mercredi 25 mai 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-20LY02827 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SCP ZRIBI & TEXIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble : 1°) d'annuler la décision du 26 février 2018 par laquelle le président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Savoie a refusé de faire droit à sa demande d'honorariat dans le grade supérieur telle que présentée le 1er janvier 2018 ; 2°) d'enjoindre au président du SDIS de la Savoie de lui conférer l'honorariat dans le grade supérieur des sapeurs-pompiers volontaires ; 3°) de condamner le SDIS de la Savoie à l'indemniser de son préjudice à hauteur de 4 000 euros ; 4°) de mettre à la charge du SDIS de la Savoie la somme de 2 000 euros en application des dispositions et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1802603 du 7 juillet 2020, le tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision du 26 février 2018, a enjoint à l'autorité de gestion de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de trois mois, a mis à la charge du SDIS de la Savoie le versement à M. B de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et a rejeté le surplus des conclusions des parties.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2020, le SDIS de la Savoie, représenté par la société d'Avocats Fayan-Roux et Bontoux, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 7 juillet 2020, en ce qu'il a annulé la décision du 26 février 2018 et a enjoint le réexamen de la situation de M. B ;
2°) de rejeter les demandes présentées par M. B devant ce tribunal ;
3°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en omettant de se prononcer sur ses conclusions tendant au sursis à statuer, le tribunal a entaché son jugement d'une irrégularité ;
- c'est à tort que le tribunal a retenu l'existence d'un lien entre la résiliation de l'engagement volontaire de M. B et un accident en service commandé ; il n'est nullement établi que l'accident soit à l'origine de la déclaration d'inaptitude.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2020, M. B, représenté par Me Salvisberg, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du SDIS en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins de sursis à statuer étaient devenue dans objet compte tenu du jugement rendu le 12 décembre 2019 statuant sur la validité de l'arrêté du 7 juillet 2017 et réputées abandonnées dans le mémoire en réponse n° 2 du SDIS devant le tribunal ;
- le SDIS a reconnu que la gêne fonctionnelle de l'œil droit est imputable à l'accident du 13 février 2018 et a reconnu l'imputabilité au service de la rechute du 18 juin 2012, de sorte que ses problèmes de vue ont bien été à l'origine de la décision d'inaptitude fondant la résiliation de son engagement ; il a droit à l'honorariat au grade supérieur en application de l'article R. 723-63 du code de la sécurité intérieure.
Par ordonnance du 21 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère ;
- les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public ;
- les observations de Me Salvisberg pour M. B et de Me Texier, pour le SDIS de la Savoie.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er janvier 2018, M. A B, sapeur-pompier volontaire dont l'engagement a été résilié par un arrêté du 7 juillet 2017, a demandé à bénéficier de l'honorariat dans le grade supérieur des sapeurs-pompiers volontaires. Par décision du 26 février 2018, le président du SDIS de la Savoie a refusé de faire droit à cette demande. Le SDIS de la Savoie relève appel du jugement tribunal administratif de Grenoble du 7 juillet 2020, en ce qu'il a annulé cette décision et enjoint le réexamen de la situation de M. B.
Sur la régularité du jugement :
2. Le tribunal administratif de Grenoble, qui dirige seul l'instruction, n'a pas entaché son jugement d'irrégularité en s'abstenant de répondre explicitement aux conclusion du SDIS de la Savoie tendant à ce qu'il soit sursis à statuer sur la demande de M. B.
Sur le bien-fondé du jugement :
3. Aux termes de l'article R. 723-61 du code de la sécurité intérieure : " Tout sapeur-pompier volontaire qui a accompli au moins vingt ans d'activité en cette qualité est nommé sapeur-pompier volontaire honoraire dans le grade immédiatement supérieur à celui qu'il détient au moment de sa cessation définitive d'activité. Par une décision motivée de l'autorité de gestion, l'honorariat peut être accordé dans le grade détenu pour un motif tiré de la qualité des services rendus. Il ne peut être accordé dans le cas d'une résiliation d'office de l'engagement pour motif disciplinaire prononcée dans les conditions prévues à l'article R. 723-40. () L'honorariat confère le droit de porter dans les cérémonies publiques mentionnées à l'article R. 723-36 et dans les réunions de corps l'uniforme du grade concerné. ". Selon l'article R. 723-63 du même code : " Par dérogation à l'article R. 723-61, aucune condition de durée de service n'est exigée pour la nomination à l'honorariat dans le grade supérieur des sapeurs-pompiers volontaires qui ont cessé leur activité soit à la suite de blessures reçues ou de maladie contractée en service commandé (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le 13 février 2008, lors d'une manœuvre d'entraînement à l'extraction de véhicule, M. B a reçu des bris de verre dans l'œil droit qui ont provoqué une ulcération cornéenne. A la suite de cet accident de travail, et en dépit des soins qu'il a reçus en milieu hospitalier, les troubles ophtalmologiques de M. B ont perduré et ont fait l'objet d'une rechute le 18 juin 2012, qui a été reconnue imputable au service après avis de la commission de réforme. L'état de M. B est consolidé au 10 mars 2016 avec un taux d'IPP de 10 %, selon l'expertise médicale réalisée le 16 mars 2016 par un ophtalmologiste, confirmé par la commission de réforme le 16 juin 2016. Le 5 octobre 2016, lors de la visite médicale de maintien en activité, après un examen de l'acuité visuelle, M. B a été déclaré inapte définitivement. Cette décision d'inaptitude définitive a été confirmée le 17 novembre 2016 par la commission d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire, puis le 8 février 2017 par la commission zonale d'aptitude aux fonctions de sapeur-pompier volontaire. Par un arrêté du 7 juillet 2017, le SDIS a résilié d'office l'engagement de M. B. Cet arrêté trouve son fondement dans les dispositions de l'article R. 723-53 du code de sécurité intérieure qui permettent de résilier d'office l'engagement du sapeur-pompier volontaire qui ne satisfait plus à la condition d'aptitude physique et médicale prévue à l'article R. 723-7. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient le SDIS de la Savoie, d'une part, les troubles visuels, médicalement constatés dont souffre M. B, sont bien la conséquence d'un accident en service commandé, d'autre part, ils sont directement à l'origine de la déclaration d'inaptitude de l'intéressé qui a conduit à la résiliation de son engagement volontaire.
5. Il résulte de ce qui précède que le SDIS de la Savoie n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision du 26 février 2018 refusant de faire droit à la demande d'honorariat dans le grade supérieur de M. B.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que le SDIS de la Savoie demande au titre des frais qu'il a exposés soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas partie perdante. En application de ces mêmes dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du SDIS de la Savoie le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du SDIS de la Savoie est rejetée.
Article 2 : Le SDIS de la Savoie versera la somme de 2 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au service départemental d'incendie et de secours de la Savoie et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gilles Fédi, président-assesseur, assurant la présidence de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,
Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère,
Mme Sophie Corvellec, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2022.
La rapporteure,
Bénédicte LordonnéLe président,
Gilles Fédi
La greffière,
Sandra Bertrand
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026