lundi 3 avril 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY02023 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
A C B a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, d'une part, d'annuler l'arrêté du préfet de la Drôme du 12 avril 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel la préfète de la Drôme l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement nos 2102058 et 2200072 du 24 janvier 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a renvoyé en formation collégiale les conclusions de la requérante tendant à l'annulation du refus de titre de séjour et rejeté le surplus des conclusions de la requête.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2022, A B, représentée par l'AARPI Ad'vocare, agissant par Me Bourg, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 24 janvier 2022 ;
2°) d'annuler la décision d'assignation à résidence susmentionnée, pour excès de pouvoir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant du jugement attaqué :
- il est irrégulier, dès lors que le moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation n'a été ni visé ni analysé ;
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors que le premier juge a retenu qu'elle n'établissait pas avoir informé les services préfectoraux de son changement d'adresse ;
- il est entaché d'une erreur de fait ou d'une erreur de droit, dès lors que le premier juge a retenu qu'elle n'établissait pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ;
- il est entaché d'une erreur de fait ou d'une erreur de droit, dès lors que le premier juge a retenu que ses enfants n'avaient pas rejoint le territoire métropolitain au même moment ;
S'agissant de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'elle avait informé les services préfectoraux de son changement d'adresse ;
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. A B, ressortissante comorienne née le 25 décembre 1981, est entrée en France métropolitaine le 14 mars 2020, accompagnée de trois de ses enfants, sous couvert d'un visa de court séjour et d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", délivré par le représentant de l'État à Mayotte, valable du 22 octobre 2019 au 21 octobre 2020. Le 13 octobre 2020, A B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement des dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans ses dispositions en vigueur à la date de sa demande. Par arrêté du 12 avril 2021, le préfet de la Drôme lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Puis, par un arrêté du 10 janvier 2022, la préfète de la Drôme l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. A B fait appel du jugement du 24 janvier 2022 par lequel le magistrat désigné par le président tribunal administratif de Clermont-Ferrand a renvoyé en formation collégiale ses conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour et a rejeté le surplus des conclusions de sa requête.
Sur le jugement attaqué :
2. En premier lieu, la requérante soutient que le magistrat désigné du tribunal a entaché son jugement d'une irrégularité, dès lors qu'il n'a ni visé, ni répondu au moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation, soulevé à l'encontre de l'assignation à résidence. Toutefois, il ressort des écritures de première instance que A B s'est bornée à mentionner une " erreur manifeste d'appréciation " dans le titre d'une sous-partie de sa requête, également relative aux moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant. Si ces deux derniers moyens sont assortis de précisions, tel n'est pas le cas de l'erreur manifeste d'appréciation précitée, qui n'est développée ni même de nouveau mentionnée. Compte tenu de l'ambiguïté de ces écritures, le premier juge, qui a visé les moyens tirés l'erreur de fait et de la violation des stipulations précitées, et répondu de manière détaillée à ces derniers aux points 19 à 21 du jugement, n'a pas entaché sa décision d'une omission à statuer.
3. En second lieu, hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, pour contester la régularité du jugement dont il est fait appel, A B ne peut utilement soutenir que celui-ci serait entaché d'erreurs de droit ou d'erreurs de fait.
Sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
4. A B fait valoir que l'arrêté contesté méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les trois premiers enfants de la requérante, dont l'aînée était au demeurant majeure à la date de l'arrêté litigieux, résident en France depuis mai 2018, et ont donc vécu séparés de leur mère près de deux ans. En outre, ainsi que l'a relevé le magistrat désigné, A B n'établit pas, par les pièces versées au dossier, l'intensité des liens qu'elle entretient avec eux. Si les quatre plus jeunes enfants de l'intéressée résident désormais sur le territoire national, il est constant que l'arrêté contesté n'a ni pour objet ni pour effet de séparer A B de ces derniers, dès lors que rien ne s'oppose à ce qu'ils accompagnent leur mère dans son pays d'origine ou dans le département de Mayotte. Par suite, en édictant l'arrêté contesté, le préfet de la Drôme n'a pas méconnu l'intérêt supérieur des enfants mineurs D A B. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit par conséquent être écarté.
Sur l'arrêté portant assignation à résidence :
5. En premier lieu, A B soutient que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur de fait, dès lors que la préfète de la Drôme l'a assignée à résidence à Montélimar, alors qu'elle l'avait informée du transfert de sa résidence dans le département du Puy-de-Dôme. Toutefois, comme l'a indiqué le premier juge, il ressort des pièces du dossier que le neveu de la requérante a attesté, le 9 janvier 2022, que A B résidait toujours à son domicile à Montélimar. En outre, comme l'a également relevé le premier juge, aucune pièce versée au dossier ne permet d'établir que la requérante aurait informé la préfète de son changement d'adresse. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
6. En second lieu, et alors même que A B n'établit ni même n'allègue que l'assignation à résidence dont elle fait l'objet porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté pour les mêmes motifs qu'exposés au point 4.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de A B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à A C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de la Drôme.
Fait à Lyon, le 3 avril 2023.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026