mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA02053 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CLEMENT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence à Lille pour une durée de quarante-cinq jours, d'autre part, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder, à titre principal, à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale, à titre subsidiaire, au réexamen de sa situation, dans le délai de huit jours à compter du jugement à intervenir.
Par un jugement n° 2204213 du 27 juin 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2022, M. A, représenté par Me Clément, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence à Lille pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- les modalités de l'assignation à résidence sont excessives au regard du but poursuivi et inappropriées à sa situation, compte tenu du fait que l'adresse de domiciliation est erronée et en raison de l'incompatibilité des modalités de présentation à l'autorité de police avec sa scolarité au lycée Maurice Duhamel à Loos et le stage en entreprise qu'il doit effectuer.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B A, ressortissant guinéen né le 2 janvier 2002 à Conakry (République de Guinée), est entré irrégulièrement en France. Il s'est présenté auprès des services de la préfecture du Nord, le 19 mai 2021, afin de solliciter l'asile. La consultation par l'administration du fichier Eurodac ayant permis d'établir que l'intéressé avait présenté une demande d'asile enregistrée en Allemagne, le 4 avril 2019, le préfet du Nord a saisi les autorités allemandes, le 1er juin 2021, d'une demande de reprise en charge en application des dispositions de l'article 18 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Les autorités allemandes ont donné leur accord le 9 juin 2021, en application des dispositions de l'article 18 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par un arrêté du 16 juin 2021, le préfet du Nord a, en conséquence, prononcé le transfert de M. A aux autorités allemandes. L'intéressé, après avoir été transféré en Allemagne le 29 octobre 2021, est revenu aussitôt en France. Il a, de nouveau, présenté une demande d'asile, le 4 novembre 2021, auprès des services de la préfecture du Nord. Par un arrêté du 2 décembre 2021, le préfet du Nord a prononcé son transfert aux autorités allemandes et l'a assigné à résidence à Lille pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 13 décembre 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille, saisi par M. A d'une demande d'annulation de cet arrêté, a annulé la décision d'assignation à résidence, contenue dans l'arrêté du 2 décembre 2021, en tant seulement qu'elle imposait à M. A de se présenter les lundis entre 14 h 00 à 16h 00 dans les locaux de la direction zonale de la police aux frontières de Lille à compter du 13 décembre 2021, au motif que ces modalités étaient incompatibles avec sa scolarité. M. A, transféré en Allemagne le 11 février 2022, revenait en France le 20 février 2022 et présentait, à nouveau, une demande d'asile devant les services de la préfecture du Nord, le 15 mars 2022. Par un arrêté du 12 avril 2022, le préfet du Nord a de nouveau prononcé le transfert de M. A aux autorités allemandes et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Cet arrêté a, toutefois, été annulé par un jugement du 4 mai 2022 de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Lille, au motif qu'il n'était pas établi que l'administration aurait remis à l'intéressé la brochure B " je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ". Par un nouvel arrêté du 3 juin 2022, le préfet du Nord a encore prononcé le transfert de M. A vers les autorités allemandes et l'a assigné à résidence à Lille pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement du 27 juin 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a rejeté la demande de M. A tendant à l'annulation de la mesure d'assignation à résidence contenue dans cet arrêté. M. A relève appel de ce jugement.
3. Aux termes de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge peut être assigné à résidence par l'autorité administrative pour le temps strictement nécessaire à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. / Lorsqu'un Etat requis a refusé de prendre en charge ou de reprendre en charge l'étranger, il est immédiatement mis fin à l'assignation à résidence édictée en application du présent article, sauf si une demande de réexamen est adressée à cet Etat dans les plus brefs délais ou si un autre Etat peut être requis. / En cas de notification d'une décision de transfert, l'assignation à résidence peut se poursuivre si l'étranger ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'exécution de la décision de transfert demeure une perspective raisonnable. / L'étranger faisant l'objet d'une décision de transfert peut également être assigné à résidence en application du présent article, même s'il n'était pas assigné à résidence lorsque la décision de transfert lui a été notifiée. / L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article ou placé en rétention administrative, n'a pas déféré à la décision de transfert dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire peut être à nouveau assigné à résidence en application du présent article. ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et, notamment, des énonciations précises contenues dans l'arrêté du 3 juin 2022 que le préfet du Nord, averti de la situation de M. A au regard des difficultés rencontrées par son administration pour gérer la situation de cet étranger, a procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé avant de procéder à son assignation à résidence à Lille pour une durée de quarante-cinq jours sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de définir les modalités de cette mesure. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A doit être écarté.
5. En second lieu, M. A fait valoir que la décision contestée a pour effet de l'obliger à se présenter deux fois par semaine au commissariat à Lille pendant quarante-cinq jours alors qu'il réside à Armentières et qu'il suit une formation en vue d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle " monteur installations sanitaires " auprès du lycée Maurice Duhamel à Loos et qu'une entreprise l'a accueilli dans le cadre d'une convention de stage du 13 juin au 1er juillet 2022. Il soutient, en conséquence, que les modalités de l'assignation à résidence dont il fait l'objet sont excessives au regard du but poursuivi et inappropriées à sa situation.
6. D'une part, l'arrêté contesté, pour assigner M. A à résidence à l'adresse Spada Coallia 59-62 à Lille, mentionne que l'intéressé y dispose d'une domiciliation administrative. M. A fait cependant valoir qu'il est hébergé, en pratique, par l'Accueil fraternel roubaisien (AFR) à Armentières. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la déclaration de domiciliation produite devant le tribunal administratif par le préfet du Nord, que les services de la préfecture du Nord avait eu communication, sur le fondement des dispositions des articles L. 744-1 et L. 744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables, de ce que M. A, faute de disposer d'un hébergement, avait fait élection de domicile auprès de Coallia 59-62 à Lille, la même adresse étant d'ailleurs portée sur l'attestation de demande d'asile délivrée à l'intéressé le 12 avril 2022. M A ne peut donc utilement se prévaloir de ce que l'arrêté contesté l'a assigné à résidence à Lille, et non à Armentières.
7. D'autre part, l'arrêté contesté dispose, à son article 5, que M A doit se présenter les lundis et mercredis, entre 14h00 et 16h00, dans les locaux de la direction zonale de la police aux frontières de Lille, à compter du 13 juin 2022, et qu'à défaut, il fera connaître et justifiera auprès de ces services les causes de force majeure qui l'empêcheraient de se soumettre à cette obligation. M. A soutient que les modalités de cette assignation à résidence sont disproportionnées au regard du but poursuivi et l'astreignent à des obligations excessives au regard du fait qu'il suit une formation en vue d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle " monteur installations sanitaires " auprès du lycée Maurice Duhamel à Loos et qu'une entreprise l'a accueilli dans le cadre d'une convention de stage du 13 juin au 1er juillet 2022. Toutefois, alors d'ailleurs que M. A n'a pas vocation à demeurer sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier que les modalités de cette assignation à résidence à laquelle il est soumis à raison de deux présentations par semaine dans les locaux de la direction zonale de la police aux frontières situés à Lille, feraient réellement obstacle à la poursuite de sa scolarité ou à l'accomplissement de son stage alors que la commune de Loos est limitrophe de celle de Lille, ou seraient disproportionnées au regard de sa situation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Clément.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Douai, le 21 décembre 2022.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Christian Heu
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°22DA02053
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026