mardi 4 avril 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY00624 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FIDUCIAL LEGAL BY LAMY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La confédération paysanne de Haute-Savoie, M. A B et l'association de concertation et de proposition pour l'aménagement et les transports, ont demandé au tribunal administratif de Grenoble :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2020 du préfet de la Haute-Savoie portant autorisation environnementale au titre des articles L. 181-1 et suivant du code de l'environnement au profit de la société anonyme d'économie mixte Teractem pour l'aménagement de l'écoparc du Genevois ;
2°) d'enjoindre la remise en état des lieux et notamment de remettre en état le système de drainage des sols et de restaurer les sols dans leur état d'origine, de les labourer et de réensemencer les parcelles notamment les prairies exploitées par M. B ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de la société anonyme d'économie mixte Teractem la somme de 4 500 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par jugement n°2002745 du 20 décembre 2022 le tribunal administratif de Grenoble a annulé l'arrêté du 16 janvier 2020.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 20 février 2023, la société anonyme d'économie mixte Teractem, représentée par Me Salamand, demande à la cour, sur le fondement des articles R. 811-15 et R. 811-17 du code de justice administrative, d'ordonner le sursis à exécution de ce jugement du 20 décembre 2022 du tribunal administratif de Grenoble.
La société soutient que :
Sur le fondement de l'article R. 811-15 du code de justice administrative :
- le tribunal administratif de Grenoble a insuffisamment motivé son jugement pour retenir les moyens tirés d'une part, du caractère insuffisant du dossier de demande d'autorisation environnementale au regard du 4° de l'article R.181-13 du code de l'environnement en l'absence de précision sur la remise en état du site après exploitation, d'autre part, du caractère insuffisant du contenu de l'étude d'impact au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement, faute de mention de la quantité de déchets qui sera engendrée par les travaux d'aménagement et enfin de la nécessité de déposer une demande de dérogation espèces protégées ;
- le tribunal administratif a commis une erreur en refusant de faire droit à sa demande tendant à ce qu'il mette en œuvre les pouvoirs qu'il tient de l'article L. 181-18 du code de l'environnement au motif que les vices retenus impliqueraient que la société reprenne l'ensemble de la procédure de demande d'autorisation ;
- les deux moyens, tirés de l'insuffisance d'une part, du contenu du dossier de demande d'autorisation environnementale au regard du 4° de l'article R. 181-13 du code de l'environnement d'autre part, de l'étude d'impact au regard de l'article R. 122-5 du code de l'environnement, qui ont nui à l'information de la population, auraient dû être écartés par le tribunal administratif de Grenoble comme étant non fondés ;
- le moyen tiré de ce qu'elle avait obligation de solliciter une dérogation pour les espèces protégées, aurait dû être écarté par le tribunal administratif de Grenoble, dès lors que les mesures d'accompagnement proposées dans l'étude d'impact ne sont pas des mesures de compensation mais des mesures d'accompagnement et que le risque pour les espèces protégées affectées par le projet n'est pas suffisamment caractérisé.
Sur le fondement de l'article R. 811-17 du code de justice administrative :
- l'exécution du jugement annulant l'autorisation environnementale du 16 janvier 2020 entrainerait des conséquences difficilement réparables, au regard d'une part, des conséquences sur les risques naturels liée à l'absence de réalisation de l'Ecoparc, à l'incidence sur le caractère bocager du site et sur la zone humide et à une incidence socio-économique, d'autre part, de ce que le site d'emprise du site actuellement occupé par le SDIS est voué à accueillir un " projet urbain " à la fin de l'année 2024 et enfin de l'impossibilité de mettre en œuvre le permis d'aménager de l'Ecoparc et de plusieurs incidences en découlant comme la perte de prospects, la résiliation de marché de travaux ou encore le paiement d'indemnités de résiliation et la reprise des études faune/flore.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mars 2023, la confédération paysanne de Haute-Savoie, M. A B et l'association de concertation et de proposition pour l'aménagement et les transports, représentés par Me Huglo, concluent au rejet de la requête et demandent qu'une somme de 5 500 euros soit mise à la charge de la société anonyme d'économie mixte Teractem sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une requête distincte enregistrée sous le n° 23LY00623, la société anonyme d'économie mixte Teractem, représentée par Me Salamand, a demandé à la Cour d'annuler le jugement attaqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision n° 2022-22 du 1er septembre 2022, par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Lyon a désigné M. Fédi, président-assesseur, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. Aux termes de l'article R. 811-15 du même code : " " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". En application de ces dispositions, lorsque le juge d'appel est saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative, il lui incombe de statuer au vu de l'argumentation développée devant lui par l'appelant et par le défendeur et en tenant compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Après avoir analysé dans les visas ou les motifs de sa décision les moyens des parties, il peut se borner à relever qu'aucun des moyens n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier si un moyen est de nature, en l'état de l'instruction, à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige, avant, selon le cas, de faire droit à la demande de sursis ou de la rejeter.
3. Aux termes de l'article R. 811-17 du code de justice administrative : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. "
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la société anonyme d'économie mixte Teractem ne paraît sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement. Il résulte de ce qui précède que la demande de sursis à exécution présentée par la société anonyme d'économie mixte Teractem doit être rejetée en application des dispositions précitées l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société anonyme d'économie mixte Teractem le versement à la confédération paysanne de Haute-Savoie, à M. A B et à l'association de concertation et de proposition pour l'aménagement et les transports, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, d'une somme de 1 000 euros chacun.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société anonyme d'économie mixte Teractem est rejetée.
Article 2 : La société anonyme d'économie mixte Teractem versera à la confédération paysanne de Haute-Savoie, à M. A B et à l'association de concertation et de proposition pour l'aménagement et les transports, une somme de 1 000 euros chacun, soit la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la société anonyme d'économie mixte Teractem, à la confédération paysanne de Haute-Savoie, à M. A B et à l'association de concertation et de proposition pour l'aménagement et les transports.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Lyon, le 4 avril 2023,
Le président assesseur de la 3ème chambre,
Gilles Fédi
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026