mercredi 3 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-22DA02698 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KERAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une ordonnance n° 2102291 du 25 octobre 2022, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a, sur la requête présentée par la communauté de communes du territoire Nord Picardie, venant aux droits de la communauté de communes du Bernavillois (Somme), prescrit une expertise sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en vue de déterminer les causes et responsabilités des désordres affectant l'école maternelle située rue du Général Leclerc sur le territoire de la commune de Fienvillers.
La Mutuelle d'Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics (SMABTP) a demandé au juge des référés du tribunal de rendre communes et opposables aux opérations de l'expertise prescrite par l'ordonnance susvisée du 25 octobre 2022, à la société AXA France Iard en sa qualité d'assureur de la société SMAC, et de réserver les dépens.
Par une ordonnance n° 2203961 du 19 décembre 2022, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a rejeté la demande de la société SMABTP tendant à l'extension des opérations d'expertise à la société AXA France Iard.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2022, la société SMABTP, en sa qualité d'assureur de la société SMAC, demande à la cour de réformer l'ordonnance n° 2203961 du 19 décembre 2022 et d'étendre les opérations d'expertise à la société AXA France Iard.
Elle soutient que c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a considéré que l'extension des opérations d'expertise sollicitée n'était pas utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, la société MMA Iard Assurances Mutuelles et MMA Iard, représentées par la SCP Cottignies Cahitte Desmet, concluent à ce qu'il soit fait droit à la demande d'extension de l'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2023, la société Qualiconsult et la société AXA France Iard, son assureur, représentées par Me Grardel, demandent à la cour de leur donner acte de ce qu'elles émettent toutes protestations et réserves sur la demande d'extension des opérations d'expertise.
La requête a été communiquée à la société AXA France Iard en qualité d'assureur en responsabilité civile de la société SMAC, à la communauté de communes du territoire Nord Picardie, à la Mutuelle des Architectes Français, à MM. A et D, et aux sociétés SMAC et Menuiserie Charpente A, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Fienvillers a décidé d'entreprendre des travaux d'extension de l'école maternelle située rue du Général Leclerc. Elle a confié la maîtrise d'œuvre des opérations à M. D, et le lot étanchéité zinguerie a été confié à la société SMAC, assurée auprès de la société SMBATP. Par une ordonnance du 25 octobre 2022, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens, à la demande de la communauté de communes du territoire Nord Picardie, a prescrit une expertise concernant les désordres affectant l'école maternelle. La société SMABTP relève appel de l'ordonnance du 19 décembre 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'extension des opérations d'expertise à la société AXA France Iard.
Sur la demande d'extension de la mission d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Aux termes de l'article R. 532-3 du même code : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs parties ainsi désignées. () ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, lorsqu'il est saisi d'une demande d'une partie ou de l'expert tendant à l'extension de la mission de l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance ou à l'examen de questions techniques qui se révélerait indispensable à la bonne exécution de cette mission, le juge des référés ne peut ordonner cette extension qu'à la condition qu'elle présente un caractère utile. Cette utilité doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, le juge ne peut faire droit à une demande d'extension de l'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. Il appartient donc au juge des référés, saisi d'une demande d'extension d'une expertise déjà ordonnée, de rechercher si la mesure sollicitée peut être utile à la solution d'un éventuel litige, dès lors que ce litige est susceptible de relever, ne serait-ce que pour partie, de la compétence de la juridiction administrative.
4. Pour demander que les opérations d'expertise soient étendues à la société AXA France Iard, la société SMABTP, qui indique être l'assureur au titre de la garantie décennale de la société SMAC, soutient que la société AXA France Iard " aura à prendre en charge les préjudices immatériels éventuels du maître d'ouvrage " en sa qualité d'assureur de la société SMAC au titre de la responsabilité civile. Ce seul motif ne peut, en l'état de l'instruction, permettre de regarder la demande de la société SMABTP comme présentant un caractère utile. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'étendre les opérations d'expertise à la société AXA France Iard.
5. Il résulte de ce qui précède que la société SMABTP n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à ce que la société AXA France Iard soit attraite aux opérations d'expertise.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société SMABTP est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée aux sociétés Mutuelle d'Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics (SMABTP), SMAC, AXA France Iard en qualité d'assureur de la société SMAC, Qualiconsult, AXA France Iard en qualité d'assureur de la société Qualiconsult, Menuiserie Charpente A, MMA Iard en qualité d'assureur de l'entreprise A, MMA Iard Assurances Mutuelles en qualité d'assureur de M. A, à la communauté de communes du territoire Nord Picardie, à la Mutuelle des Architectes Français, à MM. Dominique D et Dominique A, et à M. C B, expert.
Fait à Douai le 3 mai 2023.
La présidente de la Cour,
Signé
Nathalie Massias
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Bénédicte Gozé
N°22DA02698
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
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Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026