lundi 6 février 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY02234 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HUARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de la Haute-Savoie du 12 janvier 2022, refusant de l'admettre au séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement nos 2200811 et 2201065 du 11 mars 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, M. A, représenté par Me Huard, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble du 11 mars 2022 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté contesté :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'était plus valable ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- pour le surplus, il entend reprendre ses moyens de première instance, tirés :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'un vice de procédure, le préfet de la Haute-Savoie ne justifiant pas que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été recueilli ;
- il est entaché d'un vice de procédure car il n'est pas établi que l'avis a été pris par trois médecins désignés, qu'il a été signé par ces trois médecins, que le médecin rapporteur n'a pas fait partie du collège, il ne respecte pas l'article 6 du décret du 27 décembre 2016 et il n'est pas justifié que le rapport médical soit établi conformément à l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;
- il est entaché d'un vice de procédure car l'OFII a refusé de prendre en compte les documents complémentaires que le requérant lui a fait parvenir ;
- le préfet s'est estimé, à tort, lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour invoquée par voie d'exception ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 8 de cette convention ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant guinéen né le 1er février 1982, est entré irrégulièrement en France depuis le territoire italien le 14 août 2018. La France est devenue responsable de sa demande d'asile le 6 mai 2020. Sa demande d'asile a été rejetée, en dernier lieu, par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) 7 mai 2021. Le 5 octobre 2020, le requérant a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 12 janvier 2022, le préfet de la Haute-Savoie a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. M. A fait appel du jugement par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
3. En premier lieu, il ressort du dossier que, par un avis du 30 septembre 2021, le collège de médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette dernière ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a indiqué que les pièces versées par le requérant étaient insuffisantes, eu égard à leurs termes, pour contredire l'avis susmentionné émis par l'OFII et l'appréciation à laquelle s'est livré le préfet de la Haute-Savoie, selon lequel l'état de santé du requérant ne faisait pas obstacle à un refus d'admission au séjour et à l'édiction d'une mesure d'éloignement.
4. En appel, M. A fait valoir que l'avis du collège de médecins de l'OFII n'était plus valable à la date de l'arrêté contesté, dès lors que, postérieurement à celui-ci, il a été victime d'une décompensation psychiatrique et qu'il a dû faire l'objet d'une hospitalisation en chirurgie cardiaque au cours du mois de novembre 2021. Le requérant en conclut que ces circonstances nouvelles auraient dû conduire le collège de médecins de l'OFII à réexaminer sa situation.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, selon le médecin conseil auprès du ministère de l'intérieur, M. A peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, tant sur le plan cardiaque que psychiatrique, en particulier au vu des médicaments disponibles en Guinée. L'avis du médecin conseil, émis le 8 mars 2022, est postérieur aux circonstances nouvelles invoquées par le requérant et dont le médecin conseil a explicitement tenu compte. En outre, l'intervention chirurgicale dont se prévaut l'intéressé n'est pas corroborée par les pièces versées au dossier, qui ne comporte aucun certificat médical rédigé par un cardiologue ou justifiant d'une hospitalisation dans un service de cardiologie. Par suite, les éléments produits par M. A ne permettent pas d'établir que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut donc qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, M. A reprend en appel le moyen qu'il avait invoqué en première instance, tiré de l'irrégularité de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII du 30 septembre 2021. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le jugement du tribunal administratif de Grenoble.
7. En troisième lieu, il est constant que, comme l'a rappelé le premier juge, le mariage du requérant avec une ressortissante française demeurait récent à la date de l'arrêté contesté, et que les intéressés ne pouvaient ignorer la précarité de leur installation commune dès lors que M. A, entré irrégulièrement sur le territoire français, n'a jamais disposé d'un titre de séjour. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant conserve des attaches fortes dans son pays d'origine, où résident notamment ses trois enfants issus d'une précédente union. Si M. A soutient qu'il n'entretient plus de liens forts avec ces derniers, il n'en justifie pas par les éléments qu'il produit au soutien de ses allégations, pas davantage qu'il ne justifie du décès de ses parents ou de son oncle résidant en Guinée. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5 que le requérant n'établit pas ne pas pouvoir bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. La promesse d'embauche dont se prévaut M. A ne démontre pas que celui-ci soit inséré professionnellement en France, pas davantage que les activités de bénévolat qu'il a exercées ne permettent de tenir pour établi qu'il disposerait d'attaches stables, anciennes et intenses en France. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de l'intéressé en France, le préfet de la Haute-Savoie, en adoptant les décisions attaquées, n'a pas porté à son droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des objectifs poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté
8. En dernier lieu, la requête de M. A se borne, pour le surplus, à reprendre littéralement les moyens invoqués devant le premier juge. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble. Il y a lieu, dès lors, par adoption des motifs du jugement attaqué, à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile ou pertinente, d'écarter ces moyens.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Lyon, le 6 février 2023.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026