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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY01081

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY01081

lundi 19 juin 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY01081
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme B A, épouse C, a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2023 par lequel le préfet du Rhône a décidé son transfert aux autorités slovènes en vue de l'examen de sa demande d'asile.

Par un jugement n° 2300763 du 24 février 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, Mme C, représentée par Me Blanc, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 24 février 2023 ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de transfert susmentionnée ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de l'autoriser à déposer une demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que la décision de transfert aux autorités slovènes :

- a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, dès lors qu'elle dépend de son époux, qui séjourne en France ;

- méconnaît les dispositions de l'article 17, paragraphe 1, du même règlement, dès lors que les autorités slovènes restreignent l'accès à l'asile et qu'en Slovénie, elle serait exposée à des risques de traitements inhumains ou dégradants.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme C, ressortissante de la République du Kosovo née le 17 janvier 1975, déclare être entrée en France le 12 septembre 2022, munie d'un visa délivré par les autorités slovènes, valable du 8 août au 7 septembre 2022, afin d'y rejoindre son époux et leur fils majeur, dont les demandes d'asile avaient été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 août précédent. Le 19 septembre 2022, elle a formulé une demande de protection internationale auprès de la préfecture de l'Isère. Saisie d'une requête aux fins de prise en charge le 18 octobre 2022, la Slovénie a expressément fait connaître son accord le 10 novembre suivant. Par l'arrêté contesté du 23 janvier 2023, le préfet du Rhône a décidé de transférer Mme C vers la Slovénie. L'intéressée a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Grenoble, qui a rejeté sa demande par un jugement du magistrat désigné par le président de cette juridiction en date du 24 février 2023, dont elle fait appel.

3. En premier lieu, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la présence de son époux sur le territoire français à l'appui du moyen tiré de la violation des dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ce dernier ne figurant pas au nombre des membres de la famille mentionnés à cet article. Par ailleurs, elle ne justifie pas avoir été, avant son entrée en France, dépendante de son fils au sens du même article, ni que ce dernier, né en 2000, soit en situation de la prendre en charge et que les intéressés aient préalamablement demandé par écrit à l'administration le bénéfice de ces dispositions, alors au demeurant que son fils s'est vu refuser l'asile, en dernier lieu, le 13 décembre 2022 par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision qu'elle conteste aurait été prise en violation de ces dispositions.

4. En second lieu, il ne ressort d'aucun élément probant du dossier que la Slovénie, qui a expressément accepté de prendre en charge Mme C en vue de procéder à l'examen de sa demande d'asile, ne serait pas en mesure d'assurer son accueil et de traiter sa demande dans des conditions conformes au droit d'asile, ni que l'intéressée serait personnellent exposée dans ce pays à des risques réels de traitements inhumains ou dégradants. Par suite, en s'abstenant de faire usage de la faculté offerte à l'article 17, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, le préfet du Rhône n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, épouse C, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 19 juin 2023.

Le président

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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