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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA02126

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA02126

mardi 11 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA02126
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation2e chambre - formation à 3
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une requête, enregistrée sous le n° 2200790, M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Par une requête, enregistrée sous le n° 2201398, M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2200790-2201398 du 7 juillet 2022, le tribunal administratif de Rouen, après avoir joint ces deux demandes, a annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a rejeté le surplus de la demande de M. B.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 octobre et 9 décembre 2022, M. B, représenté par Me Eglantine Mahieu, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il n'a pas fait entièrement droit à sa demande ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 1er décembre 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de l'arrêt à intervenir, sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, d'une somme de 1 500 euros hors taxes (HT) en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, le versement à lui-même d'une somme du même montant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ne comporte aucune précision concernant les raisons pour lesquelles il a estimé, contrairement à son précédent avis, qu'il pouvait bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle est aussi entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une insuffisante de motivation et d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement d'un titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle est aussi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2022.

Par courrier enregistré le 2 février 2023, M. B a, en application de la décision du Conseil d'Etat du 28 juillet 2022 n° 441481, confirmé sa volonté de lever le secret médical.

Le dossier médical de M. B a été produit par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 7 février 2023.

L'OFII a présenté des observations qui ont été enregistrées le 29 mars 2023.

Par une ordonnance en date du 18 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 mai 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sylvie Stefanczyk, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant sénégalais né le 23 février 1981, est entré en France le 29 septembre 2019 muni de son passeport revêtu d'un visa de court séjour. Il a demandé, le 24 février 2020, la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Celui-ci lui a été délivré le 1er février 2021 pour une durée de six mois. Le 24 juin 2021, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et, par un arrêté en date du 1er décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par un arrêté du 15 mars 2022, il a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement du 7 juillet 2022, le tribunal administratif de Rouen a annulé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et a rejeté le surplus des conclusions de la demande. M. B relève appel du jugement du 7 juillet 2022 du tribunal administratif de Rouen en tant qu'il a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions de refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. M. B réitère son moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contestées. Cependant, il n'apporte pas en appel d'éléments nouveaux de fait ou de droit de nature à remettre en cause l'appréciation portée par les premiers juges sur ce moyen. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs du jugement attaqué, de l'écarter.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ". Selon l'article R. 425-11 de ce code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a versé en première instance l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) émis le 7 octobre 2021, lequel comporte toutes les mentions prévues à l'article 6 de l'arrêté du 27 septembre 2016 précité et a été émis collégialement au vu du rapport du médecin instructeur. Contrairement à ce que soutient M. B, ni les dispositions précitées, ni aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au collège de médecins de l'OFII de préciser les raisons pour lesquelles il a estimé que, contrairement à son précédent avis du 9 novembre 2020, un traitement était disponible dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.

5. En deuxième lieu, en vertu des dispositions citées au point 3, le collège de médecins de l'OFII, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9, doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 également cité au point 3, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de l'OFII. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège de médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

6. En l'espèce, le collège de médecins de l'OFII a estimé dans son avis du 7 octobre 2021 que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé, et peut voyager sans risque vers son pays. Il ressort du dossier médical de M. B et des observations de l'OFII, que l'intéressé présente des séquelles d'une infection par la poliomyélite qu'il a contracté à l'âge de trois ans, responsable de séquelles neuromotrices au niveau de sa jambe gauche entrainant des difficultés à la marche et d'une scoliose dorsolombaire. M. B souffre également de douleurs lombaires et des pieds. Il bénéficie d'une rééducation par kinésithérapie deux fois par semaine, utilise des cannes anglaises ainsi que des semelles orthopédiques et est traité par des antalgiques courants. Enfin, il est atteint d'une hypertension artérielle soignée par un seul antihypertenseur. Si M. B a produit à l'instance un certificat médical d'un médecin du pôle médico-chirurgical adulte du groupe hospitalier du Havre du 1er septembre 2022 mentionnant que son état de santé nécessite une prise en charge de grand appareillage complexe pour lequel il est important qu'il reste sur le territoire français, l'OFII a toutefois indiqué qu'il résultait de la base de données MedCoi (Medical Country of Origin Information) que des centres pouvaient assurer au Sénégal la confection d'appareillages pour les malades atteints de séquelles de poliomyélites, dont notamment le centre d'éducation et de réadaptation Talibou Dabo situé à Dakar. Il a également ajouté qu'il résultait de cette base de données que les médicaments composant le traitement de M. B étaient courants et disponibles au Sénégal et que si le zopiclone pouvait être touché par des problèmes d'approvisionnement, il pouvait toutefois être substitué par un autre somnifère, le zolpidem, disponible à la pharmacie Guigon située à Dakar. Par ailleurs, les articles de presse produits par l'appelant faisant état de dysfonctionnement au sein du système sanitaire au Sénégal ne sont pas, de par leur caractère général, de nature à établir que sa prise en charge médicale ne pourrait pas être effectivement réalisée dans son pays d'origine. Enfin, M. B n'établit pas qu'il ne disposerait pas des ressources nécessaires pour bénéficier dans son pays d'origine, des soins nécessités par son état de santé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. B se prévaut de ce que son père s'est engagé dans l'armée française en 1955 pour une durée d'environ trente ans et que sa sœur est née en France. Il fait également valoir qu'il a été reconnu en qualité de travailleur handicapé pour la période du 1er janvier 2021 au 31 décembre 2023 par la maison départementale des personnes handicapées de Rouen et qu'il s'est engagé bénévolement au sein de l'APF France handicap. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille et que sa présence sur le territoire français est récente. En outre, il n'établit pas être isolé au Sénégal où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé nécessiterait sa présence en France. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de M. B, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen sera donc écarté.

9. En dernier lieu, et compte tenu de tout ce qui vient d'être dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de refus de séjour sur la situation personnelle de l'appelant, ni qu'il aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen de la situation de l'intéressé.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. Comme il a été exposé aux points précédents, M. B n'est pas fondé à exciper, à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.

11. Ensuite, pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 6 et 8, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur manifeste d'appréciation et du défaut d'examen sérieux dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire, doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

12. Il résulte de ce qui vient d'être dit que le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

13. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. () ".

14. M. B, dont l'état de santé, ainsi qu'il a été dit précédemment, ne justifie pas le maintien sur le territoire français, n'apporte pas d'élément probant à l'appui de ses allégations selon lesquelles il serait susceptible d'être soumis à la torture ou à des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Sénégal. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

15. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, que le préfet de la Seine-Maritime aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision fixant le pays de destination, sur la situation personnelle de l'intéressé.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction assorties d'astreinte, ainsi que celles au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Eglantine Mahieu.

Copie sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience publique du 27 juin 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Anne Seulin, présidente de chambre,

- M. Marc Baronnet, président-assesseur,

- Mme Sylvie Stefanczyk, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé : S. StefanczykLa présidente de chambre,

Signé : A. SeulinLa greffière,

Signé : A.S. Villette

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

La greffière

Anne-Sophie Villette

N°22DA02126

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