jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-23DA01032 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LUTRAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté en date du 4 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et d'enjoindre au préfet de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant ce réexamen dans un délai de sept jours.
Par un jugement n° 2300266 du 26 mai 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a annulé l'arrêté du 4 janvier 2023 et a enjoint au préfet du Nord de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme C le temps de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement et a rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par deux requêtes, enregistrées sous les n° 23DA01032 et 23DA01033 le 5 juin 2023, le préfet du Nord demande à la cour, respectivement, d'annuler ce jugement et d'ordonner son sursis à exécution.
Il soutient, dans ces deux requêtes, qu'il n'a pas méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Les requêtes ont été communiquées à Mme C, représentée par Me Lutran, qui n'a pas produit de mémoires.
Mme C s'est vu maintenir le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 31 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 22DA01032 et n° 23DA01033 présentées par le préfet du Nord présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
2. Mme A C, née le 10 octobre 1999 à Alger, qui déclare être entrée en France le 31 mai 2021, a vu sa demande d'asile rejetée le 15 juin 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et son recours tendant à l'annulation de cette décision rejetée par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 11 octobre 2022 notifiée le 26 octobre 2022. Par un jugement n° 2300266 du 26 mai 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a annulé l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a enjoint au préfet du Nord de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme C le temps de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement. Le préfet du Nord fait appel de ce jugement et demande, par ailleurs, qu'il soit sursis à exécution.
Sur la requête à fin d'annulation du jugement attaqué :
3. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () 7° () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
4. Il résulte du jugement attaqué que le premier juge a fait droit à la demande d'annulation de l'arrêté du 4 avril 2023 du préfet du Nord en litige au motif que ce dernier méconnaissait les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors que, en conséquence du jugement n° 2300263 du même jour du tribunal administratif de Lille, lequel prononce l'annulation de l'arrêté en date du 4 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord a obligé M. B, conjoint de Mme C, à quitter le territoire, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de son éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, cette décision conduisait à priver les deux enfants mineurs de Mme C de la présence de leur père ou de leur mère. Or, le préfet du Nord n'a pas fait appel du jugement n° 2300263 du 26 mai 2023 du tribunal administratif de Lille, lequel est ainsi devenu définitif. Par suite, le préfet du Nord n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lille a annulé l'arrêté du 4 juin 2023 en litige, au regard des motifs qu'il a retenus.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête n° 23DA01032 est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur la requête tendant au sursis à exécution du jugement :
6. Aux termes des quatre premiers alinéas de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ".
7. Dès lors que la présente ordonnance se prononce sur la requête présentée par le préfet du Nord tendant à l'annulation du jugement n° 2300266 du 26 mai 2023 du tribunal administratif de Lille, la requête n° 23DA01033 par laquelle le préfet du Nord demande à la cour de prononcer le sursis à l'exécution de ce jugement est devenue sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 23DA01032 du préfet du Nord est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 23DA0133 du préfet du Nord.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet du Nord, à Mme A C et à Me Lutran.
Fait à Douai le 26 octobre 2023.
Le président de la 2ème chambre
Signé : T. SORIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
Anne-Sophie Villette
N°23DA01032,23DA01033
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026