lundi 13 mai 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY02185 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble la condamnation de la commune nouvelle d'Annecy à lui verser une somme de 4 517,72 euros, outre une indemnisation des nuisances engendrées par la privation de son véhicule durant 34 jours.
Par un jugement n° 2007915 du 9 mars 2023, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une ordonnance n° 2303399 du 27 juin 2023, la présidente de la 5ème chambre du tribunal administratif de Lyon a transmis à la cour une requête, enregistrée le 24 avril 2023 au greffe du tribunal administratif de Lyon, présentée par M. B.
Par cette requête, réenregistrée au greffe de la cour administrative d'appel de Lyon le 27 juin 2023 sous le n° 23LY02185, M. B doit être regardé comme demandant à la cour l'annulation du jugement n° 2007915 du 9 mars 2023 du tribunal administratif de Grenoble et le renvoi de l'affaire au tribunal administratif de Grenoble ou l'annulation du jugement attaqué et la condamnation de la ville d'Annecy à lui verser les sommes demandées.
Il soutient que :
- son mémoire du 29 janvier 2023, réceptionné le 2 février 2023, n'a pas été communiqué avant que l'affaire ne soit appelée au rôle de l'audience du 9 février 2023 ;
- il n'a pas circulé sur une portion de route non autorisée, aucune signalisation n'ayant été mise en place, et n'a commis aucune faute de conduite ou infraction au code de la route ;
- il qualifiera désormais d'ouvrage, ce qu'il a qualifié d'ilot ou vistemboir dans ses précédentes écritures ;
- le lien de causalité entre l'ouvrage et les dommages à son véhicule est établi ;
- le secteur étant sous télésurveillance, le service juridique de la ville a eu accès au rapport de visionnage vidéo et n'a pas formulé de demande de témoignage comme le montre le rendez-vous sur place avec le service de voirie le 12 janvier 2021 ;
- la ville d'Annecy doit présenter la preuve que l'ouvrage est conforme et désigner au tribunal le pourcentage des autres réalisations de ce type avec leur emplacement.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent, (), par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement.() ".
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Aux termes de l'article R. 611-1 du code de justice administrative : " La requête et les mémoires, ainsi que les pièces produites par les parties, sont déposés ou adressés au greffe. / La requête, le mémoire complémentaire annoncé dans la requête et le premier mémoire de chaque défendeur sont communiqués aux parties avec les pièces jointes dans les conditions prévues aux articles R. 611-2 à R. 611-6. / Les répliques, autres mémoires et pièces sont communiqués s'ils contiennent des éléments nouveaux. "
3. Si M. B soutient qu'un de ses mémoires, enregistré le 2 février 2023 au greffe du tribunal administratif de Grenoble, doit être mis à l'instruction avant que l'affaire ne repasse en audience au tribunal administratif de Grenoble, le jugement attaqué, qui vise la requête de M. B et ses mémoires enregistrés les 14 décembre 2020, 5 février 2021, 10 février 2021 et 12 octobre 2021, vise également son mémoire du 2 février 2023, en précisant que ce dernier mémoire n'a pas été communiqué. Ce mémoire, que les premiers juges n'étaient pas tenus de communiquer à la commune nouvelle d'Annecy, a ainsi été pris en compte lors de l'instruction de l'affaire et le requérant, qui ne serait en tout état de cause pas fondé à se plaindre de l'absence de communication d'un de ses mémoires, n'est pas fondé à soutenir que le jugement attaqué a été rendu selon une procédure irrégulière pour demander l'annulation du jugement qu'il conteste et le renvoi de l'affaire au tribunal administratif de Grenoble.
Sur le bien fondé du jugement attaqué :
4. Comme indiqué dans le jugement attaqué, il appartient d'abord à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usagère et le dommage dont elle se prévaut.
5. En l'espèce, M. B soutient qu'il a endommagé son véhicule le 7 mai 2019 en quittant une place de stationnement, route de Vignières à Annecy, lorsqu'il a roulé sur un ouvrage non signalé, en partie évidé, constituant selon lui un piège pour tout conducteur de véhicule, ainsi que pour les piétons, les cyclistes, les enfants et les personnes en situation de handicap. S'il apporte à l'appui de ses allégations des photographies de l'ouvrage litigieux, montrant qu'il s'agit d'une plaque d'égout, située au niveau du sol, se trouvant au sein d'un ilot surélevé, délimitant une place de stationnement, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de l'accident qu'il allègue, alors que le lien de causalité entre cet ouvrage public et les dommages dont il demande réparation est contesté par la commune dans ses écritures de première instance, les dommages sur le véhicule de M. B n'ayant été constatés que le 18 novembre 2019, lorsqu'il a présenté ce véhicule au contrôle technique obligatoire, et la commune d'Annecy n'ayant été informée de cet accident que le 5 juillet 2020. Dès lors, même si les services juridiques de la commune n'ont pas demandé de témoignage à M. B et même s'il a obtenu un rendez-vous sur place avec le service voirie le 12 janvier 2021, la matérialité de l'accident n'est pas établie. Par suite, M. B, qui n'apporte pas plus qu'en première instance la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public en question et les dommages dont il demande la réparation, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, qui est au surplus irrecevable faute d'avoir été présentée par un avocat, est manifestement infondée et qu'elle peut être rejetée par ordonnance en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Lyon, le 13 mai 2024.
Le président de la 6ème chambre,
François Pourny
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026