mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-23DA00533 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CALOT-FOUTRY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour.
Par une ordonnance n° 2300276 du 13 mars 2023, le vice-président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 mars 2023 et le 17 novembre 2023, Mme B, représentée par Me Calot-Foutry, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler cette ordonnance du 13 mars 2023 ;
2°) de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif d'Amiens pour qu'il y soit statué au fond ;
3°) de mettre les frais d'instance à la charge de l'Etat.
Elle soutient que sa demande présentée devant le tribunal administratif d'Amiens est recevable dès lors que, répondant à l'invitation à régulariser adressée par le greffe de cette juridiction, elle a justifié de l'envoi d'une demande de titre de séjour à la préfecture de l'Oise et, par conséquent, de l'existence d'une décision implicite de rejet.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2024, la préfète de l'Oise conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la cour prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions de cette requête.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Guérin-Lebacq, président-assesseur a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante de la République démocratique du Congo née le 9 février 1965, a saisi le tribunal administratif d'Amiens afin d'obtenir l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par la préfète de l'Oise sur sa demande de titre de séjour présentée en qualité d'ascendant d'un ressortissant français. Par une ordonnance du 13 mars 2023, dont Mme B relève appel, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable sur le fondement du 4° de
l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur le bien-fondé de l'ordonnance attaquée :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " () dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à
l'article R. 611-7 ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
4. Les requêtes manifestement irrecevables qui peuvent être rejetées par ordonnance en application de ces dernières dispositions sont, d'une part, celles dont l'irrecevabilité ne peut en aucun cas être couverte, d'autre part, celles qui ne peuvent être régularisées que jusqu'à l'expiration du délai de recours, si ce délai est expiré et, enfin, celles qui ont donné lieu à une invitation à régulariser, si le délai que la juridiction avait imparti au requérant à cette fin, en l'informant des conséquences qu'emporte un défaut de régularisation comme l'exige l'article R. 612-1 du code de justice administrative, est expiré.
5. Le vice-président du tribunal administratif d'Amiens a rejeté la demande présentée par Mme B comme manifestement irrecevable au motif que, malgré un courrier du greffe dont elle avait accusé réception le 1er février 2023, l'intéressée n'a pas justifié du dépôt de sa demande de titre de séjour auprès de la préfecture de l'Oise et, par conséquent, de l'existence d'une décision rejetant implicitement cette demande, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti par le courrier précité. Toutefois, il ressort du dossier de première instance que, par un courrier du 10 février 2023, reçu par le greffe du tribunal administratif le 23 février suivant, Mme B a communiqué à la juridiction les éléments demandés, dont la demande de titre de séjour datée du 14 décembre 2021, la preuve de dépôt, le 14 février 2022, d'un envoi de cette demande par voie de lettre recommandée, et l'accusé de réception de cet envoi, daté du 15 février 2022. Contrairement à ce que soutient la préfète de l'Oise, la requérante avait ainsi justifié de l'existence d'une décision administrative à la date à laquelle le vice-président du tribunal administratif a statué sur sa demande d'annulation, le 13 février 2023, de telle sorte que cette demande ne pouvait plus être rejetée comme manifestement irrecevable. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le vice-président du tribunal administratif a rejeté sa demande sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Si la préfète de l'Oise indique qu'une réponse sera apportée à Mme B dès réception de sa demande, une telle circonstance n'a pas pour effet de priver le présent litige de son objet. Eu égard aux conclusions dont Mme B a saisi la cour, il y a lieu de la renvoyer devant le tribunal administratif d'Amiens pour qu'il soit statué sur sa demande.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Si Mme B demande que les frais d'instance soient mis à la charge de l'Etat, elle n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. En outre, son avocate ne demande pas que lui soit versée la somme correspondant aux frais exposés qu'elle aurait réclamée à sa cliente si celle-ci n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis une somme, au demeurant non chiffrée, à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : L'ordonnance du vice-président du tribunal administratif d'Amiens n° 2300276 du 13 mars 2023 est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée devant le tribunal administratif d'Amiens pour qu'il soit statué sur la demande de Mme B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions aux fins
de non-lieu de la préfète de l'Oise sont rejetés.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Stéphanie Calot-Foutry.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience publique du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Marie-Pierre Viard, présidente de chambre,
- M. Jean-Marc Guérin-Lebacq, président-assesseur,
- M. Frédéric Malfoy, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 avril 2024.
Le président-rapporteur,
Signé : J.-M. Guérin-LebacqLa présidente de chambre,
Signé : M.-P. Viard
Le greffier,
Signé : F. Cheppe
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme,
Le greffier
F. Cheppe
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026