mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY01588 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | FAYOL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La SELAS Sudelvet Conseil a demandé au tribunal administratif de Grenoble :
1°) d'annuler la décision du préfet de la Drôme du 13 avril 2018 lui infligeant un avertissement, ensemble les rejets implicites de son recours gracieux reçu le 2 mai 2018 puis de son recours hiérarchique reçu le 2 août 2018 ;
2°) d'accepter l'intervention volontaire de M. A B au soutien de la requête ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise sur les opérations de décontamination en litige ;
4°) de condamner l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1807647 du 22 mars 2021, le tribunal administratif de Grenoble a refusé d'admettre l'intervention de M. B et a rejeté la demande de la SELAS Sudelvet Conseil.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 21 mai 2021 et un mémoire enregistré le 3 octobre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B et la SELAS Sudelvet Conseil, représentés par la SELARL d'avocats Fayol et associés, agissant par Me Blanc, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 22 mars 2021 ;
2°) d'annuler la décision du préfet de la Drôme du 13 avril 2018 lui infligeant un avertissement, ensemble les rejets de son recours gracieux reçu le 2 mai 2018 et de son recours hiérarchique reçu le 2 août 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges, la décision en litige, qui comporte un avertissement, constitue une sanction, susceptible de recours ;
- cette sanction est disproportionnée ;
- cette décision, de même que celle rejetant son recours gracieux, a été adoptée par une autorité qui n'était pas compétente.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il expose que :
- la requête d'appel est irrecevable, en ce qu'elle est présentée par M. B, dont l'intervention n'a pas été admise en première instance ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Joël Arnould, premier conseiller,
- les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public,
- et les observations de Me Blanc, avocat, représentant M. B et la société Sudelvet Conseil.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ainsi que la société Sudelvet Conseil dont il est le président, relèvent appel du jugement du 22 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté, pour irrecevabilité, leur demande tendant à l'annulation du courrier d'avertissement daté du 11 avril 2018, adressé par le préfet de la Drôme à la suite de dysfonctionnements constatés lors de sa gestion, en qualité de vétérinaire mandaté, des opérations de décontamination d'un foyer de salmonelle avicole, ensemble celle de la décision du 14 mai 2018 rejetant leur recours gracieux et de la décision implicite de rejet née sur leur recours hiérarchique.
Sur la régularité du jugement :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
3. Le courrier du préfet de la Drôme du 11 avril 2018 se borne à faire état des différents dysfonctionnements constatés lors des opérations de décontamination d'un foyer de salmonelle avicole détecté dans une ferme située à Savasse et à rappeler à M. B les obligations lui incombant dans le cadre de son mandat sanitaire, sans comporter de mise en demeure de se conformer, dans un délai donné, à une réglementation. Ce courrier, indépendant des procédures de sanction, administratives ou pénales, qu'il évoque, ne constitue ni une sanction, ni une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours, ainsi que l'ont estimé, à juste titre, les premiers juges.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense et contestant la recevabilité de la requête d'appel en ce qu'elle a été présentée par M. B, que ce dernier et la SELAS Sudelvet Conseil ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. B.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B et de la SELAS Sudelvet Conseil est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à la SELAS Sudelvet Conseil et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,
Mme Emilie Felmy, présidente-assesseure,
M. Joël Arnould, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2023.
Le rapporteur,
Joël ArnouldLe président,
Jean-Yves Tallec
La greffière,
Sandra Bertrand
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026