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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-23DA01428

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-23DA01428

lundi 25 septembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-23DA01428
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGIRSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 6 septembre 2022 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.

Par un jugement n° 2207481 du 9 mai 2023, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2023, M. A, représenté par Me Pauline Girsch, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 29 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur l'examen de la situation :

2. Il ressort de la motivation de l'arrêté que le préfet a procédé, pour toutes ses décisions, à un examen sérieux et particulier des éléments relatifs à la situation de l'intéressé alors portés à sa connaissance.

Sur le sérieux des études :

3. M. A est entré en France avec un visa long séjour en août 2017, a obtenu un titre de séjour " étudiant " jusqu'en septembre 2021 et a validé sa première année à l'université d'Artois en " économie gestion " en 2017/2018.

4. Toutefois, d'une part, M. A n'a pas validé sa deuxième année en 2018/2019. Après l'avoir redoublée, il a été ajourné mais autorisé à composer avec des moyennes de 8,94 et 8,981 sur 20 en 2019/2020. En troisième année, il a été à nouveau ajourné mais autorisé à composer avec des moyennes de 9,383 sur 20 en 2020/2021 puis de 9,233 et 9,382 sur 20 en 2021/2022. Sa deuxième année d'université n'est toujours pas validée.

5. D'autre part, si M. A s'est simultanément inscrit dans une école de management à Lille, il n'a obtenu qu'une moyenne de 10,14/20 en 2020/2021 et n'a pas produit à l'instance son bulletin scolaire de 2021/2022.

6. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation et n'a pas violé l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la vie privée et familiale :

7. M. A, né en juin 2000, a vécu la majeure partie de sa vie en Côte d'Ivoire où résident ses parents. Il est célibataire sans enfant. Il a été interpellé pour des faits d'escroquerie commis en récidive du 28 au 30 janvier 2019 et du 4 au 5 mars 2019. S'il vit avec son frère né en juin 2006 qui est scolarisé et si le tribunal de première instance d'Abidjan a délégué à M. A l'autorité parentale sur son frère en juin 2022, cet adolescent peut accompagner M. A dans le pays dont il a la nationalité et y poursuivre sa scolarité.

8. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les autres moyens :

9. Si l'appelant soutient que l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte, de défaut de motivation et de violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.

10. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

11. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

12. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution pour l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

13. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Pauline Girsch.

Fait à Douai, le 25 septembre 2023.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Nathalie Roméro

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