lundi 25 septembre 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY03642 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GERIN BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme C A épouse B a demandé au tribunal administratif de Grenoble, d'une part, d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2021 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a désigné le Kosovo, Etat dont elle a la nationalité, comme pays de renvoi, d'autre part, d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer un titre, subsidiairement, de réexaminer sa demande après remise d'une autorisation provisoire de séjour de six mois.
Par jugement n° 2105304 du 14 octobre 2021, le tribunal a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 13 novembre 2021, Mme B, représentée par Me Gerin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement, ainsi que l'arrêté du 2 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale ", subsidiairement, de réexaminer sa demande après remise d'une autorisation provisoire de séjour de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- le refus de titre méconnaît les articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les articles 3-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu protégé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des garanties de l'article L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle repose sur un refus de titre illégal ;
- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles 3-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la fixation du pays de destination repose sur un refus de titre et une obligation de quitter le territoire, entachés d'illégalité.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement () des cours () peuvent () par ordonnance () : 7° Rejeter () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien- fondé () ".
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté litigieux énumère, dans ses visas, les textes dont il fait application tandis qu'en indiquant que Mme B n'encoure pas de risques particuliers en cas de retour au Kosovo, la fixation du pays de destination énonce le motif qui a conduit le préfet à prescrire cette mesure. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
Sur le refus de titre :
3. En se bornant à soutenir que la pathologie dont souffre l'un de ses fils mineurs sera prise en charge dans des conditions plus défavorables au Kosovo qu'en France, Mme B n'établit que le préfet de la Haute-Savoie aurait à tort considéré que l'enfant pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans cet Etat. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, en tant que le moyen repose sur l'exposition de ce mineur à des risques sanitaires, doivent être écartés.
4. Eu égard à la situation irrégulière de tous les membres du foyer de Mme B, à l'absence d'intégration particulière et à la circonstance que sa vie familiale comme la scolarité de ses enfants peuvent se poursuivre au Kosovo, le refus de titre litigieux n'a pas porté d'atteinte excessive au droit à une vie privée et familiale normale, n'a pas non plus lésé l'intérêt supérieur de ses deux enfants ni ne s'est immiscé arbitrairement dans la vie privée et familiale de ces derniers. Il suit de là que le surplus du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et les moyens tirés de la méconnaissance des articles 16 de la même convention et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
5. L'exception d'illégalité du refus de titre ainsi que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, directement invoqués contre l'obligation de quitter le territoire, doivent être écartés par les motifs des points 3 et 4.
6. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des articles L. 611-3 et L. 613-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que Mme B se borne à reproduire en appel, doivent être écartés par les motifs retenus à bon droit par le tribunal.
Sur la fixation du pays de destination :
7. L'exception d'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire, doit être écartée par les motifs des points 3 à 6.
8. Il résulte de ce qui précède que les moyens invoqués avant l'expiration du délai d'appel sont manifestement dépourvus de fondement et que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 911-2, de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B.
Fait à Lyon, le 25 septembre 2023.
Le président de la 4ème chambre
Ph. Arbarétaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
1
2
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026