LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY03657

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY03657

lundi 24 avril 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY03657
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A E et Mme D C, épouse E, ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 1er décembre 2021 par lesquelles la préfète de la Loire a refusé de leur délivrer des titres de séjour, leur a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel ils seraient reconduits d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement nos 2202662-2202668 du 9 août 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, M. et Mme E, représentés par Me Vray, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 9 août 2022 ;

2°) d'annuler les décisions préfectorales susmentionnées, pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre à la préfète de leur remettre, dans le délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, des autorisations provisoires de séjour les autorisant à travailler ;

4°) d'enjoindre à la préfète de leur délivrer des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer leur situation ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

S'agissant du jugement attaqué :

- il est entaché d'erreur de droit et de contradiction des motifs ;

S'agissant des arrêtés pris dans leur ensemble :

- ils ont été pris en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant des décisions refusant la délivrance des titres de séjour sollicités :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de leur situation, au regard notamment de leur vie familiale ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du même code ;

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de leur situation.

M. et Mme E ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A E, ressortissant albanais né le 15 février 1970, et Mme D C, épouse E, née le 27 juillet 1972, de même nationalité, déclarent être entrés irrégulièrement en France le 7 octobre 2012 avec deux enfants alors mineurs, avant d'être rejoints par leur fille B en 2015. Leurs demandes de protection internationale ont été rejetées en dernier lieu le 5 janvier 2015 par la Cour nationale du droit d'asile. Le 2 avril suivant, des mesures d'éloignement ont été décidées à leur encontre, confirmées par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 31 décembre 2015. Le 7 novembre 2017, ils ont sollicité l'admission au séjour sur la base des articles L. 421-1, L. 421-3, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 1er décembre 2021, la préfète de la Loire leur a opposé un refus, assorti de l'obligation de quitter le territoire français, et a désigné le pays de renvoi. M. et Mme E font appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le jugement attaqué :

3. Les moyens tirés de l'existence d'une erreur de droit et d'une contradiction des motifs du jugement, dont la teneur n'est au demeurant pas précisée, ne sont pas au nombre des moyens susceptibles d'affecter la régularité de ce dernier.

Sur les arrêtés pris dans leur ensemble :

4. En premier lieu, les requérants soutiennent qu'à la date des décisions contestées, ils séjournaient depuis neuf ans en France aux côtés de leurs enfants et petits-enfants, dont deux possèdent la nationalité française, et qu'ils sont bien intégrés dans ce pays, où Mme E, en particulier, s'est investie dans des activités de bénévolat et dans un emploi d'aide à domicile. Toutefois, les époux E sont entrés irrégulièrement sur le territoire français et s'y sont maintenus en violation des mesures d'éloignement prises à leur encontre, en dépit de leur confirmation par le juge administratif. Le temps qu'ils ont passé en situation irrégulière ne saurait, en tout état de cause, être pris en compte comme la marque d'une bonne intégration au sein de la société française. En outre, la requérante n'est pas autorisée à travailler dans ce pays. Ainsi, les époux E ne manifestent aucune adhésion réelle aux valeurs de la République, dont le respect des lois et des institutions est une composante. En outre, ils ne justifient pas de ressources personnelles suffisantes pour subvenir à leurs besoins sans constituer une charge injustifiée pour les organismes sociaux français. Par ailleurs, la seule présence de leurs enfants majeurs ne saurait conférer à M. et Mme E un quelconque droit au séjour, d'autant qu'ils résidaient eux aussi sur le territoire français sans titres de séjour valides à la date considérée. Si les petits-enfants des requérants vivent avec leurs parents, rien ne s'oppose à ce qu'ils leur rendent visite hors de France ni à ce que les époux E, munis du visa approprié, reviennent les visiter en France. En outre, il ressort du dossier que les requérants ne sont pas dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine, où ils ont, au demeurant, vécu jusqu'à l'âge de quarante-deux ans et quarante ans respectivement et n'établissent pas être dans l'impossibilité de mener une vie privée et familiale normale. Par suite, les décisions par lesquelles la préfète de la Loire leur a refusé l'admission au séjour et a pris à leur encontre des mesures d'éloignement à destination de leur pays d'origine ne portent pas une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale, tel qu'il est garanti notamment à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'arrêté contesté n'apparaît pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur les décisions portant refus de délivrance de titres de séjour :

5. En premier lieu, les décisions en litige, qui indiquent les considérations de droit et mentionnent les circonstances de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée, sont suffisamment motivées.

6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des éléments du dossier que ces décisions auraient été prises sans que la préfète procède à l'examen préalable de leur situation. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen doit être écarté.

7. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions leur refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, il ressort de l'arrêté en litige que l'administration a examiné si la situation des intéressés au regard de leur vie privée et familiale, et notamment de l'ancienneté de leur présence sur le territoire français, relevait de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels. Elle a également relevé, s'agissant de l'activité de ménage de Mme E, que " l'emploi qu'elle présente n'est pas stable et ne nécessite aucune compétence particulière " et que la requérante qui ne justifie en particulier d'aucun contrat de travail, ne peut être regardée comme justifiant de motifs exceptionnels autorisant son admission exceptionnelle au séjour au regard de son activité professionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. En outre, il ne ressort pas du dossier que l'emploi en question procurerait à l'intéressée des revenus d'un montant égal ou supérieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance, ni qu'il s'exercerait dans le cadre d'un contrat garantissant une certaine stabilité. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en leur refusant l'admission au séjour, tant au regard de leur vie privée et familiale que sur le plan professionnel, la préfète de la Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " () Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".

10. Il résulte de ces dispositions et de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

11. En second lieu, il ne ressort pas non plus de l'arrêté contesté que les décisions obligeant les requérants à quitter le territoire français n'auraient pas été précédées d'un examen de leur situation particulière.

12. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme E est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E et Mme D C, épouse E, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire.

Fait à Lyon, le 24 avril 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669

03/08/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953

03/08/2026

CAA44excès de pouvoir

Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278

Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.

01/07/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295

Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

01/07/2026

← Retour aux décisions