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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-23DA00106

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-23DA00106

lundi 6 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-23DA00106
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantQUEVREMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 3 novembre 2021 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi.

Par un jugement n° 2201017 du 4 octobre 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 janvier et 1er février 2023, M. A, représenté par Me Blandine Quevremont, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 15 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la vie privée et familiale :

2. En premier lieu, M. A, né en 1963, a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc. S'il a déclaré être entré en France avec un titre de séjour longue durée italien en 2015, il s'est ensuite maintenu irrégulièrement en France, pendant plusieurs années, jusqu'au dépôt d'une demande de titre de séjour en août 2018 puis, après le rejet de cette demande en avril 2020, jusqu'au dépôt d'une nouvelle demande de titre de séjour en juin 2021.

3. En deuxième lieu, si M. A s'est marié au Maroc en 2009 avec une compatriote, s'il a d'abord vécu avec elle en Italie, si Mme A, entrée en France en 2011, a une carte de séjour pluriannuelle et si trois enfants sont nés de cette union, M. et Mme A ont été séparés de 2011 à 2015, le regroupement familial n'a pas été demandé en 2015, l'existence d'une vie commune et d'une contribution de M. A à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, à la date de l'arrêté, ne ressort pas des pièces du dossier, il n'est pas démontré que Mme A avait un emploi à cette même date et la cellule familiale peut se reconstituer au Maroc où les enfants, de nationalité marocaine, pourront poursuivre leur scolarité.

4. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé les articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. La présente ordonnance n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

8. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Blandine Quevremont.

Copie en sera transmise pour information au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Douai, le 6 mars 2023.

Le président de la 1ère chambre,

Signé:

Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Christine Sire

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