jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA02449 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DELATTRE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C et Mme B D épouse C ont demandé au tribunal administratif de Lille de prononcer la décharge en droits et pénalités des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015 à 2017.
Par un jugement n° 2001683 du 28 septembre 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête du 23 novembre 2022, M. C et Mme D épouse C, représentés par Me Delattre, demandent à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lille ;
2°) de prononcer la décharge totale des impositions en litige, à défaut la décharge partielle par la prise en compte des charges déductibles et la décharge totale des pénalités ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision de la présidente de la Cour désignant M. Sauveplane, président-assesseur, pour statuer par ordonnance sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, () rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. "
2. La société civile immobilière (SCI) Savas, dont M. C et Mme D épouse C sont les associés et qui a pour activité la location immobilière, a fait l'objet d'une vérification sur place de ses documents comptables à l'issue de laquelle le service vérificateur a constaté l'absence de présentation de tout document comptable ainsi que la carence de la société à déposer les déclarations n°2072 pour les années 2015 à 2017. Par conséquent, le service a procédé à la reconstitution des recettes brutes et des charges déductibles de la société et lui a proposé, par une proposition de rectification du 3 octobre2018, de fixer son résultat net à 55 679 euros pour l'exercice 2015, 48 760 euros pour l'exercice 2016 et 62 821 euros pour l'exercice 2017. Par une proposition de rectification du même jour, le service vérificateur a assujetti M. et Mme C en leur qualité d'associés de la SCI Savas, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 à 2017 qu'il a assorties des pénalités pour manquement délibéré. M. et Mme C relèvent appel du jugement du tribunal administratif qui a rejeté leur demande. En cause d'appel, ils limitent leurs conclusions à la décharge des impositions supplémentaires résultant d'une insuffisante prise en compte par le service des intérêts d'emprunts contractés par la SCI Savas à titre de charges déductibles du revenu brut.
Sur le bien-fondé des rectifications :
3. M. et Mme C font valoir que le montant des intérêts d'emprunt retenus par le service ne correspond pas à ceux effectivement acquittés par la SCI Savas et soutiennent que le résultat de l'année 2016 doit être fixé à 34 149 euros après déduction de la somme de 29 210 euros au titre des intérêts d'emprunt, à 27 957 euros pour l'année 2015 après déduction de la somme de 27 552 euros au titre des intérêts d'emprunt et à 42 772 euros pour l'année 2015 après déduction de la somme de 25 835 euros au titre des intérêts d'emprunt.
4. Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. ()/ Il en est de même, sous les mêmes conditions : / 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 ; () ". Les membres d'une des sociétés de personnes énumérées à l'article 8 du code général des impôts sont personnellement assujettis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. Aux termes de l'article 28 de ce code : " Le revenu foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et les charges de la propriété ". Selon l'article 31 de ce code : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; /a bis) les primes d'assurance ; () ; a bis) les primes d'assurance /a ter) Le montant des dépenses supportées pour le compte du locataire par le propriétaire dont celui-ci n'a pu obtenir le remboursement, au 31 décembre de l'année du départ du locataire / b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ()/ e) Les frais de gestion, fixés à 20 € par local, majorés, lorsque ces dépenses sont effectivement supportées par le propriétaire, des frais de rémunération des gardes et concierges, des frais de procédure et des frais de rémunération, honoraire et commission versés à un tiers pour la gestion des immeubles () ".
5. Les dépenses mentionnées au I de l'article 31 du code général des impôts ne peuvent être déduites du revenu foncier brut que dans la mesure où, notamment, les charges alléguées sont dûment justifiées, se rapportent à des immeubles dont les revenus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers, sont effectivement supportées par le propriétaire et sont engagées en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu. Dans tous les cas, il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges. Il peut le faire par la production de tous documents à la condition, toutefois, que ces documents décrivent, avec une précision suffisante, la nature, le montant et la réalité desdites charges. Dans l'hypothèse où le contribuable produit de tels documents, il incombe ensuite à l'administration fiscale, si elle s'y croit fondée, d'établir que les charges en cause ne sont pas déductibles.
6. Il résulte des mentions de la proposition de rectification du 3 octobre 2018 adressée à la SCI Savas, que, pour déterminer les charges déductibles au titre des intérêts d'emprunt et des primes d'assurances, le vérificateur s'est fondé sur les relevés bancaires du compte de la SCI Savas et a ainsi déterminé le montant des intérêts d'emprunt de 7 680 euros au titre de l'exercice 2015, 6 749 euros au titre de l'exercice 2016 et 5 786 euros au titre de l'exercice 2017, qu'il a admis en déduction du résultat brut.
7. Pour apporter la preuve, qui leur incombe, du caractère déductible des intérêts d'emprunt et justifier leur montant, les requérants produisent les offres de prêts contractés par la société. Toutefois, ils ne justifient pas, par ces seuls éléments, que la SCI Savas s'est effectivement acquittée d'intérêts d'emprunt au-delà des montants déjà admis par le vérificateur. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les pénalités :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision, adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. () ". Ces dispositions imposent à l'administration d'énoncer les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision d'infliger une sanction fiscale.
9. Il résulte des mentions de la proposition de rectification du 3 octobre 2018 adressée aux requérants que l'administration, après avoir mentionné l'article 1729 du code général des impôts et la majoration de 40% prévue en cas de manquement délibéré, a indique que M. et Mme C ne pouvaient ignorer qu'ils avaient perçu des loyers de la part de leurs locataires, compte tenu du montant des loyers encaissés et de la signature par eux, au nom de la SCI Savas, des contrats de location avec les locataires de la société. L'administration a ensuite indiqué qu'elle estimait, au vu de ces faits, que M. et Mme C avaient volontairement omis de reporter les résultats bénéficiaires de la SCI Savas sur leur déclaration d'ensemble de revenu n°2044 afin d'éluder l'impôt sur le revenu pour les trois années vérifiées. Dès lors, la proposition de rectification du 6 octobre 2018 contenant les motifs de droit et de fait qui ont conduit le service à regarder M. et Mme C comme ayant commis un manquement délibéré. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la pénalité prévue au a) de l'article 1729 du code général des impôts n'est pas fondé et doit être écarté.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. "
11. En faisant valoir que M. et Mme C ne pouvaient ignorer qu'ils avaient perçu des loyers de la part de leurs locataires, compte tenu du montant des loyers encaissés et de la signature par eux, au nom de la SCI Savas, des contrats de location avec les locataires de la société et qu'ils avaient ainsi volontairement omis de reporter les résultats bénéficiaires de la SCI Savas sur leur déclarations d'ensemble de revenu n°2044 afin d'éluder l'impôt sur le revenu pour les trois années vérifiées, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de l'intention délibérée des requérants d'éluder l'impôt dû, justifiant l'application de la majoration de 40% prévue à l'article 1729 du code général des impôts.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme B D épouse C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera transmise à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Fait à Douai le 4 mai 2023.
Le président-assesseur de la 4ème chambre,
Signé : Mathieu Sauveplane
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière,
Nathalie Roméro
N°22DA02449
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026