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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY00500

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY00500

lundi 20 mars 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY00500
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B C et Mme A D ont demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les arrêtés du 15 novembre 2022 par lesquels le préfet du Rhône a décidé leur transfert aux autorités lettones en vue de l'examen de leurs demandes d'asile.

Par les jugements n° 2207849 et n° 2207850 du 13 janvier 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour

I - Par une requête enregistrée le 10 février 2023, M. C, représenté par Me Djinderedjian, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 13 janvier 2023 ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de transfert susmentionnée ;

3°) de réexaminer sa situation et de l'autoriser à présenter sa demande d'asile ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision de transfert aux autorités lettones :

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est contraire aux stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.

II - Par une requête enregistrée le 10 février 2023, Mme D, représentée par Me Djinderedjian, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 13 janvier 2023 ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de transfert susmentionnée ;

3°) de réexaminer sa situation et de l'autoriser à présenter sa demande d'asile ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions des articles 37 et 75 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Mme D soulève à l'appui de sa requête les mêmes moyens que M. C.

M. C et D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 1er mars 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. C, ressortissant du Kazakhstan né le 13 mars 1994, s'est vu délivrer par les autorités lettones un visa valable un an à compter du 1er septembre 2021, avec lequel il est entré dans l'Union européenne. Il déclare être entré en France le 7 octobre suivant, où il a été rejoint le 16 mai 2022 par Mme D et ses deux enfants nés en 2017 et 2019, porteurs de visas délivrés également par la Lettonie, valables 11 jours entre le 10 juin et le 7 juillet 2022. Le 7 juillet 2022, le couple a formulé des demandes de protection internationale auprès de la préfecture de l'Isère. Saisies le 3 août 2022 d'une requête aux fins de prise en charge de M. C sur la base de l'article 11 du règlement Dublin et de Mme D sur celle de l'article 12 (§4) du même texte, les autorités lettones ont expressément fait connaître leur accord le 18 août suivant. Par deux arrêtés du 15 novembre 2022, le préfet du Rhône a décidé de les transférer vers la Lettonie. Les intéressés ont contesté ces décisions devant le tribunal administratif de Grenoble, qui a rejeté leurs demandes par des jugements du magistrat désigné par le président de cette juridiction en date du 13 janvier 2023, dont ils font appel.

3. Les requêtes n° 23LY00500 et n° 23LY00502 concernent la situation d'un couple et présentent à juger des questions semblables. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.

4. M. C et Mme D se bornent à reprendre dans leurs requêtes les moyens invoqués devant le premier juge. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement du tribunal administratif de Grenoble. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs du jugement de première instance, à l'encontre desquels les requérants ne formulent aucune critique utile ou pertinente, de rejeter les requêtes présentées par M. C et Mme D devant la cour, qui sont manifestement dépourvues de fondement, y compris en leurs conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de M. C et de Mme D sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Mme A D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Rhône.

Fait à Lyon, le 20 mars 2023.

Le président

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Nos 23LY00500-23LY0050

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