lundi 25 avril 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY04074 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. C A et Mme B D, épouse A, ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du préfet du Rhône, du 25 janvier 2021, leur refusant la délivrance de titres de séjour, les obligeant à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et désignant le pays à destination duquel ils seraient reconduits d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2103150-2103153 du 23 juillet 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2021, M. et Mme A, représentés par Me Frery, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 23 juillet 2021 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de leur délivrer des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Rhône de réexaminer leurs demandes, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir et dans l'attente, de les munir d'autorisations provisoires de séjour leur permettant de travailler ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
S'agissant du jugement contesté :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'omission à statuer ;
S'agissant des décisions portant refus de délivrance de titres de séjour :
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance de titres de séjour, invoquée par voie d'exception ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant des décisions fixant le pays de renvoi :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, invoquée par voie d'exception.
M. et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme A, ressortissants albanais, nés respectivement le 7 octobre 1957 et le 20 juillet 1965, sont entrés en France le 16 juillet 2012, selon leurs déclarations. Leurs demandes d'asile ont été rejetées en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 21 février 2014. Ils ont fait l'objet de deux mesures d'éloignement le 9 avril 2014 et le 27 novembre 2014, qu'ils n'ont pas exécutées. Le 6 décembre 2017, M. et Mme A ont présenté des demandes de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par des arrêtés du 25 janvier 2021, le préfet du Rhône leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a désigné le pays de renvoi. M. et Mme A font appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés. "
4. Il ressort des mentions du jugement attaqué que les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à l'ensemble des arguments de M. et Mme A, ont suffisamment motivé leur jugement. Dès lors, le moyen doit être écarté.
5. En second lieu, contrairement à ce qui est allégué par M. et Mme A, les premiers juges doivent être regardés comme s'étant effectivement prononcés, au point 8 du jugement attaqué, sur l'erreur manifeste d'appréciation que le préfet aurait commis s'agissant des conséquences de ses décisions sur leur situation personnelle, qu'ils avaient soulevée conjointement à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devant le tribunal administratif. En outre, les premiers juges n'étaient pas tenus de répondre à ces moyens de façon distincte. Le jugement attaqué n'est donc pas entaché d'omission à statuer sur ce point.
Sur les décisions de refus de délivrance de titre de séjour :
6. En premier lieu, il ressort des mentions mêmes des arrêtés en litige que le préfet du Rhône a procédé à un examen complet et particulier de la situation de M. et Mme A et a pris en compte l'ensemble des éléments de leur situation personnelle dont il avait connaissance à la date de ses décisions. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de la situation personnelle de M. et Mme A doit être écarté.
7. En deuxième lieu, M. et Mme A font valoir qu'ils séjournent en France depuis huit ans, où ils disposent d'attaches familiales importantes, et où leur présence est nécessaire, compte tenu de leur état de santé qui serait fragile. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'ils se sont maintenus sur le territoire français sans respecter les obligations de quitter le territoire qui leur avaient été faites, méconnaissant ainsi des mesures de police administrative prises à leur encontre par une autorité publique. Par ailleurs, ne faisant pas l'objet d'une interdiction de retour, rien ne fait obstacle à ce qu'ils viennent rendre visite à leurs enfants et petits-enfants résidant en France, munis du visa adéquat. De plus, ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches en Albanie, où ils ont vécu la majorité de leur existence. En outre, les pièces produites concernant leur état de santé ne sont pas de nature à établir que leur maintien en France serait nécessaire ou qu'ils seraient en incapacité de se déplacer pour rendre visite à leur famille suite à leur retour en Albanie. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier de la durée et des conditions de séjour des intéressés en France, les décisions de refus de délivrance de titres de séjour contestées n'ont pas porté au droit de ces derniers au respect de leur vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs des refus. Dès lors, elles ne méconnaissent ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En troisième lieu, il résulte des circonstances de fait précédemment énoncées, que M. et Mme A ne justifient pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels pouvant donner lieu à une admission exceptionnelle au séjour au titre de leur vie privée et familiale. Par suite, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de leur délivrer des titres de séjour.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que les décisions contestées sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elles sont susceptibles de comporter pour leur situation.
Sur les obligations de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions de refus de délivrance de titres de séjour à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les obligations de quitter le territoire français prises à leur encontre.
11. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme non fondé.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 et 8, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté comme non fondé.
Sur les décisions désignant le pays de destination :
13. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions désignant le pays de renvoi.
14. Dès lors, la requête de M. et Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et Mme B D, épouse A, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Rhône.
Fait à Lyon, le 25 avril 2022.
Le président,
Gilles Hermitte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026