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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-24DA02470

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-24DA02470

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-24DA02470
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantLEPEUC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C B épouse A a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 5 mars 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi.

Par un jugement n° 2402324 du 14 novembre 2024, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2024, Mme A, représentée par Me Marie Lepeuc, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime qui n'a pas produit de mémoire.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 19 décembre 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à la requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention du 19 juin 1990 d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985 relatif à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur la régularité du jugement :

2. En ne statuant pas sur la substitution de base légale demandée par la défense, le tribunal n'a pas statué ultra petita.

Sur la légalité de l'arrêté :

3. Il y a lieu d'écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour.

4. Il ressort de la motivation de l'arrêté que le préfet a procédé à un examen particulier des éléments relatifs à la situation de l'intéressée alors portés à sa connaissance.

5. En particulier, le préfet a examiné la demande de titre de séjour au regard des fondements qu'elle invoquait, les articles 3 de l'accord franco-marocain et L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionnés à la première page de l'arrêté, et le pouvoir discrétionnaire du préfet, mentionné à la troisième page de l'arrêté.

6. Mme A est entrée avec un visa court séjour en Espagne en mai 2018. Elle a rejoint la France sans déposer la déclaration de l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle s'y est maintenue près de six ans jusqu'au dépôt d'une demande de titre de séjour en février 2024. Elle n'a pas le visa long séjour requis à l'article L. 412-1 de ce code pour le titre de séjour des articles 3 de l'accord franco-marocain et L. 423-23 du code.

7. Mme A, née en 1996, a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc. Son époux fait aussi l'objet d'une mesure d'éloignement. Leurs enfants nés en 2014, 2017 et 2021 peuvent les accompagner dans le pays dont ils ont la nationalité et y poursuivre leur scolarité.

8. Le diplôme marocain d'électricien de M. A facilitera son insertion professionnelle au Maroc. Si M. A a travaillé comme peintre de novembre 2019 à mai 2020 puis à partir d'août 2023 comme employé polyvalent dans la restauration rapide, l'expérience était récente à la date de l'arrêté et les emplois sans lien avec la formation et sans qualification particulière.

9. Dans ces conditions, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation même, pour la vie privée et familiale, au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas violé les articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, 3 de l'accord franco-marocain et L. 423-23 de ce code et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :

12. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

13. La demande présentée par la requérante et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Marie Lepeuc.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Douai, le 29 janvier 2025.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Elisabeth Héléniak

N°24DA02470

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