jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA02301 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SEBBANE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme G B a demandé au tribunal administratif de Lille annuler l'arrêté du 6 août 2021 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a indiqué qu'à l'expiration de ce délai elle pourrait être éloignée à destination du pays dont elle a la nationalité ou de tout autre pays vers lequel elle établit être légalement admissible.
Par un jugement n° 2201047 du 2 août 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2022 Mme B, représentée par Me Thomas Sebbane, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 6 août 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre infiniment subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le jugement :
- le jugement est insuffisamment motivé en ce qu'il n'a porté aucune appréciation sur l'opportunité pour le préfet de délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le terrain de l'admission exceptionnelle au séjour, et en ce qu'il n'a pas analysé le moyen sur l'insuffisante précision quant à l'étendue des compétences déléguées.
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- il n'est pas établi que le signataire de l'acte attaqué était compétent pour ce faire ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa situation personnelle et familiale justifiait que le préfet lui accorde soit un titre de séjour " vie privée et familiale " soit un titre de séjour " salarié " ;
- pour l'application de l'article L. 435-1 de ce code, le préfet a commis une erreur de droit quant à l'éventuelle délivrance d'un titre de séjour " salarié " en n'appréciant pas lui-même la demande et en se limitant à fonder sa décision sur l'avis de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRRECTE) ; les éléments produits doivent également conduire à lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
- cette décision méconnaît également les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi que le signataire de l'acte attaqué était compétent pour ce faire ;
- elle excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît également les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée, enfin, d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 27 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 janvier 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Douai.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Baes-Honoré présidente-assesseure.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 27 septembre 1997 en Côte d'Ivoire, de nationalité ivoirienne, est entrée en France le 24 août 2016 munie de son passeport revêtu d'un visa de type D portant la mention " étudiant ", délivré par les autorités consulaires françaises à Abidjan, valable du 21 août 2016 au 21 août 2017. Elle a ensuite bénéficié d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", valable du 23 novembre 2017 au 22 octobre 2020. Le 14 octobre 2020, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 6 août 2021, le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a indiqué qu'à l'expiration de ce délai elle pourrait être reconduite d'office à destination du pays dont elle a la nationalité ou de tout autre pays vers lequel elle serait légalement admissible. Par un jugement du 2 août 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa requête dirigée contre cet arrêté. Mme B relève appel du jugement de rejet.
Sur la régularité du jugement :
2. En premier lieu, il résulte des écritures de première instance qu'à l'appui de son moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme B a soutenu que sa situation justifiait la délivrance, d'une part, d'un titre de séjour " salarié ", d'autre part, d'un titre de séjour " vie privée et familiale ". Il résulte du point 6 du jugement, qu'après s'être prononcé sur la situation professionnelle de l'intéressée, les premiers juges se sont également référés à ce qui avait été dit précédemment pour écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de cet article. Les premiers juges ont ainsi entendu se référer aux éléments rappelés au point 4 sur la vie privée et familiale de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de ce que le tribunal ne s'est pas prononcé sur le titre de séjour " vie privée et familiale " dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour manque en fait.
3. En second lieu, à l'appui du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dirigé contre l'obligation de quitter le territoire, Mme B a soutenu devant les premiers juges qu'il appartenait à l'administration de justifier d'une délégation régulièrement publiée, avec mention des matières déléguées. Pour écarter le moyen, le tribunal a mentionné l'arrêté en vertu duquel le signataire était compétent pour signer l'arrêté contesté. Alors même que le tribunal n'a pas spécifiquement mentionné les matières déléguées, il a suffisamment motivé son jugement pour écarter le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte.
Sur la légalité de l'arrêté :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, par un arrêté du 19 juillet 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 164 de la préfecture du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à M. E F, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, signataire de l'arrêté en litige, aux fins de signer, notamment, les refus de délivrance d'un titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français et les décisions relatives au délai de départ volontaire et à la fixation du pays de destination. L'article 13 de cet arrêté n'est pas insuffisamment précis en ce qu'il donne délégation de signature à M. F en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C A de la Perriere. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Par ailleurs, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoient que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
7. Si Mme B, entrée en France en 2016 pour suivre des études, est célibataire et sans enfant, elle invoque la présence en France d'un frère né le 4 février 1999, de sa sœur née le 9 mai 2002 et d'un frère né le 23 avril 2004. Elle relève que sa sœur et son dernier frère sont entrés mineurs en France le 29 juillet 2016 et que le juge aux affaires familiales de Lille, par une décision du 30 avril 2019, a prononcé la délégation partielle de l'autorité parentale à leur sœur aînée. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, le frère aîné de Mme B, titulaire d'un titre de séjour " étudiant " valable jusqu'au 4 janvier 2022, et sa sœur, titulaire d'un titre de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'au 4 octobre 2021, étaient majeurs. S'agissant du frère cadet de Mme B, alors âgé de dix-sept ans, rien ne faisait obstacle à ce qu'il accompagne sa sœur aînée en Côte d'Ivoire. Si la décision contestée a pour effet de séparer la fratrie, il n'en demeure pas moins que Mme B n'est pas isolée en Côte d'Ivoire, pays où elle a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans et où résident ses parents. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante à mener une vie privée et familiale normale. Par suite, en prenant le refus de titre en litige le préfet n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / () ".
9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est allégué, le préfet du Nord ne s'est pas borné à se fonder sur l'avis émis par la DIRECCTE, mais a également apprécié la réalité de la situation professionnelle de l'intéressée. Si Mme B soutient avoir travaillé durant de nombreuses années, en cumulant même deux emplois, il ressort des pièces du dossier qu'elle ne justifie que d'un emploi d'animateur par la mairie de Lille sur le temps de la pause méridienne, pour les années scolaires 2019/2020 et 2020/2021 et d'un contrat à durée indéterminée courant à compter du 8 juillet 2020, portant sur un emploi de secrétaire administrative à temps partiel, à savoir vingt heures par semaine. Elle ne peut ainsi se prévaloir d'un motif exceptionnel justifiant la délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre du travail.
10. D'autre part, si Mme B se prévaut de sa durée de présence sur le territoire français et de son investissement pour l'entretien et l'éducation de ses frères et sœur, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les éléments qu'elle invoque ne constituent pas une considération humanitaire ou un motif exceptionnel justifiant la délivrance d'un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale.
11. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme B au regard des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en refusant de faire droit à la demande de titre de séjour présentée par Mme B, doit être écarté.
12. En quatrième lieu, la décision de refus de séjour n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme B de son plus jeune frère. Si la requérante fait valoir qu'elle ne pourra pas poursuivre d'activité salariée pour subvenir aux besoins de son frère, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que ni la scolarisation de ce frère ni aucune autre circonstance ne fait obstacle à ce qu'il retourne avec l'intéressée dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
13. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, et alors même que Mme B s'est impliquée dans l'entretien et l'éducation de ses frères et sœur, le préfet du Nord n'a pas entaché sa décision de refus de séjour d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de la requérante.
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le moyen soulevé, par la voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, tiré de l'illégalité de la décision de refus de séjour, doit être écarté.
16. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus.
17. En quatrième lieu, au vu des pièces du dossier, rien ne fait obstacle à ce que le plus jeune frère de la requérante, également présent en France, accompagne sa sœur en Côte d'Ivoire, pays où résident leurs parents et qu'il y poursuive sa scolarité. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
18. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés, le moyen tiré de l'erreur manifeste qu'aurait commis le préfet dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de Mme B doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
19. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, tiré de l'illégalité de la décision de refus de séjour, doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement du 2 août 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 6 août 2021.
21. Par voie de conséquence, les conclusions de Mme B à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme G B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Thomas Sebbane.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience publique du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Marc Heinis, président de chambre,
- Mme Corinne Baes-Honoré, présidente-assesseure,
- M. Denis Perrin premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
La présidente- rapporteure,
Signé:
C. Baes-HonoréLe président de la 1ère chambre,
Signé:
M. D
La greffière,
Signé:
S. Cardot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Christine Sire
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026