mardi 9 mai 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY03697 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KUMMER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 28 juin 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office et lui interdisant le retour sur le territoire français durant un an.
Par un jugement n° 2205267 du 17 novembre 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 18 décembre 2022, M. A, représenté par Me Kummer, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 17 novembre 2022 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d'un mois, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de huit jours ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'un mois, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du jugement attaqué :
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'aucune décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour auprès du préfet de la Haute-Garonne n'était née ;
- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet de l'Isère n'étant pas saisi d'une demande de titre de séjour sur le seul fondement du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- il méconnaît les stipulations des 4) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le préfet de l'Isère était tenu de saisir la commission du titre de séjour ;
- il est entaché d'une erreur de droit et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, en méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, dès lors que le tribunal administratif aurait dû faire droit à sa demande d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations des 4) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention précitée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle procède d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par décision du 8 février 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant algérien né le 3 juillet 1989, est entré en France le 23 juillet 2021, sous couvert d'un visa de court séjour portant la mention " carte de séjour à solliciter ". Le 26 août suivant, l'intéressé a sollicité du préfet de la Haute-Garonne la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française et de parent d'enfant français. Suite à sa condamnation pénale pour violences conjugales le 26 novembre 2021 et son déménagement chez l'une de ses sœurs en Isère, il a présenté, auprès de la préfecture de ce département, une nouvelle demande de titre de séjour, en invoquant sa vie privée et familiale. Par arrêté du 28 juin 2022, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire pendant un an. M. A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur le jugement attaqué :
3. M. A soutient que le jugement critiqué est, d'une part, entaché d'erreurs de droit, d'erreurs de fait et d'erreurs manifestes d'appréciation de sa situation et, d'autre part, qu'il méconnaît les dispositions des articles L. 611-3 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations des 4) et 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de la convention relative aux droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, de tels moyens se rattachent au bien-fondé de la décision juridictionnelle. Ils ne constituent pas des motifs d'irrégularité du jugement et doivent, par suite, être écartés comme inopérants.
Sur l'arrêté contesté :
4. En premier lieu, le requérant soutient que le préfet de l'Isère était tenu d'examiner son admission au séjour sur le fondement des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, dès lors qu'il avait fait cette demande auprès des services du préfet de Haute-Garonne. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et en particulier de la fiche de renseignements remplie par l'intéressé lors du dépôt de sa demande, que M. A a uniquement sollicité du préfet de l'Isère la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Comme l'ont indiqué à bon droit les premiers juges, le préfet de l'Isère ne pouvait substituer son appréciation à celle du préfet de Haute-Garonne quant à une demande dont il n'était pas saisi. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer, à l'encontre du refus de titre de séjour prononcé par le préfet de l'Isère le 28 juin 2022, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 4) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, et n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur de droit sur ce point.
5. En second lieu, sauf en ce qui concerne le moyen ci-dessus analysé, la requête de M. A se borne à reprendre les moyens invoqués devant le tribunal administratif de Grenoble, sans apporter au soutien de ces derniers aucun élément de nature à remettre en cause le bien-fondé du jugement attaqué. Dès lors, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile ou pertinente.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Lyon, le 9 mai 2023.
Le président de la 6ème chambre,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026