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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-22DA02409

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-22DA02409

mercredi 15 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-22DA02409
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCAMAIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B C a demandé au tribunal administratif de Rouen, d'une part, d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a abrogé son autorisation provisoire de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Par un jugement n° 2201779 du 20 octobre 2022, le tribunal administratif de Rouen a, d'une part, annulé l'arrêté du 30 mars 2022 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a fait interdiction à Mme B C de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, rejeté le surplus des conclusions de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, Mme B C, représentée par Me Camail, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2022 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a abrogé son autorisation provisoire de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- cette décision est entachée d'un vice de procédure, l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant été émis le 1er décembre 2021, soit plus de deux mois après qu'il a été enjoint au préfet de procéder au réexamen de sa situation et en-dehors du délai de trois mois prévu par les textes applicables courant à l'expiration du délai imparti au préfet pour procéder au réexamen de sa situation, soit le 28 juillet 2021 ; l'avis émis par le collège de médecins est insuffisamment précis et fondé sur des éléments non communiques ;

- elle est entachée d'une erreur de fait, en ce qu'il lui est reproché de ne pas avoir exécuté une précédente mesure d'éloignement, et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision abrogeant son autorisation provisoire de séjour :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il lui est reproché de ne pas avoir exécuté une précédente mesure d'éloignement et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-9 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Mme B C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A B C, ressortissante angolaise née le 23 mars 1989 à Luanda (Angola), est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 30 août 2017, selon ses déclarations. Elle a présenté, le 28 novembre 2017, une demande d'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 31 mai 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 1ermars 2019. Par un arrêté du 17 avril 2019, le préfet de la Seine-Maritime, prenant acte du rejet de sa demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B C, qui n'a pas déféré à cette mesure d'éloignement, a sollicité, le 2 mai 2019, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement, notamment, du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un avis du 3 juin 2020, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de Mme B C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Par un arrêté du 14 janvier 2021, le préfet de la Seine-Maritime, au vu notamment de cet avis, a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un jugement du 28 mai 2021, confirmé par un arrêt du 20 janvier 2022 de la cour administrative d'appel de Douai, le tribunal administratif de Rouen a, d'une part, annulé cet arrêté, d'autre part, enjoint au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de la situation de Mme B C dans le délai de deux mois à compter de la date de notification de ce jugement. Par un avis du 1er décembre 2021, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de nouveau saisi par le préfet de la Seine-Maritime, a estimé que si l'état de santé de Mme B C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, celle-ci peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Par un arrêté du 30 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime, au vu notamment de cet avis, a refusé de délivrer à Mme B C le titre de séjour sollicité par celle-ci, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par un jugement du 20 octobre 2022, le tribunal administratif de Rouen a, d'une part, annulé l'arrêté du 30 mars 2022 en tant que, par cet arrêté, le préfet de la Seine-Maritime a fait interdiction à Mme B C de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, d'autre part, rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Mme B C relève appel du jugement du 20 octobre 2022 en tant que, par ce jugement, le tribunal administratif de Rouen a rejeté le surplus des conclusions de sa demande.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté (). Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier de première instance que le préfet de la Seine-Maritime a produit, devant le tribunal administratif, l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 1er décembre 2021 au vu duquel il s'est fondé pour rejeter, par son arrêté du 30 mars 2022, la demande de Mme B C tendant à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des mentions portées sur cet avis que celui-ci a été rendu, le 1er décembre 2021, par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, au vu du rapport médical sur l'état de santé de Mme B C prévu à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cet avis comporte la mention du nom et de la qualité des trois médecins qui ont siégé au sein du collège, lesquels avaient été désignés pour participer aux collèges de médecins de l'Office, ainsi que leur signature. De même, l'avis émis le 1er décembre 2021, qui n'avait pas à indiquer la nature ni davantage, en l'espèce, la durée des soins ou du traitement nécessités par l'état de santé de l'intéressée, satisfait pleinement aux exigences de motivation posées par l'arrêté susvisé du 27 décembre 2016. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis émis le 1er décembre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être écarté.

5. D'autre part, aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose à l'administration d'annexer à l'avis, prévu par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les données ou informations au vu desquelles le collège de médecins est amené, le cas échéant, à estimer que l'étranger peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans le cas où le défaut de prise en charge pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le défaut de communication à Mme B C des données publiques sur le système de soins angolais au vu desquelles le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a émis son avis et de motivation suffisante, sur ce point, de cet avis, ne peut qu'être écarté.

6. Enfin, la circonstance que le collège de médecins ait émis son avis le 1er décembre 2021 alors que, par son jugement du 28 mai 2021, le tribunal administratif de Rouen avait enjoint au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de la situation de Mme B C dans le délai de deux mois à compter de la date de notification de ce jugement, est sans incidence sur la régularité tant de la procédure à l'issue de laquelle le collège de médecins a émis son avis, que de la décision contestée par laquelle le préfet s'est de nouveau prononcé sur la demande de titre de séjour présentée par l'intéressée. De même, est, en tout état de cause, sans incidence sur la régularité de cet avis, le fait que le collège de médecins se soit prononcé en-dehors du délai de trois mois prévu au troisième alinéa de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ".

8. Il ressort des dispositions précitées qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque ce défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'intéressé fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment au coût du traitement ou en l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

9. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B C, ainsi qu'elle le précise, souffre de troubles psychiatriques, caractérisés notamment par des tendances suicidaires ayant nécessité son hospitalisation. Toutefois, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé, dans son avis du 1er décembre 2021, que si l'état de santé de Mme B C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Angola. Les pièces produites par Mme B C sont pour l'essentiel, ainsi que l'ont relevé les premiers juges, relatives au traitement qui lui est prescrit en France. Seules deux attestations établies par un médecin angolais indiquent que la duloxétine, la quétiapine et le seresta ne sont pas commercialisés en Angola et qu'il existe, dans ce pays, une pénurie de médecins spécialisés. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B C ne pourrait avoir accès, dans son pays d'origine, à des médicaments de même famille, qu'il s'agisse d'antidépresseurs, d'antipsychotiques ou de tranquillisants, et, par suite, à un traitement approprié à son état de santé au sens des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si la structure du système sanitaire angolais n'est pas comparable au système de soins en France, cette circonstance n'est pas de nature à établir que Mme B C ne pourrait effectivement accéder, dans son pays d'origine, à un service de santé spécialisé pouvant prendre en charge, de manière appropriée, son besoin de soins. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime, en refusant de délivrer à Mme B C un titre de séjour, a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut qu'être écarté.

11. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Seine-Maritime, pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B C, a procédé à un examen particulier et attentif de la situation de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de Mme B C doit être écarté.

12. En quatrième lieu, la circonstance que Mme B C n'ait pas reçu notification, selon ses allégations, de l'arrêté du 17 avril 2019 par lequel le préfet de la Seine-Maritime, prenant acte du rejet de sa demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté, alors même que cet arrêté mentionne, dans le cadre du rappel des conditions de son séjour en France, que celle-ci s'est vu notifier cet arrêté.

13. En cinquième lieu, Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, ces moyens doivent être écartés par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 13 du jugement attaqué.

14. En sixième lieu, Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges aux points 15 et 16 du jugement attaqué.

15. En septième lieu, Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 14 du jugement attaqué.

16. En huitième lieu, Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, méconnaît les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Toutefois, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 17 du jugement attaqué.

17. En neuvième lieu, Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, ce moyen doit être écarté par adoption des motifs, suffisamment circonstanciés, retenus à bon droit par les premiers juges au point 18 du jugement attaqué.

Sur la décision portant abrogation de l'autorisation provisoire de séjour :

18. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 17 que Mme B C, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision abrogeant son autorisation provisoire de séjour, n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 17 que Mme B C, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.

20. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que le préfet de la Seine-Maritime, pour faire obligation à Mme B C de quitter le territoire français, a procédé à un examen particulier et attentif de la situation de l'intéressée. Par ailleurs, l'arrêté contesté, en ce qu'il rappelle que Mme B C n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement, n'est nullement entaché d'erreur de fait. Par suite, les moyens tirés ce que la décision faisant obligation à Mme B C de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation et d'une erreur de fait doivent être écartés.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

22. Il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de ce qui a été dit au point 10, que le préfet de la Seine-Maritime, en faisant obligation à Mme B C de quitter le territoire français, aurait entaché cette décision d'une méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

23. En quatrième lieu, si la requérante soutient que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est illégale au motif que l'avis émis le 1er décembre 2021 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est entaché des irrégularités invoquées précédemment, ce moyen doit, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 6, être écarté. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions des articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, en tout état de cause, être écarté.

24. En cinquième lieu, les moyens tirés de ce que la décision faisant obligation à Mme B C de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

25. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit, respectivement, aux points 3 à 17 et aux points 19 à 24 que Mme B C, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi, n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ou de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

26. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

27. Mme B C soutient que l'arrêté contesté, en ce qu'il fixe l'Angola au nombre des pays de renvoi, méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, en l'absence de tout élément susceptible d'établir que la requérante ne pourrait accéder effectivement à un traitement approprié en cas de retour dans son pays d'origine, et alors, en outre, que l'intéressée, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, ne produit aucun élément probant ou convaincant de nature à établir qu'elle serait susceptible de faire l'objet d'une atteinte à sa vie ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet de la Seine-Maritime, en désignant l'Angola au nombre des pays à destination desquels elle pourra être reconduite d'office, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré la violation des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

28. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B C est manifestement dépourvue de fondement. De même, et à supposer que la requérante ait entendu demander l'annulation de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, de telles conclusions sont manifestement irrecevables dès lors que cette décision a été annulée par les premiers juges, Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête présentée par Mme B C en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, par application des dispositions, citées au point 1, de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Camail.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Douai le 15 février 2023.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Christian Heu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

La greffière,

Nathalie Roméro

N°22DA02409

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