jeudi 1 février 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY01503 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler l'arrêté du 24 mars 2023 du préfet de la Côte-d'Or portant modification de son assignation à résidence.
Par jugement n° 2300826 du 31 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a, dans un article 1er, admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, dans un article 2, annulé l'arrêté du 24 mars 2023 du préfet de la Côte-d'Or portant modification de l'assignation à résidence de M. B en tant qu'il fixe comme lieu de pointage la gendarmerie de Gevrey-Chambertin et, dans un article 3, rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2023, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par Me Rannou, demande à la cour d'annuler le jugement du 31 mars 2023 et de rejeter la demande présentée par M. B.
Il soutient que :
- l'autorité de chose jugée s'attachant au jugement du 28 mars 2023 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon qui a statué sur la légalité de l'arrêté du 24 mars 2023 fait obstacle à ce que, par le jugement attaqué, le premier juge fasse droit à la demande de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2023 ;
- les moyens soulevés par M. B devant le premier juge ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à M. B qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de Mme Rémy-Néris, première conseillère, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;
Considérant ce qui suit :
1.Par deux arrêtés du 21 mars 2023 le préfet de la Côte-d'Or a, d'une part, obligé M. B, ressortissant géorgien né en 1990, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et, d'autre part, l'a assigné à résidence sur la commune de Flavignerot pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de se présenter quotidiennement hors dimanche et jours fériés ou chômés entre 8h00 et 9h00 à la gendarmerie de Sombernon. Par un jugement n° 2300771 du 28 mars 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté le recours en annulation formé par l'intéressé à l'encontre de ces deux arrêtés. Par un arrêté du 24 mars 2023, le préfet de la Côte-d'Or a modifié l'obligation de pointage imposée à M. B en la fixant quotidiennement hors dimanche et jours fériés ou chômés entre 8H00 et 9H00 à la gendarmerie de Gevrey-Chambertin. Le préfet de la Côte-d'Or relève appel du jugement par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a annulé cet arrêté en tant qu'il fixe comme lieu de pointage la gendarmerie de Gevrey-Chambertin.
2. D'une part, afin de contester le motif par lequel le premier juge a annulé l'arrêté du 24 mars 2023 en tant qu'il fixe comme lieu de pointage la gendarmerie de Gevrey-Chambertin, le préfet de la Côte-d'Or soutient que le jugement attaqué méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement n° 2300771 du 28 mars 2023 par lequel le premier juge a rejeté le recours en annulation de M. B contre les arrêtés du 21 mars 2023. Si, ainsi que le soutient le préfet, le premier juge a à tort examiné au point 27 de son jugement n° 2300771 du 28 mars 2023 les moyens tirés d'un défaut d'examen de la situation de l'intéressé et de l'erreur d'appréciation dirigés contre l'assignation à résidence édictée le 21 mars 2023 au regard des obligations de présentation fixées dans l'arrêté du 24 mars 2023 qui n'était pas en litige, il a rejeté tant dans les motifs que le dispositif de son jugement les conclusions en annulation dirigées contre l'arrêté du 21 mars 2023 portant assignation à résidence. Par suite, et alors que le jugement attaqué concerne des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 24 mars 2023 qui a modifié ces obligations de présentation, le préfet n'est pas fondé à soutenir que l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement du 28 mars 2023, en l'absence d'identité d'objet existant entre le litige sur lequel il a statué et celui en cause dans le jugement attaqué, fait obstacle à ce qu'il soit statué sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 24 mars 2023.
3. D'autre part, le préfet de la Côte-d'Or ne conteste pas en appel le motif pour lequel le premier juge a annulé l'arrêté du 24 mars 2023 en tant qu'il fixe comme lieu de pointage la gendarmerie de Gevrey-Chambertin.
4. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Côte-d'Or n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'article 2 du jugement attaqué, le premier juge a annulé l'arrêté en litige en tant qu'il fixe comme lieu de pointage la gendarmerie de Gevrey-Chambertin.
DECIDE :
Article 1er : La requête du préfet de la Côte-d'Or est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bourrachot, président de chambre,
Mme Dèche, présidente assesseure,
Mme Rémy-Néris, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er février 2024.
La rapporteure,
V. Rémy-NérisLe président,
F. Bourrachot
La greffière,
A-C. Ponnelle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
ke
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026