LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA02116

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA02116

jeudi 16 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA02116
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re chambre - formation à 3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et l'arrêté du même jour l'assignant à résidence.

Par un jugement n° 2201242 du 15 septembre 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 17 octobre 2022, M. A, représenté par Me Kamel Abbas, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler les arrêtés du 21 mars 2022 du préfet de la Seine-Maritime.

Il soutient que :

- il exerce l'autorité parentale, condition d'octroi d'un titre de séjour de plein droit en application de l'article 6-4 de l'accord franco-algérien ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Denis Perrin, premier conseiller a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en tant que père d'enfant français. Par un arrêté du 7 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande. Puis, par un arrêté du 21 mars 2022, le préfet a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire français pendant un mois. Enfin, par un arrêté du même jour, le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence. M. A relève appel du jugement du 15 septembre 2022 du tribunal administratif de Rouen qui a rejeté ses conclusions d'annulation pour excès de pouvoir des deux arrêtés du 21 mars 2022.

2. En premier lieu, l'arrêté du 7 mars 2022 rejetant la demande de titre de séjour de M. A n'était pas définitif à la date à laquelle la demande d'annulation de cet acte a été enregistrée au tribunal administratif de Rouen, le 25 mars 2022. M. A peut donc invoquer, par voie d'exception, y compris pour la première fois en appel, l'illégalité du refus de titre qui constitue la base légale de l'obligation de quitter le territoire français.

3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale est délivré de plein droit : / () / 4. Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.

4. M. A a été condamné, le 9 décembre 2020, par le tribunal correctionnel de Marseille à un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits de violence sur sa compagne, suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, en présence d'un mineur. Il a également eu interdiction d'entrer en contact avec sa compagne ou de paraître à son domicile. Par ailleurs, M. A est également inscrit au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour des faits de vol en réunion commis le 28 juillet 2021. Le préfet a donc pu considérer que M. A constituait une menace pour l'ordre public qui s'opposait à ce que lui soit délivré un certificat de résidence sur le fondement des stipulations citées au point précédent, et ce bien que l'intéressé exerce l'autorité parentale avec sa compagne sur son fils. Le moyen tiré par la voie de l'exception de l'illégalité du refus de titre doit donc être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. D'une part, M. A est père d'un enfant français né le 2 juin 2019 et la décision du juge des affaires familiales du tribunal judiciaire de Marseille qu'il produit a confirmé l'autorité parentale exercée par l'intéressé sur son fils, lui a accordé un droit de visite un week-end par mois et une partie des vacances scolaires et l'a assujetti à une pension de cent euros par mois. Toutefois, ce jugement du 7 juin 2022 est postérieur à la décision contestée et le requérant n'établit pas, alors même qu'il a travaillé en intérim en novembre et décembre 2021, qu'il contribuait, à la date de cette décision, à l'entretien et à l'éducation de son fils.

7. D'autre part, M. A n'est entré en France que le 25 novembre 2017, a été condamné pour violences sur sa compagne et a été incarcéré. Il ne produit aucun élément démontrant son insertion en France en dehors de la présence de son fils. Il n'est pas non plus dépourvu d'attaches dans son pays où résident ses parents et sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de 19 ans.

8. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. A en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et en l'assignant à résidence. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.

9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des décisions contestées doit également être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation des arrêtés du 21 mars 2022 du préfet de la Seine-Maritime. Par suite, sa requête est rejetée.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience publique du 2 février 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Marc Heinis, président de chambre,

- Mme Corinne Baes-Honoré, présidente-assesseure,

- M. Denis Perrin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.

Le rapporteur,

Signé:

D. Perrin

Le président de la 1ère chambre,

Signé:

M. B

La greffière,

Signé:

C. Sire

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Christine Sire

N°22DA02116

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions