mercredi 22 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA02635 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL MARY & INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2022, M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et d'annuler l'arrêté du 2 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert en Allemagne et d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'enregistrer sa demande d'asile sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2203675 du 27 septembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, M. B, représenté par la SELARL Mary et Inquimbert, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 27 septembre 2022 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert en Allemagne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'enregistrer sa demande d'asile sans délai à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le jugement du tribunal administratif méconnaît le principe du contradictoire car le requérant n'a pas pu être assisté à l'audience par son avocat, en raison du refus du tribunal de faire droit à sa demande de renvoi ;
- la décision a été prise sans qu'il soit établi que l'autorité centrale Eurodac ait été saisie dans les 72 heures suivant sa demande d'asile, en méconnaissance de l'article 9 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, sans qu'il soit établi que son accord a été demandé pour le recueil de ses empreintes digitales ni qu'il a bénéficié des garanties prévues à l'article 29 du règlement 603/2013 et sans qu'il soit établi que les autorités allemandes et françaises ont diligenté un expert en empreintes digitales pour les vérifier, en méconnaissance du considérant 21 du même règlement ;
- cette décision de transfert méconnaît les articles 5 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant nigérian né en 1998, a introduit une demande d'asile les 6 et 8 avril 2022 auprès de la préfecture de Seine-Maritime. La consultation de la base de données " Eurodac " ayant permis d'établir que ses empreintes digitales avaient été relevées par les autorités allemandes à l'occasion d'une précédente demande d'asile, une demande de reprise en charge a été adressée le 10 mai 2022 aux autorités allemandes, lesquelles l'ont acceptée le 12 mai 2022. Le 2 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime a ordonné le transfert de M. B aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. B fait appel du jugement n° 2203675 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
3. M. B ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2022, sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.
Sur la régularité du jugement :
4. M. B fait valoir que le jugement du tribunal administratif est entaché d'irrégularité en ce qu'il n'aurait pas été fait droit à sa demande de report de l'audience, motivée par l'indisponibilité de son avocat.
5. Aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence, du secret de la défense nationale et de la protection de la sécurité des personnes ". Aux termes de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision de transfert est notifiée sans assignation à résidence ou placement en rétention de l'étranger, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / () / Il est statué dans un délai de quinze jours à compter de la saisine du président du tribunal administratif, selon les conditions prévues à l'article L. 614-5. / () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, applicable à la décision en litige en vertu de l'article R. 777-3-6 du même code : " L'instruction est close soit après que les parties ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après appel de leur affaire à l'audience ". Enfin, aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 611-8-6 du même code : " Lorsque le juge est tenu, en application d'une disposition législative ou réglementaire, de statuer dans un délai inférieur ou égal à un mois, la communication ou la notification est réputée reçue dès sa mise à disposition dans l'application ou le téléservice ".
6. Il résulte de ces dispositions que le juge, auquel il incombe de veiller à la bonne administration de la justice, en particulier au respect des délais que lui impose, le cas échéant, la loi pour statuer, n'a aucune obligation, hormis le cas où des motifs exceptionnels tirés des exigences du débat contradictoire l'imposeraient, de faire droit à une demande de report de l'audience formulée par une partie.
7. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. B a été enregistrée le 12 septembre 2022, qu'un avis d'audience lui a été communiqué le 13 septembre 2022 à 9h55, l'informant que l'affaire serait inscrite au rôle de l'audience publique du 19 septembre 2022 à 9h30. Le 14 septembre 2022, le préfet de Seine-Maritime a produit un mémoire en défense, communiqué le lendemain à 9h59 à M. B. D'une part, compte tenu du délai de quinze jours imparti au juge pour statuer en application de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B a disposé d'un délai suffisant pour prendre connaissance du mémoire en défense du préfet de la Seine-Maritime et, s'il l'estimait nécessaire, y répondre. D'autre part, M. B avait la possibilité de présenter de nouvelles observations écrites jusqu'à l'appel de l'affaire à l'audience ou, même en l'absence de son avocat et le cas échéant avec l'assistance d'un interprète, des observations orales à l'audience. Dès lors, aucun motif exceptionnel tiré des exigences du débat contradictoire n'imposait au juge de faire droit à sa demande de report de l'audience. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'irrégularité du jugement en raison de la méconnaissance du principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la légalité externe de la décision de transfert :
8. En premier lieu, aux termes du considérant 21 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 : " Il convient que les résultats positifs obtenus dans Eurodac soient vérifiés par un expert en empreintes digitales, qui ait reçu une formation, de manière à garantir la détermination exacte de la responsabilité au titre du règlement (UE) n° 604/2013, ainsi que l'identification précise du suspect ou de la victime de l'infraction pénale dont les données sont peut-être conservées dans Eurodac. " et aux termes du 4 de l'article 25 du même règlement : " Le résultat de la comparaison est immédiatement vérifié dans l'État membre de réception par un expert en empreintes digitales au sens de ses règles nationales, qui est spécialement formé pour effectuer les types de comparaison d'empreintes digitales prévus dans le présent règlement. () ".
9. Ainsi qu'en atteste le considérant 21 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, le 4 de l'article 25 du règlement (UE) a pour objet de permettre que les résultats positifs obtenus dans Eurodac soient vérifiés par un expert en empreintes digitales, ayant reçu une formation à cet effet, de manière à garantir la détermination exacte de la responsabilité au titre du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Selon l'article 2 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, cette vérification constitue pour les états membres une obligation. Toutefois, cette obligation a pour seul objet de garantir la fiabilité des résultats de la comparaison, de sorte que sa méconnaissance ne saurait affecter la régularité de la procédure de détermination de l'État responsable de l'examen de la demande d'asile lorsque la fiabilité des informations issues de la comparaison n'est pas sérieusement critiquée.
10. En l'espèce, M. B ne conteste aucune des informations issues de la comparaison de ses empreintes digitales recueillies le 6 avril 2022 avec les informations contenues dans la base de données " Eurodac ", selon lesquelles ses empreintes ont été recueillies le 12 septembre 2016 par les autorités italiennes, puis les 21 et 28 juillet 2017 et le 25 juillet 2019 par les autorités allemandes. Ces résultats sont, en outre, corroborés par les déclarations de l'intéressé lors des entretiens réalisés à la préfecture de Seine-Maritime les 23 février et 8 avril 2022 relatives à ses différents séjours dans les états membres, sa précédente demande d'asile en Allemagne et la présence de ses quatre enfants dans ce même pays. Dès lors que la fiabilité des informations issues de la comparaison des empreintes de M. B avec les informations issues de la base de données Eurodac n'est pas sérieusement contestée, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
11. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a introduit sa demande les 6 et 8 avril 2022 et que ses empreintes digitales ont été transmises à l'autorité centrale de la base de données Eurodac le 6 avril 2022. Le moyen tiré de la méconnaissance du premier alinéa du 1 de l'article 9 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 manque donc en fait.
12. En troisième lieu, l'article 29 du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 édicte une obligation d'information des demandeurs d'asile au moment où les empreintes digitales de la personne concernée sont prélevées. Le paragraphe 3 de cet article prévoit, au bénéfice des personnes concernées, la réalisation d'une brochure commune aux états membres dont le modèle figure à l'annexe X du règlement d'exécution (UE) n° 118/2014 de la Commission du 30 janvier 2014, dans laquelle figurent au moins les informations visées au paragraphe 1 du même article et celles visées à l'article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
13. À la différence de l'obligation d'information instituée par le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, qui prévoit un document d'information sur les droits et obligations des demandeurs d'asile, dont la remise doit intervenir au début de la procédure d'examen des demandes d'asile pour permettre aux intéressés de présenter utilement leur demande aux autorités compétentes, l'obligation d'information prévue par l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013, a uniquement pour objet et pour effet de permettre d'assurer la protection effective des données personnelles des demandeurs d'asile concernés, laquelle est garantie par l'ensemble des États membres relevant du régime européen d'asile commun. Le droit d'information des demandeurs d'asile contribue, au même titre que le droit de communication, le droit de rectification et le droit d'effacement de ces données, à cette protection.
14. Il s'ensuit que la méconnaissance de cette obligation d'information ne peut être utilement invoquée à l'encontre des décisions de transfert vers l'état responsable de l'examen de la demande d'asile.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
16. Il ressort des mentions figurant sur le compte-rendu de l'entretien signé par M. B que ce dernier a bénéficié le 8 avril 2022 de l'entretien individuel prévu par l'article 5 précité du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Celui-ci a été mené par un agent de la préfecture de la Seine-Maritime, lequel doit être regardé comme une personne qualifiée en vertu du droit national pour mener cet entretien qui s'est tenu en présence d'un interprète en anglais, langue que l'intéressé a déclaré comprendre. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet entretien n'aurait pas eu lieu dans des conditions garantissant la confidentialité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne de la décision de transfert :
17. Aux termes du deuxième alinéa du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entrainent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable ". D'autre part, aux termes de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Enfin, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales comme de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les états membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un état autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet état membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet état membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet état membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet état de ses obligations.
19. En l'espèce, M. B ne produit aucun document de nature à établir que la situation générale en Allemagne ne permettrait pas d'y assurer un niveau de protection suffisant aux demandeurs d'asile et que son transfert vers ce pays l'exposerait à un risque personnel de traitement inhumain ou dégradant. Il ne fournit aucune précision ni aucun élément sur le séjour qu'il a effectué en Allemagne avant de se rendre en France, sur sa durée et les difficultés qu'il y aurait rencontrées, notamment concernant son accueil ou le traitement de sa demande d'asile. Il ne ressort pas plus des pièces du dossier qu'une nouvelle demande ne serait pas traitée par les autorités allemandes ou qu'un recours ne pourrait pas le cas échéant y être introduit contre le rejet de sa précédente demande dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. De même n'est-il pas sérieusement soutenu que le transfert en Allemagne de M. B, qui déclare, au demeurant sans produire d'éléments au soutien de cette allégation, souffrir d'une hépatite B, présenterait un risque réel et avéré d'une détérioration significative et irrémédiable de son état de santé ni que son séjour en Allemagne ne lui permettrait pas d'y recevoir les traitements médicaux que son état de santé pourrait nécessiter. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision en litige serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ne peuvent qu'être écartés.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité. Il en va de même, par suite, de ses conclusions à fin d'injonction et de celles tendant à l'application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la SELARL Mary et Inquimbert.
Fait à Douai le 22 février 2023.
La présidente de la 2ème chambre
Signé : A. Seulin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
Anne-Sophie Villette
N°22DA02635
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026