mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA02178 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SOMDA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler, d'une part, l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet du Cher l'a obligé à quitter le territoire français sans délai tout en fixant le pays de destination et, d'autre part, l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2403674, 2403675 du 4 octobre 2024, le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2024, M. B, représenté par Me Somda, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les arrêtés du préfet de la Seine-Maritime et du préfet du Cher en date du 4 septembre 2024 ;
3°) d'enjoindre aux préfets de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet du Cher n'a pas procédé, au préalable, à un examen particulier de sa situation ;
- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet de la Seine-Maritime n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation préalablement à l'édiction de la décision ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Par sa requête, M. B, ressortissant marocain né le 8 juin 1994, relève appel du jugement du 4 octobre 2024 par lequel le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet du Cher l'a obligé à quitter le territoire français sans délai tout en fixant le pays de destination et de l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
3. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et assignation à résidence a été écarté à bon droit au point 5 du jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs sur ce point.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B préalablement à l'édiction de la décision attaquée assignant l'intéressé à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B n'est présent en France que depuis deux ans à la date de mesure d'éloignement contestée, sa relation avec une ressortissante française ne datant quant à elle que de quelques mois à cette même date, l'intéressé ne se prévalant par ailleurs d'aucun autre lien social ou amical sur le territoire français. Eu égard aux seules pièces produites, il n'est pas établi qu'à la date des arrêtés contestés, M. B occupe un emploi dans le secteur de la restauration sans qu'il ne puisse utilement se prévaloir d'une promesse d'embauche datée du 11 octobre 2024, postérieure à la décision attaquée, la légalité de celle-ci s'appréciant en fonction des circonstances de droit et de fait existantes à la date à laquelle elle a été édictée. Dans ces conditions et eu égard à la durée et aux conditions de séjour de l'appelant sur le territoire français, le préfet du Cher n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. L'autorité préfectorale n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs et en l'absence de tout autre élément, le préfet du Cher n'a pas entaché sa mesure d'éloignement d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne ses conséquences sur la situation de M. B.
6. En quatrième lieu, aucun des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant fondé, M. B n'est pas fondé à en invoquer, par voie d'exception, l'illégalité à l'appui des conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de délai de départ volontaire et fixation du pays de destination.
7. En cinquième lieu, , aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 733-1 du même code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés () ".
8. En l'espèce, au vu de la situation personnelle et professionnelle de M. B telle qu'elle est décrite au point 5 et alors qu'il ne peut utilement se prévaloir de la promesse d'embauche citée au même point eu égard à sa date et à celle de la décision contestée, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions mentionnées au point précédent en assignant l'intéressé à résidence pour une durée de quarante-cinq jours tout en l'obligeant à se présenter deux fois par semaine aux services de police et à ne pas quitter sans autorisation la circonscription de sécurité publique de Rouen. Pour les mêmes motifs et en l'absence de tout autre élément, il n'a pas davantage entaché sa décision portant assignation à résidence d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation de l'appelant.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions du dernier alinéa l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet du Cher et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai, le 19 février 2025.
Le président de la 2ème chambre,
Signé : Benoît Chevaldonnet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
par délégation,
La greffière
N°24DA02178
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026