jeudi 23 février 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY00027 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner l'Etat à lui verser une somme de 15 000 euros en indemnisation du préjudice subi du fait de la sanction disciplinaire illégale de quatorze jours de placement en quartier disciplinaire infligée le 4 avril 2013 par la commission de discipline du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse.
Par jugement n° 1905572 du 17 septembre 2020, le tribunal a rejeté la demande.
Procédure devant la cour
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 janvier 2021 et le 23 janvier 2023, ce dernier non communiqué, M. B, représenté par Me David, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 15 000 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 4 avril 2013 étant illégale, son adoption constitue une faute de nature à lui ouvrir droit à réparation de son préjudice, même si son annulation a été prononcée pour un motif de procédure ;
- de nombreuses irrégularités ont été commises par la commission disciplinaire ;
- l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, et les droits de la défense ont été méconnus dès lors que, à la suite d'une confusion commise par l'administration pénitentiaire, il n'a pu être assisté par son conseil ;
- compte tenu de la dureté des conditions de détention en quartier disciplinaire, son préjudice moral doit être évalué à 15 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 5 janvier 2023, le garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 18 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Evrard, présidente assesseure,
- et les conclusions de M. Savouré, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision implicite du 12 mai 2013, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Lyon a confirmé la décision de la commission de discipline du centre pénitentiaire de Bourg-en Bresse infligeant à M. B, alors détenu dans ce centre depuis le 4 mars 2013, une peine de quatorze jours de cellule disciplinaire. M. B relève appel du jugement du 17 septembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'indemnisation du préjudice moral qu'il a subi compte tenu de l'illégalité de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale alors en vigueur : " En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue () La personne détenue () dispose de la faculté de se faire assister par un avocat de son choix ou par un avocat désigné par le bâtonnier de l'ordre des avocats et peut bénéficier à cet effet de l'aide juridique ".
3. Il résulte de l'instruction, et, notamment, de la copie de la convocation de M. B devant le conseil de discipline, que le requérant a expressément indiqué, le 3 avril 2013, vouloir être assisté lors de cette procédure par Me Benoît. Le service pénitentiaire a informé, par télécopie du même jour, Me Benoît de la convocation de M. B à la réunion de la commission de discipline prévue le 4 avril 2013. Si le requérant soutient qu'il entendait en réalité être assisté de Me David, il n'est pas fondé, dès lors qu'il a lui-même commis une erreur dans la dénomination de son conseil, à soutenir que l'administration n'aurait pas rempli ses obligations de le mettre à même d'être assisté d'un avocat. Dans de telles conditions, et alors que l'avocat saisi ne s'est pas déplacé et n'a pas averti le service de son absence, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ses droits de la défense ont été méconnus.
4. En deuxième lieu, si M. B soutient que le compte rendu d'incident n'a pas été établi dans les plus brefs délais, comme l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale l'impose, que le rapport d'enquête est incomplet, que la décision de poursuite n'est pas motivée, que la commission de discipline était irrégulièrement constituée, que la décision a été prise après une procédure ne respectant pas les règles du procès équitable, que la décision n'est pas motivée et que la sanction n'a pas été individualisée, il n'assortit ces affirmations d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-15 du code de procédure pénale alors en vigueur : " Le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure. Les poursuites disciplinaires ne peuvent être exercées plus de six mois après la découverte des faits reprochés à la personne détenue ".
6. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, de la décision lui infligeant une sanction, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise dans le cadre d'une procédure régulière.
7. Il résulte de l'instruction que la décision du 2 avril 2013 d'engagement des poursuites disciplinaires a été signée par M. D C, adjoint au chef de détention. Si la procédure disciplinaire a été irrégulière dès lors qu'il n'a pas été justifié de la compétence de ce dernier pour signer cette décision sur délégation du directeur du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, une telle irrégularité procédurale n'a pas été, en l'espèce, de nature à faire obstacle à ce que les poursuites soient régulièrement engagées.
8. En dernier lieu, M. B reprend en appel le moyen qu'il avait soulevé en première instance tiré de ce que l'irrégularité commise a été à l'origine d'un préjudice. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif de Lyon.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Arbarétaz président,
Mme Evrard, présidente assesseure,
Mme Psilakis, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 23 février 2023.
La rapporteure,
A. EvrardLe président,
Ph.Arbarétaz
Le greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026