jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY03188 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon d'ordonner une expertise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au contradictoire de la commune de Valserhône, aux fins de déterminer les conséquences pour son habitation, notamment sur le plan acoustique, de la présence de ralentisseurs implantés sur la route départementale 991 au droit de sa propriété.
Par une ordonnance n° 2204651 du 17 octobre 2022 le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2022, M. A, représenté par Me Franck, demande au juge des référés de la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2204651 du 17 octobre 2022 du juge des référés du tribunal administratif de Lyon ;
2°) d'ordonner l'expertise demandée.
Il soutient que :
- depuis que la commune de Valserhône a installé des ralentisseurs de forme trapézoïdale en béton sur la route qui passe devant sa maison, il subit des nuisances anormales liées aux bruits et vibrations produits par les véhicules ;
- si un huissier a constaté la présence des ralentisseurs et le bruit des véhicules passant sur ces ralentisseurs, une expertise reste nécessaire pour s'assurer que les nuisances sont anormales avant d'engager une action en responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le département de l'Ain, représenté par Me Pontier, conclut au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire à sa mise hors de cause, et à la condamnation de tout succombant à lui verser une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- deux coussins lyonnais ont été installés en 2018 au droit de la propriété de M. A dans le cadre d'une convention conclue entre le département, gestionnaire de la route départementale, et la commune de Châtillon-en-Michaille, désormais intégrée au sein de la commune nouvelle de Valserhône, pour limiter la vitesse de circulation au sein d'un hameau de cette commune ;
- il résulte des dispositions des articles L. 2212-2, L. 2213-1 et L. 3221-4 du code général des collectivités territoriales que la responsabilité du département ne saurait être recherchée s'agissant de ralentisseurs mis en place dans le cadre des pouvoirs de police du maire de la commune, la convention conclue entre la commune et le département mettant en outre à la charge de la commune les frais liés à l'existence de ces coussins ;
- le requérant disposant déjà d'un relevé de nuisances sonores, la mesure d'expertise demandée n'apparaît pas utile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2022, la commune de Valserhône, représentée par Me Thiry, conclut au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire à ce que la mission de l'expert soit complétée par l'examen des raisons objectives justifiant la mise en place de ralentisseurs et l'examen de l'isolation acoustique de la maison du requérant, et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mesure demandée ne présente pas d'utilité au regard des éléments dont dispose déjà le requérant ;
- si la responsabilité du département est susceptible d'être recherchée en cas de dommage anormal imputable à la présence d'un ralentisseur sur une route départementale, celle de la commune ne saurait être recherchée, en l'absence de faute, lorsque la présence d'un ralentisseur est rendue nécessaire par des contraintes de sécurité publique ;
- M. A dispose déjà d'un relevé des nuisances sonores établi le 11 mars 2022 qu'il n'a pas versé au dossier ;
- l'action envisagée par le requérant à l'encontre de la commune serait manifestement infondée puisque seul le département serait susceptible de voir sa responsabilité engagée.
Par décision du 1er septembre 2022, le président de la cour a désigné M. François Pourny, président de chambre, comme juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A conteste l'ordonnance n° 2204651 du 17 octobre 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à la désignation d'un expert pour constater les nuisances provoquées par la présence de ralentisseurs installés sur une route départementale au droit de sa maison d'habitation.
2. Aux termes de l'article L. 555-1 du code de justice administrative : " Sans préjudice des dispositions du titre II du livre V du présent code, le président de la cour administrative d'appel ou le magistrat qu'il désigne à cet effet est compétent pour statuer sur les appels formés devant les cours administratives d'appel contre les décisions rendues par le juge des référés ". Selon le premier alinéa de l'article R. 532-1 du même code : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Il ressort de ces dispositions que l'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal apprécié en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. Pour refuser d'ordonner l'expertise sollicitée par M. A le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a relevé que les ralentisseurs litigieux ne sont pas des ralentisseurs de type trapézoïdal régis par les dispositions du décret n° 94-447 du 27 mai 1994 mais des coussins lyonnais, qui ne sont pas régis par les dispositions de ce décret, et que M. A dispose déjà d'un relevé des nuisances sonores alléguées. Les photographies jointes au procès-verbal de constat versé au dossier établissent que les ralentisseurs litigieux sont des coussins lyonnais et ce procès-verbal mentionne une vidéographie effectuée pour constater le bruit résultant du passage des véhicules sur ces ralentisseurs. Si le requérant soutient que cette vidéographie, qui n'a pas été versée au dossier, ne permet pas d'établir le caractère continu des nuisances qu'il supporte, le procès-verbal, qui se borne sur ce point à rapporter les propos du requérant et d'un de ses voisins, ne comporte aucune indication sur le niveau sonore constaté et ne fait pas état de nuisances anormales. Dans ces circonstances, en l'absence d'éléments établissant, ne serait-ce que ponctuellement, le caractère anormal des nuisances alléguées et eu égard à la possibilité pour M. A de faire mesurer lui-même ces nuisances, la mesure d'expertise sollicitée ne présente pas un intérêt suffisant pour justifier qu'une expertise soit ordonnée sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par suite, la requête doit être rejetée.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées pour le département de l'Ain et pour la commune de Valserhône sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées pour le département de l'Ain et la commune de Valserhône au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la commune de Valserhône et au département de l'Ain.
Fait à Lyon, le 22 décembre 2022.
Le président de la 6ème chambre,
Juge des référés
François Pourny
La République mande et ordonne au préfet de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026