jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA00302 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 4e chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | DANSET-VERGOTEN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler la décision du 26 février 2021 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui a fait obligation de restituer sa carte nationale d'identité.
Par un jugement no 2102555 du 1er décembre 2023, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. B, représenté par Me Danset-Vergoten, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer l'annulation de la décision contestée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée au regard de l'exigence posée par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisamment attentif de sa situation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut, à titre principal, à ce que la cour constate que la requête est dépourvue d'objet et qu'il n'y a pas lieu d'y statuer, à titre subsidiaire, au rejet de cette requête.
Il soutient que :
- la requête de M. B est dépourvue d'objet, l'intéressé ne pouvant plus prétendre à une reconnaissance de la nationalité française et ne pouvant que restituer la carte d'identité qui lui a été indûment délivrée ;
- cette requête est irrecevable comme tardive.
Par une décision du 21 mars 2024, M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 66-945 du 20 décembre 1966 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'ordonnance n° 62-825 du 21 juillet 1962 ;
- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jean-François Papin, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Jean-Philippe Arruebo-Mannier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur l'objet du litige :
1. M. A B, né le 24 avril 1957 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), a obtenu, le 9 mai 2018, la délivrance d'une carte nationale d'identité. Cependant, l'administration ayant, à l'issue d'un nouvel examen de la situation de l'intéressé, estimé que ce titre lui avait été indûment délivré, dès lors qu'il devait être regardé comme ayant perdu la nationalité française le 1er janvier 1963, le préfet du Pas-de-Calais lui a demandé, par un courrier daté du 7 août 2019, de lui restituer ce titre. M. B ayant formé, par son conseil, un recours gracieux contre cette décision, le préfet du Pas-de-Calais lui a, par un courrier du 26 février 2021, fait connaître qu'il ne donnait pas une suite favorable à son recours et que, dans le cas où il ne se présenterait pas personnellement à la préfecture afin de restituer sa carte nationale d'identité, M. B s'exposerait à une inscription au fichier des personnes recherchées pour obtention indue d'un titre d'identité. M. B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler la décision contenue dans ce dernier courrier. Il relève appel du jugement du 1er décembre 2023 par lequel ce tribunal, après avoir regardé sa demande comme dirigée également contre la décision contenue dans le courrier du 7 août 2019 du préfet du Pas-de-Calais, l'a rejetée.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le préfet du Pas-de-Calais :
2. Si le préfet du Pas-de-Calais soutient que la requête de M. B a perdu son objet, il n'avance aucun élément au soutien de cette assertion et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que les décisions contestées auraient été retirées en cours d'instance d'appel, ni que l'administration aurait, par un acte pris au cours de cette instance, décidé de faire droit aux prétentions de l'intéressé. Dès lors, l'exception de non-lieu opposée par le préfet du Pas-de-Calais doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité des décisions contestées :
3. En premier lieu, la décision contestée du 26 février 2021 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de faire droit au recours gracieux formé par M. B, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent ce refus et la décision de cette autorité prescrivant la restitution, par l'intéressé, de sa carte d'identité, à savoir que celui-ci, originaire d'Algérie et mineur de six ans lors de l'accession de ce pays à l'indépendance, a suivi la condition de son parent, de statut civil de droit local et devant, afin de conserver la nationalité française, souscrire la déclaration récognitive prévue à l'article 2 de l'ordonnance n°62-825 du 21 juillet 1962, et qu'il n'a fourni aucune preuve de la conservation, au 1er janvier 1963, de la nationalité française qui lui avait été attribuée au jour de sa naissance en France le 24 avril 1957.
4. Par ailleurs, la décision initialement prise par le préfet du Pas-de-Calais le 7 août 2019 afin de prescrire la restitution, par l'intéressé, de sa carte d'identité et ayant fait l'objet du recours gracieux introduit par M. B comporte, elle aussi, dans des termes proches de ceux exposés ci-dessus et suffisamment précis pour permettre à l'intéressé de les comprendre et de les contester utilement, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde.
5. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions au regard de l'exigence posée par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment de ce qui vient d'être dit aux points précédents, que le préfet du Pas-de-Calais ne se serait pas livré à un examen particulier suffisamment attentif de la situation de M. B avant de prendre les décisions contestées.
7. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 19-3 du code civil : " Est français l'enfant né en France lorsque l'un de ses parents au moins y est lui-même né. ". En outre, aux termes de l'article 30 du même code : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants. ".
8. Par ailleurs, aux termes de l'article 2 modifié du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité : " La carte nationale d'identité est délivrée sans condition d'âge à tout Français qui en fait la demande. / Elle est délivrée ou renouvelée par le préfet ou le sous-préfet. / () ". Enfin, aux termes de l'article 4 du même décret : " () / II.- La preuve de la nationalité française du demandeur peut être établie à partir de l'extrait d'acte de naissance mentionné au c du I portant en marge l'une des mentions prévues aux articles 28 et 28-1 du code civil. / () / Lorsque l'extrait d'acte de naissance mentionné à l'alinéa précédent ne suffit pas à établir la nationalité française du demandeur, la carte nationale d'identité est délivrée sur production de l'une des pièces justificatives mentionnées aux articles 34 ou 52 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 modifié relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française. / Lorsque les documents mentionnés aux alinéas précédents ne suffisent pas à établir sa nationalité française, le demandeur peut justifier d'une possession d'état de Français de plus de dix ans. / Lorsque le demandeur ne peut produire aucune des pièces prévues aux alinéas précédents afin d'établir sa qualité de Français, celle-ci peut être établie par la production d'un certificat de nationalité française. ".
9. D'autre part, les incidences sur l'obtention de la nationalité française de l'accès de l'Algérie à l'indépendance ont été déterminées par l'ordonnance du 21 juillet 1962 relative à certaines dispositions concernant la nationalité française. En vertu de l'article 1er de cette ordonnance, les Français de statut civil de droit commun domiciliés en Algérie à la date de l'annonce officielle des résultats du scrutin d'autodétermination conservaient la nationalité française quelle qu'était leur situation au regard de la nationalité algérienne. S'agissant des personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie, l'article 2 de la même ordonnance prévoyait que ceux-ci et leurs enfants pouvaient, en France, se faire reconnaître la nationalité française selon les dispositions du titre VII du code de la nationalité française et que, à compter du 1er janvier 1963, ces personnes ne pourraient obtenir cette reconnaissance que dans les conditions prévues à l'article 156 de ce code.
10. Cette ordonnance a été modifiée par la loi du 20 décembre 1966, dont l'article 1er a prévu que celle-ci cesserait d'être applicable à l'expiration d'un délai de trois mois suivant la publication de cette loi, intervenue le 21 décembre 1966. Selon le même article, les personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie qui n'ont pas souscrit, à cette date, la déclaration prévue à l'article 152 du code de la nationalité sont réputées avoir perdu la nationalité française au 1er janvier 1963. Ce même article 1er précise cependant que les personnes de statut civil de droit local, originaires d'Algérie, conservent de plein droit la nationalité française si une autre nationalité ne leur a pas été conférée postérieurement au 3 juillet 1962. Par ailleurs, les articles 4 et 5 de la même loi prévoyaient, respectivement, que les enfants mineurs de dix-huit ans, à la date de publication de cette loi, de personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie et qui avaient été élevés ou recueillis en France, pouvaient se faire reconnaître la nationalité française jusqu'à l'accomplissement de leur dix-huitième année, si le parent dont ils suivaient la condition n'avait pu, en raison des circonstances, souscrire de déclaration recognitive, et que les enfants de personnes de statut civil de droit local originaires d'Algérie élevés ou recueillis en France avant l'entrée en vigueur de la loi pouvaient se faire reconnaître la nationalité française après l'âge de dix-huit ans. Enfin et cependant, l'article 6 de la même loi a prévu que les mineurs visés aux articles 4 et 5 de la loi perdraient la nationalité française à l'expiration du délai fixé par ces articles faute d'avoir souscrit, dans ce délai, la déclaration prévue à l'article 152 du code de la nationalité.
11. Il résulte des dispositions rappelées aux points précédents et reprises, pour partie, aux articles 32-1 et 32-2 du code civil, que les Français domiciliés en Algérie au 3 juillet 1962, date de l'annonce officielle des résultats du scrutin d'autodétermination, ont conservé de plein droit la nationalité française lorsqu'ils relevaient du statut civil de droit commun, quelle que fût leur situation au regard de la nationalité algérienne. Quant aux Français relevant du statut civil de droit local, originaires d'Algérie, même non domiciliés en Algérie, ainsi que leurs enfants, quel qu'ait été le lieu de naissance de ces derniers, ils devaient, pour rester français, souscrire une déclaration de reconnaissance, cette possibilité n'étant, en outre, ouverte que jusqu'au 21 mars 1967. Un Français relevant du statut civil de droit local ne pouvait bénéficier du statut civil de droit commun qu'en vertu d'un décret ou d'un jugement d'admission à ce statut pris en application du sénatus-consulte du 14 juillet 1865, de la loi du 4 février 1919 ou de la loi du 18 août 1929. A cet égard, la seule détention d'un certificat de nationalité française ou d'une carte d'identité française établis avant le 3 juillet 1962 ne saurait établir l'existence de tels actes.
12. Il n'est pas contesté que le père de M. B, qui était né en 1922 à Sidi-Khulifa, en Algérie française, relevait, à la date du 3 juillet 1962, à laquelle l'annonce officielle des résultats du scrutin d'autodétermination est intervenue, du statut civil de droit local et qu'il n'a pas souscrit, ni pour lui-même, ni pour M. B, durant sa minorité, la déclaration de reconnaissance prévue par les dispositions rappelées aux points 9 et 10 et il n'est pas allégué par l'intéressé que sa mère aurait accompli une telle démarche déclarative.
13. En outre, si M. B, qui n'est pas titulaire d'un certificat de nationalité française, soutient avoir formé, en 1982, une demande de réintégration dans la nationalité française, le document qu'il produit à l'appui de cette assertion, à savoir un récépissé de demande de carte de séjour qui lui a été délivré le 26 juillet 1982 et qui comporte une mention manuscrite faisant état d'une telle demande de réintégration ne peut, en tout état de cause, suffire à l'établir, alors d'ailleurs que le ministre de l'intérieur a précisé, dans une correspondance adressée le 11 juillet 2019 au préfet du Nord et versée au dossier de première instance par le préfet du Pas-de-Calais, n'avoir trouvé, dans les archives de la sous-direction de l'accès à la nationalité française, aucune trace d'une telle demande.
14. Il n'est pas davantage contesté par M. B que celui-ci avait été informé, dès la délivrance de ce récépissé du 26 juillet 1982, de ce qu'il était réputé avoir perdu la nationalité française au 1er janvier 1963 et qu'il n'a donné aucune suite aux opportunités de régularisations qui lui ont été successivement ouvertes, en 1982, à l'occasion de sa première demande de titre de séjour, puis le 14 octobre 2019, date à laquelle le préfet du Pas-de-Calais lui avait fait connaître, par courrier, qu'au regard de sa situation, il consentait à lui offrir la possibilité de former une demande de carte nationale d'identité au titre de la possession d'état, laquelle serait étudiée au vu des justificatifs qu'il aura été en mesure de produire.
15. Dans ces conditions, le moyen tiré, par M. B, de ce que les décisions contestées, qui lui font obligation de restituer la carte nationale d'identité dont il a obtenu indûment la délivrance, ont été prises en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant la carte nationale d'identité ne peut qu'être écarté.
16. Les décisions contestées, qui requièrent seulement de M. B la restitution de la carte nationale d'identité qui lui avait été délivrée par erreur le 9 mai 2018 et dont il savait ne pas être autorisé à se prévaloir, ne font aucunement obstacle à ce que l'intéressé sollicite du préfet territorialement compétent la délivrance d'un certificat de résidence, tel que prévu par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et elles n'impliquent pas, par elles-mêmes, que M. B quitte le territoire français, sur lequel il est né et où il n'est pas contesté qu'il a fixé le centre de ses intérêts personnels et familiaux.
17. Dans ces conditions, ces décisions ne peuvent pas être regardées comme portant, par elles-mêmes, au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises, ni, par suite, comme intervenues en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. Enfin, si M. B soutient qu'il se considère comme Français, qu'il a d'ailleurs bénéficié de la délivrance de cartes d'électeur et pris part à plusieurs élections et qu'il a, dans ces conditions, pu croire de bonne foi avoir droit à la délivrance du titre dont la restitution lui est réclamée, de sorte que les décisions contestées l'ont affecté et qu'une restitution de sa carte nationale d'identité emporterait des conséquences sur son état de santé, déjà fragilisé par l'âge et le handicap qui lui est reconnu, il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contesté que, comme il a été dit, l'intéressé avait déjà été informé par l'administration dès 1982 de sa situation au regard de la nationalité française et qu'il s'était vu ouvrir, dès cette époque puis en 2019, des perspectives de réintégration dans cette nationalité sous réserve de l'accomplissement de démarches dans lesquelles il n'a pas souhaité s'inscrire.
19. Dans ces conditions, en prenant les décisions contestées, le préfet du Pas-de-Calais ne peut pas être regardé comme ayant commis une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté leurs demandes.
Sur les frais de procédure :
21. Par voie de conséquence de l'ensemble de ce qui précède, les conclusions que M. B présente sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur, ainsi qu'à Me Danset-Vergoten.
Copie en sera transmise au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience publique du 5 décembre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Marc Heinis, président de chambre,
- M. François-Xavier Pin, président-assesseur,
- M. Jean-François Papin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé : J.-F. PapinLe président de chambre,
Signé : M. HeinisLe président de la formation de jugement,
F.-X. Pin
La greffière,
Signé : N. Diyas
La greffière,
E. Héléniak
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
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N°24DA0030
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026