jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA01984 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 1re chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme E C a demandé au tribunal administratif de Lille, d'une part, d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'une carte de résident en qualité de réfugié, lui a refusé un titre de séjour pour soins, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français durant un an et, d'autre part, d'enjoindre sous astreinte au préfet de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois, ou à défaut de réexaminer sa situation et de prendre une nouvelle décision dans le même délai et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Par un jugement n° 2205358 du 29 août 2022, le tribunal administratif de Lille a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, le temps de procéder au réexamen de sa situation.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2022, le préfet du Nord, représenté par Me Jean-Alexandre Cano, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de rejeter la demande de Mme C devant le tribunal administratif.
Il soutient que :
- l'arrêté n'est pas entaché de vice de procédure tiré puisqu'il est fondé sur avis du collège de médecins qui est produit ;
- les autres moyens de la demande ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, Mme C, représentée par Me Oriane Cabaret, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le jugement doit être confirmé et qu'en outre chacune des décisions de l'arrêté du 20 juin 2022 est illégale.
La clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2022 à 12 heures par une ordonnance du 1er décembre 2022.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 29 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Denis Perrin, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'objet du litige :
1. Mme C, ressortissante guinéenne, a déclaré être entrée en France en janvier 2019. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par une décision du 5 août 2021 de l'Office français des réfugiés et apatrides, confirmée le 22 mars 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a alors demandé un titre en raison de son état de santé qui lui a été refusé par un arrêté du 20 juin 2022 du préfet du Nord, portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Le tribunal administratif de Lille a annulé cet arrêté. Le préfet demande l'annulation de ce jugement du 29 août 2022.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne le moyen d'annulation retenu par le tribunal :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
3. Le préfet du Nord a produit à nouveau en appel l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 13 mai 2022, qu'il avait produit en première instance le 22 août 2022 à 9 H 44, l'audience ayant eu lieu le même jour à 8 H 30. Par suite, le préfet du Nord est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Lille, par le jugement contesté, a annulé son arrêté du 20 juin 2022 pour le motif tiré de l'absence d'avis du collège de médecins. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens invoqués par Mme C tant devant le tribunal administratif de Lille que devant la cour.
En ce qui concerne les autres moyens de Mme C :
S'agissant du moyen commun à l'ensemble des décisions :
4. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 30 septembre 2021, publié le même jour au recueil spécial n° 225 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme B A de la Perrière, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, notamment, chacune des décisions comprises dans l'arrêté contesté. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté doit, dès lors, être écarté.
S'agissant de la légalité de la décision de refus de titre :
5. En premier lieu, la décision contestée vise les textes dont elle fait application et cite en particulier l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, elle comporte les considérations de fait qui en constituent le fondement. En particulier, elle considère que " rien ne permet de conclure que [Mme C] ne peut bénéficier d'un traitement approprié pour sa prise en charge médicale en Guinée ". Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, tel que prévu par les dispositions citées au point 2, venant au soutien de ses dires, doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. En l'espèce, l'avis du 13 mai 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration considère que l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'elle peut effectivement bénéficier d'un traitement dans son pays d'origine. Mme C souffre d'endométriose. Si elle produit l'extrait d'un site internet qui met en exergue la gravité de cette maladie et relève les difficultés sociologiques de diagnostic de cette affection particulièrement en Afrique, elle n'apporte aucun élément qui établirait que cette pathologie ne serait pas prise en charge en Guinée. Par suite, le préfet du Nord n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 précité. Ce moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, Mme C est entrée en France le 5 janvier 2019 selon ses déclarations. Elle ne produit aucun élément établissant son insertion sociale ou privée en France. Elle a vécu habituellement jusqu'à l'âge de trente-quatre ans dans son pays d'origine où résident son enfant mineur, sa mère et sa fratrie. Par suite, le préfet du Nord n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
S'agissant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité du refus de titre ne peut qu'être écarté.
10. En deuxième lieu, l'obligation de quitter le territoire français prise en application d'un refus de titre ne nécessite pas de motivation distincte de celle du refus de titre dès lors que celui-ci est motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français sont rappelées. En l'espèce, le refus de titre est suffisamment motivé et l'arrêté cite le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 7 et l'avis du 13 mai 2022 du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration considérant que l'état de santé de Mme C lui permet de voyager sans risque, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
12. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 11, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressée ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, la décision contestée vise l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et considère que Mme C n'allègue, ni n'établit que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'elle y est exposée à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
15. En troisième lieu, Mme C dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, n'apporte aucun élément nouveau sur ses craintes pour sa vie ou sa sécurité en cas de retour dans son pays et n'établit pas qu'elle ne pourrait effectivement y bénéficier d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressée ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
17. En deuxième lieu, la décision contestée cite les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait état de l'entrée récente en France de Mme C, de son absence d'attache privée et familiale sur le territoire français ainsi que de son absence de menace pour l'ordre public comme de l'absence de précédente mesure d'éloignement la concernant. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut donc qu'être écarté.
18. En troisième lieu, Mme C n'est entrée en France que le 5 janvier 2019 selon ses déclarations, n'établit pas y avoir des attaches privées et familiales et ne justifie pas qu'elle ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. Dans ces conditions, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en interdisant à l'intéressée son retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de l'intéressée ne peut qu'être écarté
20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la régularité du jugement, que le préfet est fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal a annulé son arrêté du 20 juin 2022.
21. Par suite, les demandes de Mme C tant devant le tribunal que devant la cour doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Lille du 29 août 2022 est annulé.
Article 2 : Les demandes de Mme C devant le tribunal administratif de Lille et devant la cour administrative d'appel de Douai sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme E C, à Me Oriane Cabaret et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience publique du 19 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Marc Heinis, président de chambre,
- Mme Corinne Baes-Honoré, présidente-assesseure,
- M. Denis Perrin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le rapporteur,
Signé : D. PerrinLe président de la 1ère chambre,
Signé : M. D
La greffière,
Signé : C. Sire
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
C. Sire
N°22DA01984
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026