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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-23DA01720

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-23DA01720

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-23DA01720
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation2e chambre - formation à 3
Avocat requérantVERHAEGHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme E A, Mme D A et Mme F B ont demandé au tribunal administratif de Rouen de condamner le groupe hospitalier du Havre à les indemniser des préjudices qu'elles ont subis du fait des fautes commises lors de la prise en charge de la jeune C A G, ayant conduit au décès de celle-ci le 23 avril 2013.

Par un jugement n° 2101743-2101744-2101746 du 6 juillet 2023, le tribunal administratif de Rouen a condamné le groupe hospitalier du Havre à verser une somme de 22 138,40 euros à Mme E A, une somme de 2 500 euros à Mme D A et une somme de 2 500 euros à Mme F B. En outre, il a condamné le groupe hospitalier du Havre à verser à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Havre une somme de 3 540,36 euros au titre de ses débours et une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. Enfin, il a rejeté les conclusions des parties pour le surplus.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août 2023 et 25 avril 2024, Mmes A et B, représentées par Me Verhaeghe, demandent à la cour :

1°) de réformer ce jugement en tant qu'il a limité leur indemnisation aux montants précités ;

2°) concernant Mme E A, à titre principal, d'ordonner une expertise médicale, à titre subsidiaire, de porter le montant de son indemnisation par le groupe hospitalier du Havre à 132 999,15 euros et, à titre infiniment subsidiaire, de le porter à 40 000 euros ;

3°) concernant Mme F B et Mme D A, de porter le montant de leurs indemnisations par le groupe hospitalier du Havre à 25 000 euros chacune ;

4°) de mettre à la charge du groupe hospitalier du Havre, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 3 000 euros à verser à leur conseil désigné au titre de l'aide juridictionnelle.

Elles soutiennent que :

- le préjudice d'affection de Mme E A doit être évalué à 40 000 euros ; en effet, elle désirait un enfant depuis longtemps ; son préjudice a été aggravé par le caractère soudain du décès de l'enfant, qui ne présentait pas de difficultés particulières en dehors de la symptomatologie liée à sa naissance précoce ;

- l'indemnisation allouée au titre des frais funéraires doit inclure les frais qu'elle compte exposer pour l'édification d'un monument funéraire sur la tombe de sa fille et, par suite, être portée à 7 730,40 euros ;

- elle subit en outre des préjudices résultant d'un deuil pathologique dont l'évaluation justifie l'organisation d'une expertise médicale contradictoire et dont elle est recevable à demander l'indemnisation pour la première fois en appel dès lors qu'ils n'étaient pas connus dans toute leur ampleur en première instance ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à solliciter à ce titre les indemnités suivantes : 15 268,75 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 15 000 euros au titre des souffrances endurées, 2 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 35 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 2 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent et 15 000 euros au titre du préjudice d'établissement ;

- le préjudice d'affection de Mme B, mère de Mme E A, doit être évalué à 25 000 euros ; en effet, elle est très proche de sa fille et se réjouissait de la naissance de son premier enfant ; l'établissement n'a fait preuve d'aucune considération et lui a même demandé de se rendre en urgence à Fécamp pour obtenir l'acte de naissance de l'enfant ; elle a soutenu sa fille au quotidien dans le cadre de son deuil ; l'assureur de l'établissement avait proposé une indemnité de 4 000 euros, supérieure à celle accordée par le tribunal ;

- le préjudice d'affection de Mme D A, sœur de Mme E A, doit être évalué à 25 000 euros ; en effet, elle est très proche de sa sœur et se réjouissait de la naissance de son premier enfant ; elle a soutenu sa sœur dans son épreuve ; elle a différé son projet de seconde grossesse pour ne pas blesser sa sœur ; elle conserve une anxiété à chaque fois qu'elle doit se rendre dans l'établissement où son propre enfant est suivi médicalement et où il lui est arrivé de recroiser dans ce cadre l'infirmière à l'origine du décès de sa nièce.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2024, le groupe hospitalier du Havre, représenté par le cabinet Le Prado - Gilbert, conclut au rejet de la requête d'appel de Mmes A et B.

Il soutient que :

- les demandes des appelantes sont irrecevables en tant qu'elles excèdent celles formulées en première instance et alors que toutes les conséquences du décès de l'enfant étaient connues lorsque la requête devant le tribunal administratif a été déposée ;

- le préjudice d'affection de Mme E A a fait l'objet d'une juste appréciation par l'allocation d'une indemnité de 20 000 euros ;

- l'expertise sollicitée aux fins d'évaluer les préjudices liés à un deuil pathologique, invoqué pour la première fois plus de dix ans après les faits, n'est pas utile à la résolution du litige ;

- en tout état de cause, la réalité des préjudices invoqués par Mme E A n'est pas établie, pas plus que leur lien avec le fait dommageable ;

- à titre subsidiaire, ils ne sauraient justifier des indemnités excédant les montants suivants : 6 107,50 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, 1 000 euros s'agissant des souffrances endurées, 1 000 euros s'agissant du préjudice esthétique temporaire, 20 000 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent et 1 000 euros s'agissant du préjudice esthétique permanent ;

- il n'y a pas lieu de majorer l'indemnité allouée au titre des frais funéraires dès lors que la simple production d'un devis n'est pas suffisante pour établir la réalité de la somme déboursée et que les frais présentant un caractère excessif ne peuvent être pris en compte ;

- le préjudice d'affection de Mme B a fait l'objet d'une juste appréciation par l'allocation d'une indemnité de 2 500 euros ;

- le préjudice d'affection de Mme D A a fait l'objet d'une juste appréciation par l'allocation d'une indemnité de 2 500 euros alors en particulier que, dans les circonstances de l'espèce, aucun lien d'affection n'existait entre elle et l'enfant décédé et que la peine ressentie par empathie pour sa sœur et les désagréments causés par le fait d'avoir été amenée à croiser l'infirmière fautive ne présentent pas un caractère indemnisable.

La requête et l'ensemble des pièces de la procédure ont été communiqués à la CPAM du Havre qui, par un courrier enregistré au greffe de la cour le 13 février 2024, a déclaré ne pas vouloir intervenir dans le cadre de la procédure d'appel.

Mmes A et B ont été admises au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 5 octobre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Toutias, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Regnier, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A, née le 7 juillet 1986, a accouché, le 21 avril 2013 au centre hospitalier de Fécamp, d'une petite fille, C A G, au terme de vingt-huit semaines d'aménorrhée. L'enfant a été transférée le jour même dans le service de réanimation néonatale du groupe hospitalier du Havre compte-tenu de sa grande prématurité. A la suite du remplacement d'un cathéter et la mise en place d'une poche de perfusion dans la journée du 22 avril 2013, l'état de santé de l'enfant s'est dégradé. Elle a subi deux arrêts cardiaques à 4 h 40 et 10 h 25 le 23 avril 2013, date et heure de son décès.

2. L'information judiciaire ouverte à la suite de ce décès, notamment l'expertise ordonnée par le juge d'instruction, a mis en évidence une erreur commise par un membre du personnel paramédical de l'établissement lors de la mise en place de la perfusion. Par un jugement du tribunal correctionnel du Havre du 16 octobre 2017, confirmé par un arrêt de la cour d'appel de Rouen du 13 mai 2019, cette agent a été condamnée à huit mois d'emprisonnement avec sursis. La juridiction pénale s'est en revanche déclarée incompétente, au profit des juridictions administratives, pour connaitre des demandes indemnitaires des parties civiles, parmi lesquelles figuraient Mme E A, Mme F B, sa mère et grand-mère de l'enfant décédée, et Mme D A, sa sœur et tante de l'enfant.

3. Par un courrier du 6 janvier 2021, réceptionné le 11 janvier suivant, les intéressées ont saisi le groupe hospitalier du Havre d'une demande indemnitaire préalable. Le 9 mars 2021, la société hospitalière d'assurance mutuelle, assureur de l'établissement, leur a adressé une offre d'indemnisation qu'elles ont refusée. Par un jugement du 6 juillet 2023, le tribunal administratif de Rouen, saisi par les intéressées, a partiellement fait droit à leurs demandes indemnitaires en condamnant le groupe hospitalier du Havre à verser une somme de 22 138,40 euros à Mme E A, une somme de 2 500 euros à Mme D A et une somme de 2 500 euros à Mme B. En outre, il a condamné l'établissement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Havre une somme de 3 540,36 euros au titre de ses débours et une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

4. Mmes A et Mme B relèvent appel de ce jugement en tant qu'il limite leurs indemnisations aux montants précités. Elles demandent à la cour, d'une part, d'ordonner une expertise complémentaire aux fins d'établir et évaluer les préjudices personnels subis par Mme E A du fait du deuil pathologique qu'elle a traversé à la suite du décès fautif de sa fille et, d'autre part, de réévaluer en tout état de cause les montants de leurs indemnités en les portant, s'agissant de Mme E A, à 132 999,15 euros ou à tout le moins à 40 000 euros et, s'agissant de Mme B et Mme D A, à 25 000 euros chacune. En défense, le groupe hospitalier du Havre conclut au rejet de la requête d'appel, sans former d'appel incident contre le jugement. La CPAM du Havre a déclaré ne pas vouloir intervenir et se satisfaire du jugement attaqué pour ce qui la concerne.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

En ce qui concerne la responsabilité du groupe hospitalier du Havre :

5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I.- Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu pour la cour, par adoption des motifs exposés aux points 5 et 6 du jugement attaqué, de retenir que l'erreur commise lors de la mise en place de la perfusion, dont le débit n'a pas été contrôlé, ce qui a conduit à un apport hydrique excessif à l'origine des arrêts cardiaques de la jeune C et de son décès le 23 janvier 2013, engage la responsabilité fautive du groupe hospitalier du Havre, ce que celui-ci n'a au demeurant jamais contesté.

En ce qui concerne la liquidation des préjudices :

S'agissant des préjudices de Mme E A, mère de l'enfant décédée :

Quant au préjudice d'affection :

7. Mme E A est fondée à demander à être indemnisée du préjudice d'affection qu'elle a subi du fait du décès de sa fille, qui est intervenu à 57 heures de sa naissance et qui a présenté un caractère soudain et imprévisible dès lors que l'état de santé de l'enfant n'était pas particulièrement préoccupant et que le décès est exclusivement imputable à une erreur d'inattention commise par un personnel paramédical lors d'un acte pourtant courant. Ainsi, compte tenu des circonstances traumatisantes dans lesquelles se sont produits non seulement l'erreur commise au groupe hospitalier du Havre mais aussi le décès de son enfant, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par Mme E A en lui allouant la somme de 25 000 euros.

Quant aux préjudices résultant du deuil pathologique :

8. Mme E A demande pour la première fois en appel l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'affection dépressive qu'elle a développée à la suite des faits litigieux. Toutefois, pour justifier de son état dépressif, de sa durée et de ses conséquences sur son existence, l'intéressée n'apporte qu'un certificat d'un médecin généraliste daté du 8 juillet 2014 faisant état de manière peu circonstanciée d'un " problème de dépression " caractérisé notamment par " des pleurs " et " insomnies ". Si elle produit également un rapport d'expertise non contradictoire, établi à son initiative par un médecin psychiatre le 17 mars 2024, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait fourni davantage d'éléments médicaux à ce professionnel de santé. En particulier, sur la période de plus de dix années qui s'est écoulée depuis le décès de l'enfant, il n'est justifié d'aucune consultation auprès de médecins spécialistes, ni d'aucune prescription d'un traitement spécifique. Dans ces conditions, et sans nier la réalité du deuil et son caractère traumatisant, les éléments apportés par Mme E A n'établissent pas que ce deuil ait présenté un caractère pathologique et qu'elle ait subi une atteinte à son intégrité physique et psychique à l'origine de préjudices distincts du préjudice d'affection déjà indemnisé au point précédent. Dès lors, les préjudices qu'elle invoque à ce titre ne peuvent être regardés comme établis et elle n'est pas fondée en demander l'indemnisation. Par suite, il n'y a pas lieu d'ordonner la mesure d'expertise qu'elle sollicite uniquement aux fins de chiffrer ces prétendus préjudices.

Quant aux frais funéraires :

9. Il résulte de l'instruction que Mme E A s'est acquittée d'une facture de 2 138,40 euros de l'entreprise de pompes funèbres ayant assuré l'inhumation de sa fille, dont elle est fondée à demander le remboursement. Elle n'établit pas en revanche avoir effectivement exposé des frais en vue de l'installation d'un monument funéraire sur la tombe mais justifie pour la première fois en appel avoir signé, le 21 avril 2024, le bon de commande d'une entreprise de pompes funèbres et marbrerie pour des travaux en ce sens, dont la réception est prévue en novembre 2024 et dont le montant s'établit à 4 016 euros toutes taxes comprises, ce qui ne présente pas un caractère excessif ou somptuaire. Dès lors, il sera fait une exacte évaluation du préjudice financier qu'elle a subi en lui allouant dans l'immédiat une indemnité de 2 138,40 euros et en condamnant le groupe hospitalier du Havre à lui rembourser, sur présentation des justificatifs et dans la limite d'un montant de 4 016 euros, les frais liés à l'installation d'un monument funéraire dont elle se sera effectivement acquittée.

S'agissant des préjudices de Mme B, grand-mère de l'enfant décédée :

10. Mme B est fondée à demander à être indemnisée du préjudice d'affection qu'elle a subi du fait du décès de sa petite-fille, lequel est intervenu deux jours seulement après sa naissance, et du retentissement que celui-ci a emporté pour sa propre fille, à savoir Mme E A. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection qu'elle a subi en lui allouant la somme de 2 500 euros.

S'agissant des préjudices de Mme D A, tante de l'enfant décédée :

11. Dans les circonstances de l'espèce, Mme D A se bornant à reproduire les mêmes arguments et pièces qu'en première instance et le groupe hospitalier du Havre ne contestant ni sa condamnation ni le montant de celle-ci, il y a lieu pour la cour de confirmer l'indemnité de 2 500 euros allouée par les premiers juges au titre du préjudice d'affection subi par Mme D A, par adoption des motifs exposés au point 9 du jugement attaqué.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin, pour les motifs exposés au point 8, d'ordonner la mesure d'expertise sollicitée par Mme E A, que le groupe hospitalier du Havre doit être condamné à verser, au titre des préjudices qu'elles ont personnellement subis en qualité de victimes indirectes de la faute ayant conduit au décès de la jeune C A G le 23 avril 2013, une somme de 27 138,40 euros à Mme E A, une somme de 2 500 euros à Mme B et une somme de 2 500 euros à Mme D A. Il doit en outre être condamné à rembourser à Mme E A, sur présentation des justificatifs et dans la limite d'un montant de 4 016 euros, les frais liés à l'installation d'un monument funéraire dont elle se sera effectivement acquittée. Il s'ensuit que Mmes A et B sont seulement fondées à demander la réformation du jugement attaqué en tant qu'il limite à 22 138,40 euros l'indemnisation due à Mme E A. Le montant des indemnités ainsi accordées restant inférieur aux conclusions indemnitaires chiffrées en première instance, il n'y a pas lieu de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le groupe hospitalier du Havre, tirée de l'irrecevabilité de la majoration à laquelle les intéressées ont procédé en appel.

Sur les frais liés au litige :

13. Mmes A et B ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Verhaeghe, avocate de Mmes A et B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge du groupe hospitalier du Havre le versement à Me Verhaeghe de la somme de 2 000 euros.

DÉCIDE :

Article 1er : La somme de 22 138,40 euros que le groupe hospitalier du Havre a été condamné à verser à Mme E A est portée à 27 138,40 euros (vingt-sept-mille-cent-trente-huit euros et quarante centimes).

Article 2 : Le groupe hospitalier du Havre est condamné à rembourser à Mme E A, sur présentation des justificatifs et dans la limite d'un montant de 4 016 euros (quatre-mille-seize euros), les frais liés à l'installation d'un monument funéraire sur la tombe de C A G dont elle se sera effectivement acquittée.

Article 3 : Le jugement n° 2101743-2101744-2101746 du 6 juillet 2023 du tribunal administratif de Rouen est réformé en ce qu'il a contraire au présent arrêt.

Article 4 : Le groupe hospitalier du Havre versera à Me Verhaeghe une somme de 2 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Verhaeghe renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à Mme E A, à Mme F B, à Mme D A, au groupe hospitalier du Havre, à la caisse primaire d'assurance maladie du Havre et à Me Verhaeghe.

Délibéré après l'audience publique du 24 septembre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Benoît Chevaldonnet, président de chambre,

- M. Laurent Delahaye, président-assesseur,

- M. Guillaume Toutias, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé : G. ToutiasLe président de chambre,

Signé : B. Chevaldonnet

La greffière,

Signé : A-S. Villette

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

par délégation,

La greffière

N°23DA01720

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