intéressé était alors incarcéré et si un timbre fiscal de 50 euros lui a été réclamé, ces circonstances n'impliquaient pas que le préfet devait aussi examiner la demande sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la vie privée et familiale :

3. En premier lieu, M. B est né en 1964 au Maroc où réside sa fille unique née en 1991. S'il est entré régulièrement en France en octobre 1983 et a bénéficié de titres de séjour jusqu'en octobre 2016, il a été incarcéré en février 2016 et a été condamné en janvier 2019 à dix ans de réclusion criminelle pour viol avec suivi socio-judiciaire pour trois ans. Eu égard à la gravité de ces faits, la présence en France de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public.

4. En deuxième lieu, si M. B a travaillé en France de 1986 à 2007, s'il a été reconnu adulte handicapé et s'il bénéficie d'un suivi psychiatrique, l'arrêté n'a pas été assorti d'une mesure d'éloignement.

5. Dans ces conditions, même si deux frères de M. B résident en France et même si c'est son incarcération qui a empêché l'intéressé de respecter la procédure de renouvellement de son titre de séjour, l'arrêté n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Emmanuelle Lequien.

Fait à Douai, le 6 mars 2023.

Le président de la 1ère chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Christine Sire

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