mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY01614 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. D C a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 16 avril 2023 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a fait obligation à M. A se disant Karim C de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de son éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2303132 du 20 avril 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a annulé cet arrêté.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2023, le préfet de la Haute-Savoie demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon du 20 avril 2023 ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. C devant le tribunal administratif de Lyon.
Il soutient que :
- c'est à tort que le tribunal a estimé les conclusions de M. C recevables dès lors qu'elles étaient tardives ;
- l'arrêté ne comporte aucune erreur concernant l'identité de M. C au moment de son édiction alors que celui-ci n'était pas en mesure d'en justifier.
La requête du préfet de la Haute-Savoie a été communiquée à M. C qui n'a pas produit d'observations.
Par un courrier du 23 avril 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la cour était susceptible de fonder sa décision sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées en première instance par M. A se disant D C tendant à l'annulation de l'arrêté concernant M. A se disant Karim C, à défaut de qualité pour agir.
Par un mémoire, enregistré le 29 avril 2024, le préfet de la Haute-Savoie a présenté ses observations sur ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Felmy, présidente-assesseure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant Karim puis D C, ressortissant tunisien, a été interpellé le 15 avril 2023 à la suite d'un contrôle d'identité. Le 16 avril 2023, le préfet de la Haute-Savoie a fait obligation à M. A se disant Karim C de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi de son éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le préfet de la Haute-Savoie interjette appel du jugement par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a, sur la demande de M. D C, annulé cet arrêté.
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige, notifié par voie administrative précisant la date et l'heure de la notification et faisant mention des voies et délais de recours en français, langue comprise par l'intéressé, a été signé par M. A se disant alors Karim C le 16 avril 2023 à 10h30. Le requérant, qui a fait état d'une nouvelle identité lors de son placement en rétention le 16 avril 2023 à 15h30, précisant alors se nommer D C, est sans qualité pour présenter des conclusions à l'encontre de l'arrêté concernant M. A se disant Karim C, visé par l'arrêté contesté. Au surplus, le requérant, sur l'identité duquel il subsiste un doute, ne peut se prévaloir de ses déclarations mensongères pour soutenir que l'information des voies et délais de recours ne lui aurait pas été régulièrement notifiée, et que sa requête ne serait ainsi pas tardive.
3. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de la Haute-Savoie est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a annulé son arrêté du 16 avril 2023 après avoir admis la recevabilité des conclusions de la requête de M. A se disant D C. En conséquence, ce jugement doit être annulé et les conclusions présentées par M. A se disant D C doivent être rejetées comme irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : Le jugement du 20 avril 2023 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A se disant D C devant le tribunal administratif de Lyon sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au préfet de la Haute-Savoie, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. A se disant D C.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,
Mme Emilie Felmy, présidente-assesseure,
M. Joël Arnould, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
La rapporteure,
Emilie FelmyLe président,
Jean-Yves Tallec
La greffière,
Sandra Bertrand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026