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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-23DA00482

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-23DA00482

mardi 13 juin 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-23DA00482
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantQUEVREMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination et d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours dans l'attente du réexamen de sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte journalière de cinquante euros.

Par un jugement n° 2202394 du 6 décembre 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2023, M. B représenté par Me Blandine Quévremont demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " étudiant " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir et dans l'attente de ce réexamen de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, le tout sous astreinte journalière de 100 euros ;

4°) de mettre la somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- il ne s'est pas maintenu irrégulièrement sur le territoire français ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les articles 6-5 de l'accord franco-algérien et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

-il s'en rapporte pour le surplus à ses écritures de première instance.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ". Aux termes du dernier alinéa du même article : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () (), les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5°et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une des dispositions des 1° à 7°. ".

2. M. B, ressortissant algérien né le 4 janvier 2003, déclare être entré en France en mars 2018. Il relève appel du jugement du 6 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

4. En premier lieu, M. B est entré sur le territoire français le 14 mars 2018 et s'y est maintenu après l'expiration de son visa. Il indique être arrivé mineur, accompagné de ses parents et, avoir sollicité un titre de séjour le 19 janvier 2022, soit quinze jours après être devenu majeur. M. B n'avait pas besoin d'un titre de séjour pour se maintenir en France durant sa minorité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision de refus de séjour s'il n'avait pas mentionné le maintien de l'appelant en France " depuis quelques années en situation irrégulière ". Le moyen tiré d'une erreur commise par le préfet doit être écarté.

5. En second lieu, M. B met en avant sa scolarisation en lycée professionnel puis ensuite en BTS, ses bons résultats scolaires et le fait qu'un retour en Algérie pour obtenir un visa risquerait de l'empêcher de poursuivre son BTS électrotechnique. Il indique être intégré et avoir noué des liens en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, à la date de l'arrêté, il n'avait pas encore entamé sa formation en BTS puisqu'il indiquait, dans ses écritures de première instance, qu'il allait passer son Bac en juin 2022. D'autre part, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a, à bon droit, analysée comme présentée sur le fondement de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien, puisque les dispositions de cet accord régissent la délivrance des titres de séjour aux ressortissants algériens. Or, M. B est célibataire et sans enfant. Le préfet opposait, en première instance, qu'il n'alléguait ni n'établissait que ses parents séjourneraient régulièrement en France et il se bornait à mentionner, dans ses écritures de première instance, vivre en France avec ses parents et sa sœur. Il indiquait en revanche que ses oncles et tantes étaient légalement présents sur le territoire français. Par ailleurs, il n'y a pas d'obstacle à ce qu'il poursuive sa formation dans son pays d'origine. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs des décisions. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 6 - 5° de l'accord franco-algérien et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de l'appelant doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Blandine Quévremont.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Douai le 13 juin 2023.

La présidente de la 3ème chambre,

Signé : G. Borot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

Anne-Sophie Villette

1

N°23DA0048

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