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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-25DA00132

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-25DA00132

jeudi 10 avril 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-25DA00132
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantGAFSIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Cameroun comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Par un jugement n° 2304437 du 27 septembre 2024, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2025, M. A représenté par Me Gafsia, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de l'Etat au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, l'article 5 de la directive retour et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de sa situation personnelle ;

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 dite " Directive Retour " ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours peuvent, par ordonnance : () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 () ". Aux termes du dernier alinéa du même article : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () (), les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5°et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une des dispositions des 1° à 7°. ".

2. M. A, ressortissant camerounais né le 9 octobre 1979, déclare être entré en France le 18 décembre 2012. Il relève appel du jugement du 27 septembre 2024 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Cameroun comme pays de destination.

3. M. A souligne qu'il réside en France depuis plus de dix ans et se prévaut d'un contrat de travail de 2020 comme agent d'entretien. Il indique avoir eu le 18 août 2013, un enfant avec une ressortissante camerounaise titulaire d'un titre de séjour, que s'ils ne vivent pas ensemble, il contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Il produit des mandats cash adressés à la mère de l'enfant, pour des montants oscillants entre 30 et 100 euros, soit deux pour 2019, deux pour 2020, sept pour 2021, cinq pour 2022, une dizaine en 2023, plusieurs en 2024 soit postérieurement à l'arrêté ainsi notamment qu'une attestation d'un enseignant indiquant qu'il est venu plusieurs fois en 2023 pour son enfant. Toutefois, ces contributions financières très modiques alors que M. A se prévaut d'un contrat de travail à temps complet, l'attestation de la mère de l'enfant, des photos et une unique attestation d'enseignant ne suffisent pas à permettre de considérer qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant qui au demeurant pourra lui rendre visite puisque le préfet indique que la mère de l'enfant se rend également au Cameroun. Par ailleurs, l'intéressé ne saurait être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où le préfet souligne qu'il envoie une aide financière par mandat. Par suite, en prenant l'arrêté en cause, le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, ni l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, pas plus que l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de sa situation personnelle de M. A.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à Me Gafsia.

Copie en sera transmise, pour information, à la préfète de l'Aisne.

Fait à Douai le 10 avril 2025.

La présidente de la 1ère chambre,

Signé : G. Borot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Nathalie Roméro

1

N°25DA0013

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