lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-23DA00085 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ZAIRI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2202917 du 12 décembre 2022, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023, Mme B, représentée par Me Zouheir Zaïri, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 du préfet du Nord ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'État.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle est aussi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;
- elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle est aussi entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A B, ressortissante congolaise née le 13 mars 1998, est entrée en France le 2 octobre 2016, munie de son passeport congolais revêtu d'un visa portant la mention " étudiant ". Elle a ensuite bénéficié d'un titre de séjour " étudiant " régulièrement renouvelé jusqu'au 23 septembre 2021. Par un arrêté du 9 décembre 2021, le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure. La requérante relève appel du jugement du 12 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
3. L'arrêté attaqué décrit de manière précise la situation personnelle de Mme B, notamment son parcours universitaire et indique les dispositions de droit sur lesquelles il est fondé. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. Ensuite, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date du refus de renouvellement de son titre de séjour, après avoir validé, après redoublement, sa première année de licence " Economie et Gestion " à l'université de Lille I, Mme B avait échoué à trois reprises à valider sa deuxième année de licence " Economie et Management internationaux ". Si elle soutient que ses échecs successifs trouvent leur cause dans des difficultés d'adaptation au système universitaire français, un décès dans sa sphère familiale, la pandémie mondiale, un logement insalubre, l'obligation de travailler pour subvenir à ses besoins ou des problèmes de santé, ces circonstances, au demeurant non établies pour la plupart, ne suffisent pas à justifier l'absence de progression dans les études de l'intéressée qui n'a validé qu'une année en cinq ans de présence en France et s'est réorientée en Bachelor " gestionnaire de l'administration des ventes et de la relation commerciale " au sein d'une école de commerce pour l'année universitaire 2021-2022, après avoir passé un diplôme d'agent de prévention et de sécurité à la fin de l'année 2020. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet du Nord a estimé qu'elle ne justifiait ni d'une progression effective dans ses études, ni du caractère réel et sérieux de celles-ci.
6. Enfin, Mme B ne peut utilement se prévaloir des risques qu'elle encourrait en cas de retour en république démocratique du Congo en raison des tensions politiques et de la situation sanitaire de ce pays à l'encontre de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour qui, par elle-même, ne fixe pas le pays de destination.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet du Nord a procédé à un examen sérieux et personnalisé de la situation de Mme B avant de l'obliger à quitter le territoire français. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et d'absence d'examen sérieux et particulier de sa situation doivent être écartés.
8. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 à 6, le moyen excipant de l'illégalité de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour ne peut qu'être écarté.
9. En troisième lieu, si Mme B a régulièrement séjourné en France pendant cinq ans préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, elle est célibataire et sans charge de famille, sa mère réside toujours en république démocratique du Congo, la présence de ses sœurs sur le territoire français n'est pas établie et elle ne démontre pas avoir noué des liens d'une particulière intensité en France. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas poursuivre ses études et trouver du travail dans son pays d'origine. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale de sorte que le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
10. Enfin, Mme B ne peut utilement se prévaloir des risques qu'elle encourrait en cas de retour en République Démocratique du Congo en raison des tensions politiques et de la situation sanitaire de ce pays à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français, qui constitue une décision distincte de celle fixant le pays de destination.
Sur la décision fixant le pays de destination :
11. Si Mme B soutient que la situation politique en République Démocratique du Congo, à l'approche des élections présidentielles, crée un climat d'insécurité, elle n'établit pas qu'elle serait elle-même exposée à un risque de traitement inhumain ou dégradant en cas de retour dans son pays d'origine, où vit toujours sa mère. Le moyen tiré de ce que le préfet du Nord n'aurait pas procédé à un examen sérieux et personnalisé de sa situation avant de fixer le pays de destination, doit donc être écarté.
12. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision fixant le pays de destination. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative précité, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Douai, le 22 mai 2023.
La présidente de la 2ème chambre
Signé : A. Seulin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
Anne-Sophie Villette
N°23DA00085
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026