mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY01903 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SELARL CHANON LELEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers à lui verser une indemnité de 51 625 euros en réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi en raison de la rupture de sa promesse de recrutement, ainsi que 7 200 euros en indemnisation des frais de garderie de sa fille, outre intérêts au taux légal capitalisés à compter du 19 mai 2018.
Par un jugement n° 1805718 du 30 mars 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2021, et un mémoire en réplique, enregistré le 17 mai 2022, qui n'a pas été communiqué, M. A, représenté par Me Balestas, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Grenoble du 30 mars 2021 ;
2°) de condamner le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers à lui verser une indemnité de 36 313,33 euros en réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi en raison de la rupture de sa promesse de recrutement, outre intérêts au taux légal capitalisés à compter du 19 mai 2018. ;
3°) de mettre une somme de 2 500 euros à la charge du centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers, refusant d'honorer sa promesse d'embauche, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- c'est à tort que les premiers juges ont retenu qu'il n'était pas apte au travail au 4 décembre 2017, alors qu'il était seulement empêché de travailler pour une période raisonnable inférieure à 35 jours ;
- la tardiveté de la réaction et surtout l'absence de décision écrite de rétractation, permet de douter de la légitimité du motif invoqué par l'employeur ;
- compte tenu de la date de recrutement de son remplaçant, il n'est pas raisonnable de prétendre que le centre hospitalier avait besoin de recruter un médecin dans l'urgence, alors qu'il était opérationnel dès le mois de janvier 2018 ;
- il aurait dû recevoir la moitié de la rémunération due à un médecin contractuel du 4ème :échelon , fixée à 52 933,33 euros, en sus de 10 % de prime de précarité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail, soit 58 226,66 euros, ce qui correspond à 29 113,33 euros pour un emploi à mi-temps ; il a donc subi un préjudice financier de 29 113,33 euros ;
- il rémunère à hauteur de 600 euros par mois une " nounou " dont il n'a pas eu besoin, ne travaillant finalement pas à Albertville ; il a donc subi un préjudice sur l'année à hauteur de 7 200 euros, dont il demande à être indemnisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2021, le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers, représenté par la Selarl Canonon Leleu Associés, agissant par Me Leleu, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande était irrecevable en l'absence de demande indemnitaire préalable caractérisant la nature du préjudice invoqué ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère ;
- les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public ;
- les observations de Me Cruz pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que, le 27 septembre 2017, le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers a adressé à M. A une promesse de le recruter en qualité de praticien hospitalier contractuel à 50% au sein du centre de médecine du sport de haut niveau, pour une durée d'un an, avec une date de prise de fonctions au 4 décembre 2017. Postérieurement à cette promesse, M. A a adressé au centre hospitalier un courriel indiquant qu'il devait subir une opération chirurgicale le 21 novembre 2017, suivie d'une période prévisionnelle d'arrêt maladie de 45 jours. Si M. A peut se prévaloir d'une promesse ferme et précise de le recruter, l'absence de signature d'un contrat de recrutement à la date du 4 décembre 2017, résulte d'un fait extérieur qui n'est pas imputable au centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers. Dans ces conditions, et quand bien même son empêchement n'était que provisoire et, selon le requérant, l'urgence à recruter un médecin ne serait pas démontrée, M. A ne saurait, dans les circonstances de l'espèce, rechercher l'engagement de la responsabilité pour faute dudit centre hospitalier à raison du non-respect des assurances de recrutement qu'il lui avait données.
2. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées à la demande de première instance, que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que le requérant demande au titre des frais qu'il a exposés soit mise à la charge du centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce fondement par le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administratives sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au centre hospitalier d'Albertville-Moûtiers.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président,
Mme Emilie Felmy, présidente-assesseure,
Mme Bénédicte Lordonné, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.
La rapporteure,
Bénédicte LordonnéLe président,
Jean-Yves Tallec
La greffière,
Michèle Daval
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026