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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01171

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01171

mardi 21 février 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01171
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationD
Avocat requérantGERBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B, représenté par Me Gerbi, a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, statuant en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation du centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et de son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser une provision de 70 000 euros, avec intérêts au taux légal, à valoir sur la réparation des préjudices résultant d'une infection nosocomiale contractée au cours d'une intervention chirurgicale pratiquée le 26 septembre 2016, outre une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 2200590 du 4 avril 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a condamné le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la SHAM à verser à M. B une provision de 58 700 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 1er février 2022, outre 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la cour

Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, un mémoire complémentaire, enregistré le 5 mai 2022, et un mémoire en réplique non communiqué en l'absence d'élément nouveau, enregistré le 9 juin 2022, le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la SHAM, représentés par la société Le Prado-Gilbert, demandent à la cour d'annuler l'ordonnance n° 2200590 du 4 avril 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble et de rejeter l'ensemble des conclusions présentées devant le tribunal administratif pour M. B.

Ils soutiennent que :

- l'ordonnance du juge des référés est insuffisamment motivée ;

- c'est à tort que le juge des référés a retenu que l'intervention chirurgicale du 26 septembre 2016 était à l'origine des symptômes apparus quinze mois après cette intervention alors que les experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ont retenu qu'il est impossible de déterminer si l'infection résulte de l'intervention chirurgicale au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes ou de l'intervention d'un chirurgien dentiste ;

- l'existence d'un doute sérieux fait obstacle au versement d'une provision ;

- le montant de la provision accordée n'est pas insuffisant.

Par un mémoire, enregistré le 2 juin 2022, M. B, représenté par Me Gerbi, conclut, d'une part, au rejet de la requête et, d'autre part, par voie d'appel incident, à la réformation des articles 1er et 3 de l'ordonnance litigieuse par la condamnation solidaire du centre hospitalier universitaire Grenoble Alpes et de la société hospitalière d'assurances mutuelles à lui verser une provision de 70 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable, outre une somme 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les soins dispensés au centre hospitalier universitaire de Grenoble et les soins dispensés par son chirurgien dentiste l'ont été conformément aux règles de l'art, aucune responsabilité pour faute ne pouvant être retenue pour ces soins ;

- une expertise ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales Rhône-Alpes a estimé que sa contamination par le germe Propionibacterium acnes avait eu lieu lors de l'intervention chirurgicale du 26 septembre 2016 ;

- le taux de déficit fonctionnel permanent étant inférieur à celui ouvrant droit à réparation au titre de la solidarité nationale, l'existence d'une obligation de réparation par le centre hospitalier régional de Grenoble n'est pas sérieusement contestable ;

- le montant de la provision qui lui a été accordée doit être majoré, en retenant des montants de 7 112,25 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, sur la base d'une allocation journalière de 29 euros pour un déficit fonctionnel temporaire total, 20 000 euros pour les souffrances évaluées à 6 sur une échelle de 7, 1 000 euros pour le préjudice esthétique temporaire, 2 217,60 euros pour l'assitance par une tierce personne non spécialisée à raison de deux heures par semaine, 3 000 euros pour les frais divers de conseils lors des opérations d'expertise, 18 000 euros pour le déficit fonctionnel permanent de 10 %, 4 000 euros pour le préjudice esthétique permanent, 15 000 euros pour l'incidence professionnelle, les pertes de gains professionnels actuels et futurs étant réservés pour être présentés au juge du fond.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme qui n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative ;

Vu la décision du 2 janvier 2023 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Lyon a désigné M. François Pourny, président de chambre, en qualité de juge des référés ;

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 1er janvier 1970, a bénéficié de la mise en place d'une prothèse aortique au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes le 26 septembre 2016. Il a ensuite reçu des soins dentaires de détartrage supragingival, effectués par un chirurgien dentiste libéral en mai et novembre 2017, avant d'être victime en décembre 2017 d'un accès fébrile et de douleurs au bras liés à une infection de sa prothèse aortique. M. B a présenté à la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales Rhône-Alpes une demande d'indemnisation des préjudices résultant de cette infection. Cette commission a ordonné une expertise, dont le rapport a été déposé le 9 décembre 2019, une contre-expertise, dont le rapport a été déposé le 3 novembre 2020, et un complément d'expertise, dont le rapport a été déposé le 7 mai 2021, avant de retenir qu'aucune faute ne pouvait être reprochée au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes ou au chirurgien dentiste du patient mais qu'il appartenait au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes d'indemniser les préjudices de ce patient en application des dispositions du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, la contamination de l'intéressé lors de l'intervention chirurgicale du 26 septembre 2016 au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes devant être retenue. M. B a alors présenté une réclamation indemnitaire à la société hospitalière d'assurances mutuelles et a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble de condamner le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la société hospitalière d'assurances mutuelles à lui verser une provision de 70 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices. Par la présente requête, le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) contestent l'ordonnance n° 2200590 du 4 avril 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble les a condamnés à verser une provision de 58 700 euros à M. B avec intérêts au taux légal à compter du 1er février 2022, outre 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, alors que M. B demande par voie d'appel incident une majoration du montant de la provision qui lui a été accordée.

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.

Sur la régularité de l'ordonnance litigieuse :

3. Contrairement à ce que soutiennent le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la SHAM dans leur requête sommaire, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble; qui n'était pas tenu de répondre à l'ensemble des arguments des défendeurs, a motivé son ordonnance en mentionnant les dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, en indiquant qu'après l'expertise ordonnée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales Rhône-Alpes l'obligation de réparation incombant au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et à son assureur ne lui paraissait pas sérieusement contestable et en chiffrant les éléments de la provision qu'il a accordée. Par suite, le moyen, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 9 du code de justice administrative, qui n'a au demeurant été assorti d'aucune précision dans le mémoire ampliatif, doit être écarté.

Sur le principe de la provision :

4. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. ".

5. Pour contester la provision accordée par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la SHAM, qui ne contestent pas le fait que l'indemnisation des préjudices de M. B ne relève pas de la solidarité nationale, soutiennent que l'obligation d'indemnisation invoquée par M. B est sérieusement contestable, en l'absence de faute imputable au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes, eu égard au délai écoulé entre l'intervention chirurgicale dont a bénéficié M. B le 26 septembre 2016 et l'apparition des premiers symptômes de l'infection au cours du mois de décembre 2017, alors que l'intéressé a reçu des soins dentaires les 24 mai et 3 novembre 2017, sans antibioprophylaxie, et alors que les experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ont proposé de ventiler l'imputabilité de l'infection nosocomiale entre 75 % pour le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et 25 % pour les soins dentaires.

6. Il résulte toutefois de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'infection dont a souffert M. B est liée au germe propionibacterium acne, germe commensal de la peau, qui n'est pas un germe de la cavité bucale susceptible de compliquer un simple détartrage, et, premièrement, qu'aucune endocardite liée à ce germe n'a été rapportée en lien avec des soins dentaires alors que de nombreux cas d'endocardite résultent d'une contamination opératoire, deuxièmement, que le pouvoir pathogène de ce germe est lent à se manifester, ce qui exclut la possibilité d'une contamination lors des soins de novembre 2017 et, enfin, qu'aucune autre étiologie n'a été retrouvée lors des opérations d'expertise. Dès lors, comme l'a d'ailleurs retenu la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales dans son avis du 21 septembre 2021, l'obligation d'indemnisation ne peut incomber qu'au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et à son assureur et cette obligation n'apparaît pas sérieusement contestable.

Sur l'évaluation de la provision accordée :

7. Pour contester par voie d'appel incident le montant de la provision qui lui a été accordée, M. B soutient, en premier lieu, qu'il convient de retenir pour l'évaluation de son déficit fonctionnel temporaire 169 jours de déficit total et 305 jours de déficit fonctionnel partiel à 25 % avec une allocation journalière de 29 euros. Toutefois, le montant demandé de 29 euros par jour est largement supérieur au montant compris entre 300 et 500 euros par mois résultant du barême indicatif de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, généralement appliqué par les juridictions administratives, et le nombre de jours de déficit fonctionnel total retenu est discutable, puisque l'intéressé a été hospitalisé du 14 décembre 2017 au 7 février 2018 et non durant 169 jours. Dès lors, la créance de M. B ne présente pas un caractère de certitude suffisant au-delà du montant de 3 700 euros retenu par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble.

8. M. B soutient en deuxième lieu que ses souffrances évaluées à 6 sur 7 justifient l'octroi d'une provision de 20 000 euros, il n'est donc pas fondé à se plaindre que le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble lui a accordé un montant de 25 000 euros à ce titre.

9. M. B demande, en troisième lieu, 1 000 euros pour le préjudice esthétique temporaire lié à la pose d'un drain, préjudice évalué à 4 sur 7 au point 10 des conclusions du rapport d'expertise du 7 mai 2021, et 4 000 euros pour son préjudice esthétique permanent, évalué à 2 sur 7, alors que le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a retenu un montant de 2 000 euros pour l'ensemble de ses préjudices esthétiques. Toutefois, eu égard à la durée du préjudice esthétique temporaire, il ne résulte pas de l'instruction que la créance de M. B présente un caractère suffisamment certain au-delà du montant de 2 000 euros retenu par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble.

10. Si M. B soutient en quatrième lieu qu'une provision de 2 217,60 euros doit lui être accordée pour l'assistance d'une tierce personne, deux heures par semaine hors période d'hospitalisation avant consolidation, laquelle est intervenue le 1er avril 2019, cette créance parait sérieusement contestable en ce qui concerne le taux horaire de 25,20 euros dont il demande l'application. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que la créance de M. B ne soit pas sérieusement contestable au-delà du montant de 2 000 euros retenu par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble.

11. M. B demande en cinquième lieu une somme de 3 000 euros à valoir sur ses frais divers d'assistance à expertise, il résulte toutefois de l'instruction que les premières opérations d'expertise tendaient à l'engagement de la responsabilité de son chirurgien-dentiste. Il appartiendra dès lors au juge du fond d'apprécier l'obligation d'indemnisation pesant sur le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes pour ce chef de préjudice.

12. En sixième lieu, M. B conteste le montant de 16 000 euros qui lui a été accordé de manière provisionnelle au titre de son déficit fonctionnel permanent évalué à 10 % en demandant que ce montant soit porté à 18 000 euros mais l'intéressé étant âgé de 49 ans à la date de consolidation sa créance paraît sérieusement contestable au-delà du montant retenu par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble.

13. Enfin, M. B, qui réserve le chiffrage de son préjudice concernant ses pertes de revenus actuelles et futures demande 15 000 euros à titre de provision du seul chef de l'incidence professionnelle, alors que le juge des référés lui a accordé à titre provisoire une somme de 10 000 euros pour la gêne ressentie dans l'exercice de son activité d'artisan tout en indiquant que l'incidence professionnelle sera à apprécier par les juges du fond. M. B n'ayant pas pu reprendre entièrement ses activités antérieures, l'incidence professionnelle de l'infection nosocomiale subie est établie mais il ne résulte pas de l'instruction que la créance de l'intéressé à ce titre ne soit pas contestable au-delà du montant de 10 000 euros retenu par le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble.

14. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. La demande de paiement de M. B est parvenue à la société hospitalière d'assurances mutuelles le 1er février 2022. M. B est par suite fondé à demander que la provision qui lui a été accordée soit assortie des intérêts moratoires à partir de cette date.

15. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et la société hospitalière d'assurances mutuelles ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a mis à leur charge le versement d'une provision de 58 700 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 1er février 2022, à M. B et que celui-ci n'est pas davantage fondé à demander une majoration du montant de la provision qui lui a été accordée.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et de la société Relyens Insurance Mutual, venant aux droits de la SHAM, une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête du centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes et de la SHAM est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions présentées pour M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes, à la société Relyens Insurance Mutual, venant aux droits de la société hospitalière d'assurances mutuelles, à M. A B et à la caisse primaire d'assurance maladie du Puy-de-Dôme.

Fait à Lyon, le 21 février 2023.

Le président de la sixième chambre,

juge des référés

François Pourny

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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