mercredi 15 mars 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY03759 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CARNOT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler la décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur général des Hospices Civils de Lyon (HCL) a prononcé sa révocation, ensemble la décision du 9 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux ; de mettre à la charge des HCL le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un jugement n°2109690 du 8 décembre 2022, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision portant révocation de M. A, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux, et a rejeté les conclusions des parties présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2022, sous le n°22LY03759, les Hospices Civils de Lyon (HCL), représentés par Me Prouvez (SELARL Carnot Avocats), demandent à la cour d'ordonner le sursis à exécution du jugement du 8 décembre 2022 du tribunal administratif de Lyon et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la sanction de révocation, prise après avis favorable du conseil de discipline, est proportionnée à la gravité des fautes commises par l'intéressé, qui avait déjà fait l'objet le 11 mars 2005 d'une sanction d'exclusion temporaire de quinze jours, dont douze jours avec sursis, puis le 11 mars 2019 d'une nouvelle sanction d'exclusion temporaire de quinze jours, dont huit jours avec sursis, contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges ;
- une réintégration de M. A au sein des HCL n'est pas envisageable, l'employeur ayant une obligation de sécurité à l'égard de ses agents, usés par le comportement de l'intéressé, qui a perturbé le fonctionnement du service et dont la révocation a permis de rétablir un climat de travail serein qu'il importe de préserver.
Par un mémoire enregistré le 24 février 2023, M. A, représenté par Me Bouillet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des HCL une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la sanction de révocation est disproportionnée au regard des griefs qui lui sont reprochés, et compte tenu de sa manière de servir et des problèmes qu'il a rencontrés dans sa vie privée et familiale.
Vu la requête enregistrée sous le n°22LY03758 par laquelle les HCL relèvent appel du jugement n° 2109690 du 8 décembre 2022 du tribunal administratif de Lyon et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Par décision du 15 mars 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 15 mars 2023, le rapport de M. Tallec, président, et les observations de Me Rey, représentant les HCL, et celles de Me Bouillet, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au sursis à exécution du jugement du 8 décembre 2022 :
1. Aux termes de l'article R. 222-25 du code de justice administrative : " Les affaires sont jugées soit par une chambre siégeant en formation de jugement, soit par une formation de chambres réunies, soit par la cour administrative d'appel en formation plénière, qui délibèrent en nombre impair. Par dérogation à l'alinéa précédent, le président de la cour ou le président de chambre statue en audience publique et sans conclusions du rapporteur public sur les demandes de sursis à exécution mentionnées aux articles R. 811-15 à R. 811-17. "
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". En application de ces dispositions, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
3. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que les premiers juges ont considéré à tort, pour prononcer l'annulation de la décision portant révocation de M. A, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux, que la sanction qui lui était infligée était disproportionnée au regard de la gravité des fautes commises par l'intéressé paraît être sérieux et de nature à justifier l'annulation du jugement attaqué. Par ailleurs, alors au demeurant que dans le cadre de la présente instance, M. A ne conteste pas la matérialité des faits qui ont fondé ladite sanction, à l'exception peut-être de son comportement, le 23 septembre 2020, à l'égard de l'agent féminin en charge de l'entretien des locaux, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle de certains des faits retenus par l'administration ne paraît pas de nature à entraîner l'annulation de la décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur général des Hospices civils de Lyon a prononcé sa révocation.
4. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il y a lieu de faire droit à la requête des Hospices Civils de Lyon tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution du jugement n° 2109690 du 8 décembre 2022 du tribunal administratif de Lyon ayant annulé la décision portant révocation de M. A, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Dès lors que les Hospices Civils de Lyon ne sont pas la partie perdante au présent litige, il ne peut être fait droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement de ces dispositions. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée au même titre par les HCL.
ORDONNE :
Article 1er : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le fond de l'instance n n°22LY03758, il sera sursis à l'exécution du jugement n° 2109690 du 8 décembre 2022 du tribunal administratif de Lyon ayant annulé la décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur général des Hospices Civils de Lyon a prononcé la révocation de M. A, ainsi que la décision du 9 juin 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Article 2 : Les conclusions présentées par les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée aux Hospices Civils de Lyon et à M. B A.
Fait à Lyon, le 15 mars 2023
Le président de la 3ème chambre,
Jean-Yves Tallec
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
N° 23LY03759
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026