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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY02070

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY02070

lundi 27 mars 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY02070
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler les décisions du préfet de la Côte-d'Or du 2 septembre 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2102418 du 17 décembre 2021, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2022, Mme B, représentée par Me Audard, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Dijon du 17 décembre 2021 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Côte-d'Or de reprendre l'examen de sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme B, ressortissante géorgienne née le 8 avril 1990, est entrée régulièrement en France le 6 avril 2019. Elle a présenté une demande d'asile le 9 mai 2019 qui a été rejeté par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile respectivement le 4 décembre 2019 et le 12 février 2020. Elle a fait une demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " le 2 février 2021. Par arrêté du 2 septembre 2021, le préfet de la Côte-d'Or lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :

3. En premier lieu, Mme B fait valoir, d'une part, qu'elle est intégrée en France et, d'autre part, qu'elle ne peut rentrer dans son pays d'origine en raison de la maladie de son fils qui ne pourrait être traitée correctement en Géorgie. Mariée et mère de deux enfants, l'intéressée est arrivée récemment en France et son mari fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Elle ne verse au dossier aucun élément caractérisant des attaches personnelles anciennes, intenses et d'une stabilité particulière, susceptibles de lui conférer un droit de séjour en France. Par ailleurs, elle n'établit pas ne pas pouvoir reconstruire une cellule familiale dans son pays d'origine, où elle a vécu une grande majorité de sa vie et où réside encore une partie de sa famille. Par conséquent, elle ne démontre aucune intégration professionnelle et personnelle en France. S'agissant de l'état de santé de son fils, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a indiqué dans un premier avis datant du 31 juillet 2020 que celui-ci nécessitait une poursuite des soins médicaux pendant une durée de six mois. Durant cette période l'enfant, qui souffre d'une maladie neurologique, a été pris en charge en France. Dans un nouvel avis rendu le 1er juin 2021, l'OFII affirme que le fils de la requérante nécessite une prise en charge médical dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il peut toutefois bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine dans lequel il peut retourner sans risque pour sa santé. Les pièces versées au dossier par la requérante ne permettent pas de remettre en cause cet avis s'agissant de la possibilité pour cet enfant de recevoir un traitement approprié en Géorgie, ni d'établir la régression que pourrait subir son fils dans le suivi et l'évolution de sa maladie en Géorgie. Par conséquent le refus de titre de séjour ne méconnait pas l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il résulte de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ce refus à l'appui de ses conclusions dirigées contre la mesure d'éloignement prise à son égard.

5. En second lieu, la requérante fait valoir qu'elle réside en France avec son mari et leurs deux enfants dont l'un est scolarisé à l'école maternelle et l'autre atteint d'un handicap. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3, la requérante n'apporte pas d'éléments permettant de penser que leur fils handicapé ne pourrait bénéficier d'une prise en charge médicale adaptée et spécialisée en Géorgie, ni qu'elle ne pourrait poursuivre une vie privée et familiale dans son pays d'origine. Les circonstances qu'un de ses enfants soit scolarisé en école maternelle et qu'elle détienne une promesse d'embauche ne sont pas davantage de nature à établir une intégration d'une particulière intensité en France, alors même que rien n'établit que la scolarité de l'enfant ne puisse se poursuivre dans le pays d'origine. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme ayant porté, au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, ni comme ayant méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants. Elle n'a, dès lors, méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, ces moyens doivent être écartés. Il résulte de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.

Fait à Lyon, le 27 mars 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.

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