lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY02732 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL AD JUSTITIAM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B C et Mme A D ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions de la préfète de la Loire du 14 avril 2022, les obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel ils seraient reconduits d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement nos 2203334 et 2203335 du 8 août 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 9 septembre 2022, M. C et Mme D, représentés par la SELARL Ad Justitiam, agissant par Me Thinon, demandent à la cour d'annuler le jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon du 8 août 2022.
Ils soutiennent que les arrêtés contestés :
- procèdent d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- sont entachés d'un défaut d'examen ;
- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. C, né le 19 octobre 1975, et Mme D, née le 17 septembre 1983, ressortissants géorgiens, sont entrés irrégulièrement en France, respectivement les 1er et 28 mars 2021. Leurs demandes d'asile ont été rejetées, en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 28 janvier 2022. Par deux arrêtés du 14 avril 2022, la préfète de la Loire, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. M. C et Mme D font appel du jugement par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté leur demande tendant à l'annulation de ces décisions.
3. En premier lieu, en se bornant à rappeler qu'ils sont mariés et présents en France, au demeurant irrégulièrement, les requérants n'établissent pas que les arrêtés en litige procéderaient d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation personnelle. De même, s'il ressort des pièces du dossier que M. C bénéficie d'un suivi médical sur le territoire national, il est constant qu'aucune de ces pièces n'indique qu'un défaut de prise en charge médicale serait susceptible d'emporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité ou même qu'il ne puisse bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, comme l'a relevé le premier juge. Il en résulte que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, M. C et Mme D reprennent en appel l'énoncé du moyen tiré du défaut d'examen de leur situation personnelle par la préfète de la Loire, sans formuler de critique utile ou pertinente des motifs pour lesquels le magistrat désigné a, à bon droit, écarté ce moyen. Il y a en conséquence lieu d'écarter celui-ci par adoption des motifs du jugement attaqué.
5. En troisième et dernier lieu, il est constant que les requérants n'étaient présents en France que depuis un an seulement à la date d'édiction des arrêtés contestés et que cette durée s'explique uniquement par le temps nécessaire à l'instruction de leurs demandes d'asiles. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les intéressés entretiendraient des liens stables, anciens et intenses en France, alors qu'il est établi qu'ils ont vécu jusqu'aux âges respectifs de trente-sept et quarante-cinq ans dans leur pays d'origine, où ils conservent nécessairement des attaches privées et culturelles. En outre, ainsi que l'a relevé le magistrat désigné du tribunal administratif, rien ne fait obstacle à ce que la scolarité de leur fille, entamée très récemment en France, se poursuive en Géorgie, où cette enfant a, comme ses parents, vécu l'essentiel de son existence. Les engagements bénévoles de Mme D ou le fait qu'elle dispose d'une promesse d'embauche ne sauraient par ailleurs, à eux-seuls, suffire à établir que l'intéressée soit particulièrement intégrée dans la société française. En tout état de cause, il ressort des termes de la promesse d'embauche dont se prévaut la requérante que celle-ci, dès lors qu'elle fait référence à un entretien du 8 août 2022, est nécessairement postérieure aux arrêtés litigieux et donc sans incidence sur leur légalité. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier de la durée et des conditions de séjour des requérants en France, les arrêtés contestés n'ont pas porté au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs de leur édiction. Dès lors, ils ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M.et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Mme A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire.
Fait à Lyon, le 16 janvier 2023.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026