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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY03284

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY03284

lundi 27 mars 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY03284
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme D C épouse B a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 22 avril 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2203857 du 14 octobre 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 14 novembre 2022, Mme C épouse B, représentée par Me Huard, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 14 octobre 2022 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que l'arrêté attaqué :

- méconnait les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme C épouse B, ressortissante burkinabé née le 30 décembre 1977, est entrée en France le 31 janvier 2021, sous couvert d'un visa de court séjour valable du 25 janvier 2021 au 24 avril 2021. Elle a présenté une demande de titre de séjour le 17 septembre 2021, sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en qualité de parent d'un étranger malade. Par arrêté du 22 avril 2022, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme C épouse B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

3. En premier lieu, par un avis du 20 décembre 2021, le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé du fils de A C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Pour contester l'appréciation du préfet, qui s'est approprié cet avis, Mme C fait valoir que son fils souffre d'une paraplégie spastique et d'infections urinaires, pour lesquelles il ne peut pas bénéficier d'une prise en charge effective dans son pays d'origine. Toutefois, aucune des pièces médicales produites par la requérante ne permet d'établir l'impossibilité d'accéder dans son pays d'origine aux soins ainsi nécessités par l'état de santé de son fils, ni que le défaut de prise en charge médicale entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de celui-ci. En outre, eu égard à ce qui vient d'être dit, la circonstance que les soins susceptibles d'être apportés au Burkina Faso au fils de A C, s'agissant de la paraplégie spastique dont il souffre, ne seraient pas équivalents à ceux offerts en France est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, aucun élément ne permet d'établir que le fils de la requérante verrait son pronostic vital engagé au Burkina-Faso. Par suite, le refus de titre de séjour opposé à Mme C n'a pas été pris en méconnaissance de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3 du présent jugement, la requérante ne démontre pas que la situation médicale de son fils serait de nature à entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas de retour au Burkina Faso, ni qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un suivi adapté à ses pathologies. Par ailleurs, la décision portant refus de titre de séjour n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme C de ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C épouse B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C épouse B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Lyon, le 27 mars 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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